La dernière image ? Ce que je garde de précieux d'un film pas revu depuis 1 minute ou belle lurette
dimanche 11 octobre 2026
La femme de ménage (2025)
mardi 6 octobre 2026
Toy Story 5 ( 2026)
La dernière image ? Cette intro bizarre, quelque part entre Madagascar (le conteneur échoué) et King Kong (la nature impénétrable d'une île en apparence hostile) annonce déjà la catastrophe... Le film semble d'emblée renier l'ADN historique d'un univers qu'on a tant aimé...
Tout le reste est à l'avenant : découpage étrange entre d'un côté le passé et le présent, de l'autre une marée de Buzz l'éclair et l'ancienne maison des jouets historiques. Cela crée un va et vient assez lourd et malvenu et l'on voit venir les retrouvailles à des kilomètres à la ronde...
Ajoutez à cela un arrière-goût rance de déjà vu (toutes les idées déployées ont été exploitées dans les précédents opus) et cette manie du recyclage à gogo donne à ce cinquième volet son côté réchauffé. On sent vraiment l'épisode de trop.
Quant à la cerise sur le gâteau ? cette histoire d'écrans d'une lourdeur invraisemblable qui fait ressembler le film à une vaste promotion de sensibilisation aux dangers de la consommation d'écrans, ce que précisément nous sommes (nous et nos enfants) en train de faire... Capitalisme, ton cynisme et ton hypocrisie sont inépuisables.
Disclosure Day (2026)
La dernière image ? Curieux mais ce qui revient ce sont des bouts d'autres films : le train qui file sous les yeux du couple fugitif, c'est la Guerre des Mondes, L'apparition de l''extraterrestre derrière un rideau, c'est évidemment ET... La maison de l'enfance reconstituée c'est AI ou Catch me if you can voire Ready Player One...
Et c'est un peu le souci, ce Disclosure Day est d'abord beaucoup trop long mais il manque surtout d'une personnalité et d'une ligne directrice... Les scènes d'action sont souvent ratées (toute la séquence de courses poursuite en voiture dans la campagne) et cassent le rythme d'un film où l'on sent une vraie difficulté à faire cohabiter les différentes "tranches de vie" : trop de personnages sont censés se retrouver "plus tard" portant la promesse d'une révélation extraordinaire.
Cela manque par ailleurs de la poésie qui irriguait ET, Rencontre du Troisième type ou La Guerre des Mondes. Et puis les révélations finales restent ultra attendues et paradoxalement obscures dans leur explication : il faudrait recréer la maison d'enfance pour que la femme météo revive les évènements de son enfance et puisse permettre aux extraterrestres de parler au monde... Bof bof.
Reste une idée géniale : à chaque rencontre la jeune femme prend l'apparence d'une personne aimée et désarçonne son interlocuteur. Cette idée est magnifiquement traduite à l'écran. Mais c'est trop peu pour s'emballer.
jeudi 1 octobre 2026
L'argent de poche (1976)
Loin d'être le meilleur film de Truffaut, L'argent de poche s'inscrit dans la droite lignée des 400 coups mais avec une dimension documentaire assumée et qui, quelque part, finit par handicaper le film, lui donnant aujourd'hui un côté quelconque, trivial, un peu dépassé.
Dans l'ensemble, le film est quand même attachant mais il rappelle trop le Zazie dans le métro de Louis Malle (1960) et la comparaison fait mal. Ce dernier reste indépassable dans sa démarche artistique autant que dans la plongée qu'il propose dans les affres de la langue française lorsqu'elle se transforme aussi joyeusement que sous la plume de Raymond Queneau.
Deep Water (2026)
La dernière image ? Cette folle séquence où le capitaine envoie une jeune femme au casse-pipe à la nage avant de réaliser (ce qu'il savait déjà) qu'il suffisait de mettre un radeau de survie à l'eau... Rires garantis !
Renny Harlin n'a jamais été un grand réalisateur.
Et une fois de plus l'on réalise dans ce navet flottant que l'objectif c'est de décalquer un projet de film catastrophe sur une ébauche de film d'horreur dans le plus pur esprit Jaws... En abusant et surabusant de fonds verts et d'invraisemblances scénaristiques qui provoquent plus d'une fois le rire...
On peut donc passer son chemin, à pied, à cheval et même en avion.
jeudi 10 septembre 2026
L'exorciste 2 : L'hérétique (1977)
La dernière image ? Il y a dans ce film de véritables envolées visuelles au coeur de l'Afrique, à travers des nuées de sauterelles, qui sont saisissantes. Elles restent longtemps en mémoire. La bande originale de Morricone vient également ré-humaniser, ré-enchanter l'univers du film de Friedkin qui était davantage porté par une lutte féroce entre le bien et le mal dans une dimension très binaire et très étouffante s'achevant par la victoire du mal (triomphant).
Ici tout part d'un postulat très différent. Le mal et le bien sont comme le Ying et le Yang. les deux mêmes faces d'une même entité. C'est le fameux syndrome Incassable : les guérisseurs, les gens doués sont les êtres les plus susceptibles de devenir la proie du mal... Et puis Boorman explore la psychanalyse, la conscience collective, l'invisible en soi, les combats intérieurs, avec des fortunes diverses. Il prend le contre-pied brutal de Friedkin. Ce qui naturellement aboutira à des réactions déceptives et à la "défiguration" du film (montages et re-montages successifs). et puis s'agissant de Burton, on sent qu'il est venu cachetonner et n'offre que le minimum syndical à son rôle.
Dans l'ensemble le film est raté, j'en conviens, mais comme chez Dario Argento, des trésors de cinéma se nichent même dans des films bancals. C'est le cas ici : même si l'ensemble échoue à nous toucher vraiment, on sent que nombre d'explorations visuelles ont pu influencer Kubrick pour son intro de Shining (ces plans aériens sur le lac de montagne) et restent véritablement en vous (toute les parties tournée en Afrique ainsi que la scène au sommet de la tour dans Manhattan). Même les séquences de télépathie peuvent avoir influencé Cronenberg pour son Scanners. On fleurte alors avec le SF, l'anticipation.
D'ailleurs toutes ces préoccupations (si urbaines) pour la psychanalyse, la recherche du bien-être dans un monde dont la fin semble annoncée rappelle étrangement l'époque actuelle...
Visionnaire Boorman qui ressuscite lors de quelques séquences magiques malgré un film raté mais qui ne manque pas d'intérêt.
dimanche 6 septembre 2026
La forêt d'Emeraude (1985)
Décidément, John Boorman est vraiment un de mes réalisateurs préférés.
Quand on se rappelle que Greystoke ou A la poursuite du dimant vert sont de la même année, on peut réaliser à quel point Boorman est un génie, un avant-gardiste... Quand d'autres se contentent de faire du film d'action ou d'aventure dépaysant, lui raconte déjà le monde de demain à l'aune de ce qui se trame à l'époque du côté de Manaus. Il est cet épervier survolant la terre et voyant venir avant nous autres les évènements tragique qui nous ont depuis lors rattrapés...
On pense à beaucoup de films, Aguirre ou Apocalypse now, mais La forêt d'Emeraude raconte bien autre chose... Il y est bien sûr question de la recherche du fils avec en filigrane la question fondamentale : qu'est-ce qu'un père ? Qui est responsable du monde que nous laissons à ceux qui suivront ? C'est aussi une réflexion sur la modernité (les grands travaux, l'électricité) et la façon dont le progrès fait reculer la forêt et à travers elle une forme d'ordre naturel (et le mystère qui vient avec).
Le film jamais manichéen va habilement démontrer comme le bien et le mal cohabitent de chaque côté de la fameuse lisière... les invisibles côtoient les féroces d'un côté, les ingénieurs purs produit d'un système méticuleux de spoliation, de privation peuvent de l'autre ouvrir les yeux et basculer du côté de l'empathie et venir en aide à celles et ceux qui veulent continuer à vivre comme ils le font depuis la nuit des temps. Les armes à feu peuvent au choix servir les intérêts de tribus cherchant à étendre leur domination comme venir en aide à ceux qui veulent ramener à la maison leurs femmes vendues à des maisons closes destinées à distraire les travailleurs sur le projet de barrage (encore une idée brillante pour illustrer la corruption à l'oeuvre)...
Enfin, Boorman n'oublie jamais de rappeler que le mystère toujours nous étreint en nous contant la capacité de l'homme à communiquer avec la nature pour implorer le ciel de pleuvoir sur le monde et finir par y noyer un barrage... Et c'est que ça marche ! La magie c'est aussi le cinéma de Boorman. Quel immense réalisateur !
dimanche 30 août 2026
Que la bête meure (1969)
La dernière image ? Le final n'est pas sans rappeler la façon dont certains fait divers marquants des 20 dernières années ont pu se terminer - je pense à l'affaire Godard en particulier. Un bateau disparaît sur la ligne d'horizon son occupant avec...
Le film est adapté d'un bouquin dont l'idée de départ est fabuleuse. L'un cherche à venger la mort (injuste) de son fils provoqué par l'autre qui est un lâche. L'un se jure de retrouver l'Autre, le chauffard, et de le faire payer...
Evidemment le sujet devient savoureux lorsque le héros mortifié retrouve sa proie et découvre que le type est pourri jusqu'à la moelle au point que même sa propre famille ne serait pas contre l'idée de le voir disparaître... Qui de mieux d'ailleurs que Jean Yanne pour camper l'ordure ?
Le sujet est en or, on a envie de savoir comment tout cela finira et puis comme souvent avec Chabrol, on sent la facilité prendre le dessus comme pour cette séquence où le héros s'embourbe et rencontre par hasard un gars du coin qui justement a des choses à raconter... Raccourci bien commode et filmé sans autre intention que de passer les plats. Même chose avec l'histoire du calepin sur lequel le héros consigne toutes ses pensées morbides et dont il ne fait pas grand chose pour en cacher l'existence... Pratique pour faire avancer l'intrigue.
Le film a par ailleurs ses longueurs (la voix off en cause ?), il faut notamment le temps que notre héros se fasse "adopter" par la famille et l'entourage du salaud. Puis que le face-à-face puisse subtilement se mettre en place. Mais le climax attendu (comme dans La Piscine ou Plein Soleil sur des thématiques pas si lointaines) n'arrive pas vraiment et le coup de théâtre final, on le voit arriver d'assez loin tout de même...
Un film qui mériterait vraiment son remake de nos jours par un Fincher par exemple. Parce que de cet affrontement (notamment psychologique) peut naître un très très grand film. La tentative de Chabrol malgré de louables intentions a quand même vieilli.
samedi 29 août 2026
Un simple accident (2025)
La dernière image ? Il y a un moment très fort, c'est ce basculement psychologique du ravisseur en chef qui se retrouve dans la peau du "tonton gentil" amenant la femme de son ex-bourreau à l'hôpital pour y être prise en charge en vue d'un accouchement... Cette simple idée est brillante et donne au film toute sa complexité tant elle invité à la réflexion.
Je trouve également appréciable cette course à l'échalote pour retrouver d'anciennes victimes afin de s'assurer que l'otage est bien le fameux bourreau... Cela crée le nombre dans la camionnette et donne à la délibération des forces en présence un côté 12 hommes en colère...
En revanche, le film reste pour finir assez convenu, ne sort jamais des développements attendus. Et les personnages (hors mis le héros et la femme photographe) ne sont pas suffisamment creusés à mon goût. D'ailleurs beaucoup de situations et de réactions se répètent plus qu'elles n'ouvrent de nouvelles perspectives… Dommage.
Donc c'est pas mal du tout, mais ce (petit) film méritait-il une palme d'Or ?
jeudi 27 août 2026
Les Olympiades (2021)
Jacques Audiard m'avait subjugué avec Deephan Palme d'or selon moi méritée et film qui assurément vieillira comme le bon vin. Il avait eu notamment le goût et l'élégance de nous faire découvrir de nouveaux visages, misant sur des personnages sortant des sentiers battus et facilitant l'identification du spectateur.
Il en va de même ici. Dans les Olympiades, il y a ce même parti pris de permettre à une nouvelle génération de prendre la lumière.
Les Olympiades scrute, ausculte la nouvelle génération connectée. J'ai quelques réserves sur le chapitrage (très début des années 2000 dans l'esprit) qui fait s'entrecroiser les 3 personnages centraux mais le résultat est vraiment intéressant... L'on apprend notamment qu'il faut savoir qui l'on est pour savoir qui aimer....
Le film s'offre sous la forme d'un fable, on pense à Eric Rohmer, Truffaut (Jules et Jim) ou Sautet (César et Rosalie)... Mais dans un mouvement bien d'aujourd'hui avec les spécificités technologiques (ou pas) de l'époque : se cacher derrière un écran, changer de personnalité, dissimuler sa vraie nature pour finir par clore au monde tel que l'on est tout au fond...
Joli film faussement léger qui raconte une époque (de la vie mais aussi de cette génération née à la toute fin des années 90) et fait réfléchir sur les nouveaux codes sociaux, façons d'être au monde et aux autres.
lundi 24 août 2026
120 battements par minute (2017)
Le film est réussi mais je lui trouve un je ne sais quoi de "programmatique" et linéaire qui s'explique probablement par la dimension documentaire du sujet. Lorsque les personnages percent et existent (leur touchante histoire d'amour) alors la fiction prend le dessus pour le meilleur. Mais j'avoue avoir été gêné par toutes ces séquences dans l'amphi au son de claquements de doigts où la conscience politique se met en branle et inévitablement "cherche la lumière" des médias en se heurtant à la souffrance physique des malades... Ces moments sont assez pénibles et précisément auraient été parfaits selon moi dans un vrai docu avec caméra embarquée (comme lors des irruptions dans des classes). Ce sont des situations où la fiction n'apporte pas beaucoup je trouve. Cacophonie et échanges un peu chaotiques sur la stratégie à suivre.
Bref 120 battements par minute est un témoignage nécessaire, émouvant autant qu'il est salutaire. Mais peut-être manque-t-il de ces moments suspendus de poésie comme je les aime chez ce réalisateur et peut-être le film a-t-il du mal à choisir entre l'histoire d'amour et la grande histoire, celle qui mène le jeune héros décédé à vouloir que ses cendres soient dispersées lors d'un cocktail comme on aime les faire dans les hautes sphères...
Au final je me demande si je ne préfère pas Campillo lorsqu'il s'adosse résolument au film de genre comme dans Eastern Boys. Mais voilà tout de même un bien beau film marqué par une veillée de corps absolument bouleversante d'humanité et d'humble solidarité en guise d'épilogue.
jeudi 20 août 2026
Nouvelle Vague (2026)
La dernière image ? Plein de délicieux moments dans ce Nouvelle Vague qui témoignent d'un amour sincère pour ce film et cette époque (le tout début des années 60). La reconstitution est bluffante et on a bien souvent le sentiment de voir revivre sous nos yeux ébahis les coulisses du tournage d'A bout de souffle.
Oui mais il manque quelque chose d'essentiel : la capacité à nous faire toucher du doigt la magie de sa conception, ses petits secrets de fabrication... Or on voit essentiellement un JLG qui n'en fait qu'à à sa tête, qui est dans une improvisation permanente, qui écourte des journées de tournage de façon unilatérale, qui semble écrire au jour le jour... Alors oui pourquoi pas ? Mais on reste un peu étranger à ce mystère et puis on est probablement gêné par la méticulosité, le travail de fourmi apporté à cette reconstitution qui finit sûrement par "jurer" avec la prétendue "liberté", l'esprit "sans entraves" qui présida aux destinées de ce film-mythe. Trop de moyens à l'écran peuvent tuer l'esprit libertaire d'alors.
Et puis l'on reste enfin avec ce sentiment d'avoir passé un moment sympathique, avec des personnages agréables mais qu'on ne comprendra pas mieux qu'avant la genèse du film de JLG, car on n'aura pas plongé assez profond dans les arcanes de l'esprit de création de cette époque pour en saisir le parfum si particulier...
On reste un peu à la porte, spectateur, pour résumer. Mais chapeau la reconstitution. Amoureusement troussée.
mardi 18 août 2026
Life of Chuck (2024)
La dernière image ? Evidemment il n'en restera qu'une : Cette très belle séquence de danse improvisée sur un rythme changeant et toujours entraînant de batterie. Très joli moment qui peut rappeler la belle séquence de fin de Drunk (Mads Mikkelsen dans ses oeuvres) pour un contexte très différent.
Cette séquence inspirée mise à part, le film s'offre sous une forme étrange (3 chapitres) qui n'invite pas tout à fait à l'abandon. Chapitre 1, Chapitre 2, Chapitre 3... Pas très entraînant, pas très musical. Par ailleurs, il y a cette voix off qui rappelle étrangement celle de Stand by me (justement du même Stephen King) mais dans l'autre nouvelle, la voix off a du sens puisqu'elle appartient au narrateur, l'un des trois copains devenu écrivain. Ici, on ne comprend pas trop le point de vue. Qui nous parle ? Qui nous rapporte cette histoire ? Pas clair...
Quant au message du film, sa morale, on le voit venir bien trop tôt (dès le premier segment) et, plus embêtant, elle se résume aux promesses de gourous des temps modernes faites aux gens qui doutent d'eux mêmes où se croient pourchassés par le malheur : "tu mérites de vivre, tu mérites d'être heureux, tu abrites une multitude"... Beurk, trop de bons sentiments pour être honnête. On sent le film qui se veut consensuel pour attraper comme qui rigole le spectateur par la larmichette.
Pour autant, on ne comprend guère ce monde intérieur qui s'éteint, où les personnages auraient leur propre libre arbitre (un peu expédié tout de même quand on a vévu avec des Truman Show ou des Eternal sunshine of a spotless mind). Pas plus qu'on ne comprend vraiment le sens de ces apparitions dans la chambre secrète où l'on se verrait le jour de sa mort (wtf ???) sans que personne n'ait jamais été tenté de comprendre comment ni pourquoi ? Un peu léger tout de même... Ca ressemble au point de départ d'un Being John Malkovitch mais en prenant le soins de s'arrêter au pas de la porte d'ascenseur du fameux étage et demi...
Bref ce film ressemble à des débuts d'histoire mis bout à bout et jamais vraiment développés... Reste la danse et ce climat de tristesse qui s'empare de l'audience en assistant au décès prématuré d'un père de famille qui avait l'air si aimable, si doué pour la vibe... Damned.
Marty Supreme (2025)
La dernière image ? Un chien court dans la nuit et fend la brume tel un fantôme... Il y a toujours deux ou trois images d'un film qui restent ainsi et laissent une empreinte durable.
Objectivement, ce film permet désormais d'identifier de façon certaine la marque de fabrique des frères Safdie qui finit par ressembler sérieusement à un "système" au mauvais sens du terme.
Le ping pong (à peine effleuré) ou la biographie de cet ancien champion semblent moins importer au réalisateur que l'épileptique enchaînement d'invraisemblables rebondissements finissant par nous amener au constat que l'idée même de s'adosser à une histoire vraie ne servait absolument à rien...
Tout ce qui comptait sur un sujet pareil c'était : comment est née cette vocation ? Quand trouvait-il le temps de s'entraîner ? Où s'entraînait-il ? Quel était son moteur ? Chez Rocky, l'humanité prévaut, les valeurs morales quand la confiance vient à manquer... Mais ici, le personnage insupportablement antipathique ne semble mu que par l'appât du gain, faire les premières pages, voyager en première, manger dans les grands hôtels... Pas très engageant.
Aucune plongée dans les arcanes de l'histoire ou de la genèse du Ping-Pong comme sport de haut niveau, aucune prise sur ce personnage détestable (et qui ne revient parmi nous, les vivants, qu'à la faveur d'une paternité finalement assumée c'est à dire au dernier plan...), Ne reste plus à se mettre sous la dent que l'enchaînement de péripéties plus ou moins mortelles et déjà vues chez les Safdie... Autant dire pas grand chose. Enfin si, le sens du cadre, la mise en scène toujours précise et impressionnante. Ca oui. Mais un petit oui.
Pour résumer Uncut Gems oui oui oui, Good time oui, Marty Supreme mouais.
A serious man (2009)
La dernière image ? Ce plan de fin qui laisse imaginer, rêver, projeter nos peurs et nos espoirs... Ce film compte pour se silences, ses parenthèses, ses rêves envolés. Avec le recul, il contient beaucoup de ce qui semble avoir inspiré Spielberg à l'heure de briser la glace pour son génial The Fabelmans.
Je me suis amusé à faire défiler la filmo des frères Coen. Et je trouve que le point de bascule vers un cinéma plus personnel, plus intime, plus profond, s'opère exactement là en 2009 avec ce A serious man qui lorgne du côté du drame familial et de la comédie noire, existentielle, qui garde un je ne sais quoi d'obsolescence, de légèreté, de gravité et qui parvient à l'équlibre (comme sur ce toit pentu) à nous entraîner avec lui dans ses gouffres amers et autres méandres ésotériques jusqu'à ce final en pointillés qui laisse beaucoup de questions en suspens. Pour notre plus grand bonheur. Un film touchant, profond, aimable porté par des acteurs fantastiques et qui fait mouche. L'étape introspective suivante, encore plus aboutie à mes yeux, sera franchie avec Inside Lleywin Davis.
lundi 17 août 2026
Sirat (2025)
Beau is afraid (2023)
Je regrette que tout ce qui vient autour soit aussi fumeux, boursouflé, interminable. Evidemment, le type qui a réalisé le génial Midsommar a toujours du talent. Le talent ne s'est pas envolé comme par magie. Mais disons qu'ici on sent que la matière est probablement aussi personnelle qu'hautement inflammable et qu'on manque nécessairement d'objectivité ou de capacité à garder l'essentiel et à laisser de côté le superflu. Ce qui donne un "film-brouillon" qui a dû être un véritable casse-tête au montage puisque sa forme (un cauchemar éveillé) justifie tous les allers-retours, toutes les digressions, tous les détours voulus par le réalisateur mais pas forcément désiré par le spectateur qui finit par peiner à rester dans un film trop informe... C'est dommage mais ça n'enlève pas la force de certains passages dont celui que je cite plus haut.
dimanche 16 août 2026
Moon (2009)
Comme il est de coutume de s'exprimer de nos jours sur youtube, Source Code brought me here. Ayant découvert ce vrai faux blockbuster qui derrière ses artifices et passages obligés dégouline de belle humanité, je me suis mis en quête d'en savoir plus sur cet énigmatique Duncan Jones.
D'abord, il est à noter qu'être le rejeton de David Bowie fait de vous (à l'instar des conducteurs de twingo de la pub) forcément quelqu'un de bien et d'aimable. Je suis parti avec de bonnes intentions.
Ce Moon a d'ailleurs une histoire singulière puisqu'il sort en 2009 sans passer par la case salle. Un "direct to video" qui de fait le handicape. Je suis d'ailleurs complètement passé à travers...
Et pourtant, venant de le dévorer, je le recommande chaleureusement. D'abord et c'est pour moi une évidence un film raté comme Mickey 17 lui a allègrement pompé toute la sève... Or Moon est beaucoup plus intelligent, complexe, et à fois limpide que son successeur sur une thématique très proche.
Toute sa force lui vient d'abord de l'écriture. Brillante. On commence dans l'exercice de style parfait où les références sont limpides (2001 A space Odissey). Il y a cet homme qui souffre manifestement de solitude et cet ordinateur (compagnon de route divinement incarné par la voix de Kevin Spacey). Puis lentement le film dévie de sa trajectoire, les apparences deviennent trompeuses et ce qu'on interprète comme étant des visions cauchemardesques se révèlent être les angles morts mais bien réels de la vie de notre héros sur la Lune... Ce qui permet au passage à l'acteur principal de livrer une prestation de très haut vol. Ce qui permet aussi de tirer le maximum d'un budget qu'on sent limité.
Toutes ces trouvailles scénaristiques, toute cette intelligence, toute cette exigence, font que le spectateur ne peut que s'attacher au destin de ce travailleur "dans la Lune". Le film peut ainsi passer un message bien senti sur le monde tel qu'il va, exploitation sans limites des ressources sur terre puis ailleurs, exploitation (qui va de pair) du prolétaire surgi de la cuisse de son prédécesseur, devenu entité interchangeable à l'infini, jusqu'à ce qu'une étincelle de dignité humaine remonte jusqu'au bord de nos lèvres et nous fasse dire STOP !
Good Time (2017)
Ici on est un ton en dessous tout de même. Parce que l'enchaînement infernal à l'oeuvre n'est pas que le produit fatal des obsessions du personnage principal mais s'appuie aussi maladroitement sur des quiproquos dont la pilule passe plus ou moins bien : je pense à cette séquence de l'hôpital où le personnage (géniale interprétation) campé par Robert Pattinson récupère "supposément" son frère sans jamais prendre la moindre précautions d'usage pour s'assurer de son état ou de sa personne... La coïncidence a bon dos puisqu'elle inaugure une nouvelle quête pour de l'argent qui mènera ce nouveau duo de pieds nickelés jusqu'au final dramatique.
Mais qu'à cela ne tienne, le film est une leçon de mise en scène, un puits d'idées inventives, un drame et une comédie et un film noir tout à la fois qui est traversé de moments de poésie parfois macabre (cette fameuse nuit à la fête foraine ou le final dans l'appartement cossu du gardien de nuit).
On pense à Cassavetes et aussi bien sûr à After Hours mais aussi au Denis Johnson de Jesus Son. C'est au final réjouissant malgré les quelques faiblesses et facilités scénaristiques évoquées plus haut : Uncut Gems reste à mes yeux beaucoup plus abouti et Marty Supreme très en dessous.
mercredi 5 août 2026
Source code (2011)
La dernière image ? Je confesse m'être laissé cueillir par cet épilogue qui est d'une intelligence et d'une poésie rares. Derrière le fil calibr de ce qui s'est présenté comme un blockbuster quelque part entre Minority Report et Edge of tomorrow, l'on sent un petit coeur qui bat et le désir chez ce réalisateur de créer l'émotion, le trouble, et c'est qu'il y parvient pardi...
C'est vrai que le début sonne comme du déjà vu (sans jeu de mot), on retrouve cette fameuse idée du personnage central qui voyage dans le temps mais autour d'un moment très précis dans un train sur le point dse subir un attentat à la bombe. Le héros retourne encore et encore pour trouver un coupable et sans jamais pouvoir empêcher l'inéluctable de se produire mais avec l'espoir d'être au moins en capacité d'empêcher le nuisible de nuire davantage...
Alors, il y a des lourdeurs, des facilités propres à ce genre de films où l'on doit comme dans les montagnes russes passer de pic d'émotions fortes en pic d'émotions fortes, de coups de pompe en découragement avant de voir débouler l'épilogue, souvent factice et attendu.
Et bien ici pas du tout, l'émotion perce et l'on repart avec le sentiment d'avoir vécu cette aventure aux côtés des personnages principaux. C'est pour ce final déchirant et profond que le film vaut le détour.
mardi 4 août 2026
28 ans plus tard. Le temple des morts (2026)
La dernière image ? j'ai été touché par tous ces petits moments de poésie qui viennent accompagner l'éveil de l'"Alpha" tout en délicatesse à son passé, à ses souvenirs, au vocabulaire, à des idées et valeurs nobles... J'ai également beaucoup aimé ce concert de Metal qui n'est pas sans rappeler des moments marquants de l'oeuvre de George Miller (les acrobates guitaristes ascensionnels de Mad Max Fury Road). Le film ne manque pas de moments forts comme ces deux-là en particulier.
Danny Boyle est donc fidèle à ce qu'il nous a habitué venant de sa personne... Imprévisible, inégal, capable du meilleur (ici) comme du pire (l'opus d'avant). Sont convoqués dans le désordre les fantômes d'Orange Mécanique ou du Village des damnés, et l'on finit par "entrer" enfin dans cette histoire qui se déroule 28 ans plus tard... L'attente valait le coup. Beaucoup d'incongruités de l'épisode d'avant trouvent ici une réponse assez limpide... L'on comprend que de l'abject peut renaître un peu d'humanité pendant que l'homme s'est corrompu dans le mal absolu à l'image de ces vilaines têtes blondes (on pense un temps à Charles Manson et sa clique), enfants soldats qui tuent pour le plaisir sous le bas patronage d'un gourou maléfique...
Ca m'a réconcilié avec la franchise et m'a donné envie de voir la suite.
Primate (2025)
La dernière image ? Franchement aucune. Je déconseille chaleureusement. Une arnaque de haute volée. Le film d'abord à minutieusement tout piqué à Link en croisant son intrigue avec celle de Cujo (merci les années 80). En prenant le soin de débarrasser les emprunts de ce qui faisaient leurs forces respectives : une âme, nom de nom.
Or Link et Cujo sont deux séries B fantastiques (Richard Franklin comme Lewis Teague sont tous deux de sacrés réalisateurs). Pas de fonds verts à l'époque, pas d'effets spéciaux pour feignants et forcément Link comme Cujo marquent durablement les esprits.
Par ailleurs dans les deux films cités, les personnages principaux sont intéressants et l'intrigue brillamment troussée... Ici dans Primate, les personnages sont aussi transparents que les rebondissements de l'intrigue sont hasardeux... La preuve qu'un certain cinéma est en pleine déliquescence, n'arrivant même plus à "singer" de façon honnête ses illustres prédécesseurs.
lundi 3 août 2026
Running Man (2025)
La dernière image ? Tout ce qui fait mouche c'est ce qui faisait le sel du Prix du danger ou du premier Opus (déjà bancal) avec Schwarzy à savoir toute la partie en plateau TV dépeignant l'exploitation en direct de la pauvreté pour nourrir les nouveau jeux du cirque où l'audimat à tout prix demeure la seule règle qui vaille.
Mais je crois que même le film d'Yves Boisset (pourtant pas terrible) était plus intéressant que ce navet qui dès lors qu'il nous emmène à bord d'un avion change de nature et se perd complètement...
Ce qui n'arrange rien à l'ensemble, c'est cet acteur qui en fait des caisses et des caisses... Insupportablement.
samedi 1 août 2026
The Rocky Horror Picture Show (1975)
La dernière image ? Hier soir, Studio Galande avec ma fille chérie de 16 ans. J'ai dû le découvrir dans cette même salle à peu près à la même époque de ma vie.
Dieu que l'esprit a changé tout de même... Je me souvenais de passionnés qui faisaient la part belle au film qu'on dévorait vraiment sur l'écran avec quelques péripéties et facéties venues de l'espace étroit entre l'écran et le premier rang... Riz, eau, interactions touchantes avec le film...
Désormais (enfin hier soir disons), le son du film est si bas, la "troupe" est tellement installée devant l'écran - sur une estrade - qu'on ne voit plus du tout le film mais l'on assiste à un spectacle pas vraiment drôle, très scatologique, pipi ,caca, b... et c... qui donne le sentiment que le film n'est plus du tout respecté pour ce qu'il est... Etrange sentiment d'assister à un glissement, un dévoiement... Du coup j'ai encouragé ma fille à le revoir à la télé. C'est quand même dommage. Le film est toujours sur l'écran mais le spectacle autour a changé d'âme.
vendredi 26 juin 2026
Un papillon sur l'épaule (1978)
Le film a ceci d'intéressant qu'il semble s'inscrire résolument dans une tradition Kafkaienne et préfigurer aussi le cinéma mental de cinéastes comme David Lynch... Il est ici question d'une terrible méprise sur un certain Fériaud pris dans la nasse d'une affaire d'espionnage cauchemardesque dont il ne ne sortira pas indemne.
La difficulté à regarder le film vient essentiellement d'une mise en scène un peu lourde, empesée. J'ai également été gêné par le jeu de certains acteurs dont (c'est le problème central pour moi) celui de Lino Ventura qui a quelque chose dans le physique et le caractère de trop carré, trop en angles droits, trop limité pour laisser passer le mystère d'une intrigue plutôt cauchemardesque. et les longs dialogues (parfois trop littéraux, explicatifs) n'arrangent rien.
Mais reste un film audacieux pour l'époque probablement visionnaire et précurseur d'un certain cinéma, et qu'il donc utile de voir ou de revoir parce qu'on y trouvera beaucoup d'éléments narratifs familiers pour celles et ceux qui aiment Don Coscarelli, Lucio Fulci ou David Lynch.
jeudi 11 juin 2026
The Anderson tapes. Sidney Lumet (1971)
La dernière image ? Tout le jeu sophistiqué de flashes back et flashes forward qui sonnent de façon moderne et laissent imaginer que ce film (mineur à mes yeux) de Lumet a pu inspirer Coppola pour Conversation Secrète et pus tard Soderbergh pour ses Ocean's Eleven etc. voire plus près de nous un Spike Lee pour son Inside Man.
Mais le film pâtit de ce qu'il ne parvient jamais à choisir entre comédie policière, drame social, film d'espionnage, huis clos carcéral, et l'on retient l'épaisseur des dialogues et le côté immobile du dispositif que seuls les allers vers le futur puis les retours vers le passé parvient à rendre un peu digeste. La fin est à l'avenant, ne parvenant pas à nous convaincre de ce que le réalisateur a vraiment voulu raconter.
Il faut dire pour finir que même le point positif (la modernité du dispositif et du montage) est beaucoup plus impactante et marquante chez John Boorman (revoir Point Blank véritable chef d'oeuvre pour s'en convaincre).
Quant à Lumet, sur le thème du casse, je le trouve beaucoup plus inspiré dans A dog day Afternoon ou 7h58 ce matin là.
dimanche 10 mai 2026
Les Maudites (2024)
Dario Argento, David Lynch, John Carpenter, Don Coscarelli, Richard Donner... J'adore ressentir des influences quand elles n'occultent pas la personnalité de l'auteur. Or c'est précisément ce que l'on ressent ici avec ce Pedro Martin-Calero qui semble s'inscrire dans la grande tradition des surdoués de la Péninsule Ibérique (d'Amenabar, de De La Iglesia en leur temps respectifs).
Ce qui me marque avec Les Maudites c'est d'abord de ressentir que la mise en scène est un langage à part entière. Un mode d'expression que le réalisateur maîtrise d'évidence, parvenant ainsi à créer le climat d'épouvante espéré tout en mettant (et c'est la deuxième bonne surprise) un point d'honneur à créer des personnages assez complexes, qui existent chacune à leur façon et permettent à l'histoire de se déployer dans une veine pas seulement horrifique mais résolument dramatique (tout partirait d'une malédiction "familiale").
C'est d'ailleurs l'originalité de l'entreprise qui cherche à faire son lit dans une veine presqu'intimiste par moments, allant même jusqu'à réserver de folles surprises : la mort brutale d'un des personnages principaux (à la façon d'un Friedkin dans Police Fédérale Los Angeles) parmi d'autres victimes collatérales de ce fléau intergénérationnel.
Le jeu sur les langues et nationalités créent également un patchwork assez moderne qui peut rappeler les incursions "Gordardiennes" de la Nouvelle Vague (la langue comme décalage entre les deux sexes dans A bout de souffle). Cela permet de renforcer cette idée qu'on n'échappe pas facilement à son destin où qu'on soit allé chercher une paix toujours illusoire...
Reste ce que j'ai beaucoup moins aimé : le chapitrage un peu trop artificiel qui peut donner le sentiment que le real avait 3 "sujets" de courts ou moyens métrages qu'il a finalement tricoté pour en faire ce long pour finir un chouia bancal. Trop de sauts dans le temps et dans la géographie peuvent finir par créer chez le spectateur l'impression que le résultat se gonfle à l'hélium scénaristique d'une entreprise de synthèse pour répondre à la question fatidique : comment créer du lien entre trois personnages féminins qui n'en ont en apparence aucun ?
mercredi 6 mai 2026
The Ugly Stepsister (2025)
mardi 5 mai 2026
Indomptables (2025)
Franchement, le cinéma attendait enfin une incursion sur la terre de nos ancêtres comme celle que réussit Thomas Ngijol avec Indomptables. C'est une réussite quasi totale. Je suis simplement réservé sur le dénouement autour de ce terrain de foot. Je trouve que la force du film (dont on ne sait pas vraiment où il nous conduit) aurait mérité un final plus puissant.. Mais reste un film très fort qui choisit justement (ça se respecte) le retour aux banalités du quotidien, à la glace qu'on a attendu toute la semaine d'aller acheter avec papa une fois l'entraînement de foot terminé...
vendredi 1 mai 2026
Pris au piège (2025)
mercredi 29 avril 2026
Disco Boy (2023)
Cette absence de fonds au profit d'une forme sans grand intérêt finit par donner le sentiment que le réalisateur est allé piocher ses envies dans une imagerie post-coloniale de bas étage. Je pense notamment aux séquences de danse tribale autour d'un feu dans une jungle où des personnages "ne seraient pas assez entrés dans l'Histoire" pour reprendre le mot atroce d'un président français de triste mémoire....
je reconnais qu'il y a ici de vraies ambitions en terme de mise en scène il est vrai mais je garde l'impression têtue d'avoir vu un clip video d'1h30.
lundi 27 avril 2026
Anora (2024)
Dès la dislocation du couple, le film déraille un peu, parce qu'il lorgne soudain du côté d'un voyage au bout de la nuit (jamais aussi beau que lorsqu'il est vécu en solitaire comme dans The Catcher in the Rye), sorte de jeu du chat et de la souris, pour retrouver le jeune homme sans parvenir à vraiment captiver malgré une galerie de personnages secondaires attachants...
La fin (les parents) est hélas aussi à l'avenant, très attendue.. On voit venir le retour de l'éternelle lutte des classes avec la nécessité que chacun retrouve sa place sur l'échiquier une fois que le carrosse est redevenu citrouille. Et ce n'est pas la toute dernière séquence de b... dans une voiture qui viendra sauver quoi que ce soit malgré sa poésie sauvage.
Le film est donc "Palmedorisable" pendant 1 grosse heure puis il devient trop long et patatras : cette dernière heure est bien trop prévisible. Elle manque d'inspiration et de puissance. Dommage parce que ça démarre très fort...
dimanche 5 avril 2026
Grave (2016)
La dernière image ? Comme dans Titane, (je pense à une séquence joliment chorégraphiée dans une caserne de pompier de mémoire) je retiens certains plans-séquence avec bain de foule, un peu suspendus, portés par une musique de bon aloi comme dans ces soirées étudiantes. C'est au niveau de cette tension atmosphérique que le film transmet quelque chose d'efficace. Je pense aussi à ces ralentis sur le transport d'un cheval sous sédatif ou ce même cheval s'élançant pour faire du surplace sur un tapis de course.
Et c'est là que pour moi le bât blesse. Le film fait un peu comme le cheval, s'élance sous de bons auspices, distillant de jolies promesses (scène d'ouverture intrigante avec l'accident provoqué, symbolique du bizutage efficace parallèlement à cette entrée dans l'âge adulte, le désir, les hormones, le système pileux qui se développe et son corolaire, l'appétit dévorant ...). Dès lors que les signaux positifs sont émis, une sorte de surplace s'installe alors qu'il s'agissait de faire décoller le film par une narration audacieuse...
C'est d'ailleurs au moment fatidique (juste après l'emblématique scène du doigt, plutôt réussie) que tout déraille. D'abord une scène anodine avec les parents au sujet du chien qu'on va faire piquer, puis révélation étrange d'une grande soeur à sa petite soeur d'un secret : on va se planquer sur le côté d'une départementale et on va miser gros : surgir sur le trajet d'une voiture. Et naturellement comme pour la scène inaugurale, le véhicule ne manquera pas sa cible (une fois un platane, une fois un poteau) et naturellement personne n'y survivra, et naturellement les 2 soeurs auront largement le temps d'aller se taper la cloche puisque sur cette départementale, on passerait dans le monde du film une fois toutes les heures. C'est tellement peu crédible qu'on décroche immanquablement. Franchement, quelle idée absurde d'espérer provoquer des accidents comme ça pour se nourrir quand il y aurait tellement d'autres moyens de satisfaire son appétit ? fréquenter des hôpitaux ? des abattoirs ? travailler dans des Ehpad ? Que sais-je encore qui permette à la grande soeur d'être à proximité de "chair fraîche" sans imaginer (stratégie du doigt mouillé, au petit bonheur la chance) de tels improbables concours de circonstances ???
Alors bien sûr on a compris les clins d'oeil lourdingues à Carrie (les flots de sang), à Zombie (certaines scènes rampantes) ou ici à Crash (Cronenberg) mais la cohérence et la crédibilité ne doivent pas être écartés si l'on veut maintenir l'intérêt du spectateur. Et moi cette seule séquence m'a coupé les ailes. Egalement parce que rétrospectivement la scène du doigt coupé ne fonctionne plus. Si la grande soeur est déjà un "monstre assumé" ayant déjà le goût du sang dans la bouche jusque dans le fond de l'oeil, alors elle ne doit jamais s'évanouir à la vue de son doigt coupé... Incohérence fondamentale. C'est au contraire une toute autre énergie qui doit s'emparer d'elle. Bref...
Dès lors, on constate aussi que le film patine avec la répétition des mêmes ressorts : regard appuyé sur la nuque du futur repas, morsure dans un morceau de dinde froide dans la nuit, morsure de son avant bras après l'amour, morsure des lèvres de l'homme en jaune après un baiser, morsure de la joue et du bras entre soeurs et puis et puis le clou du spectacle qu'on a vu venir et pas qu'un peu : le banquet final.
Pendant tout ce temps que le bizutage a duré, on n'aura vraiment rencontré que 3 personnages : les 2 soeurs et le voisin de chambrée... C'est maigre. Et pire, on aura appris que le mal qui ronge l'ex végétarienne est un mal familial, transmis par la maman et qu'en 20 ans de vie commune aucune des filles n'ont jamais vu leur papa torse nu entrer ou sortir dr la douche ???? Il aura par ailleurs fallu passer le bac et rejoindre sa grande soeur à l école pour découvrir également que cette dernière avait un sacré coup de fourchette... Donc malgré le peu de différence d'âge et depuis leur plus tendre enfance, rien n'aura jamais mis la puce à l'oreille de l'une sur l'autre ou sur les déviances de leur propre maman ?
Beaucoup de hype et peu de talent, les films suivants le confirment amplement. Et puis sur cette thématique, une femme de génie est déjà passée par là. Elle s'appelle Claire Denis. Revoyez Trouble Everyday. La comparaison fait mal.
samedi 4 avril 2026
Le choix (2024)
Comment se laisser piéger par son propre dispositif ? C'est vraiment ce qui arrive à ce film, Le Choix, qui semble engoncé, prisonnier de cette seule idée - maigrelette - de mise en scène qui consiste à faire vivre une intrigue en restant fixé (ou presque) sur le visage de l'acteur principal.
C'est à dire qu'il y a si peu de variation dans l'exploration de ce dispositif (alors qu'on aurait légitimement pu aller du côté de la boîte à gants, la banquette arrière, le coffre, les alentours pendant une halte dans une station service, le toit, les roues, le rétroviseur comme par exemple chez Scorsese...) que je ne comprends pas qu'on ne se soit pas contenté d'un dispositif type Calls qui convenait parfaitement : la succession d'échanges téléphoniques jusqu'au dénouement. Et ça nous aurait épargné de passer 1h20 à regarder Vincent Lindon s'écouter parler... Parce qu'au final, c'est tout ce qui reste. Le ridicule étant poussé jusqu'à montrer le personnage principal parler à voix haute à son père... Pour bien faire comprendre au spectateur les raisons (improbables) pour lesquelles il abandonne le chantier de sa vie en pleine nuit et met en péril sa vie de famille (apparemment tranquille et heureuse)... On comprend que c'est pour une femme qu'il ne connait absolument pas et parce que lui aurait été abandonné (ou pas reconnu) à la naissance... C'est un peu léger tout de même. Le héros ne cesse de répéter "j'arrive dans une heure" (dans une voiture qui fait du surplace), "je ne suis pas le compagnon" (on n'a pas assez de clé pour comprendre la nature de leur relation) ,"je la connais à peine mais je suis le père" (Et qu'est-ce qui lui donne une telle certitude ? Il a demandé un test ADN sur le foetus ? S'il y a bien une certitude en la matière, c'est que les femmes sont bien les seules à savoir viscéralement qui est le père... M. Cross devrait le savoir, il n'a plus 20 ans).
Ou alors eut-il fallu achever le récit comme dans Les yeux Noirs (Nikita Mikhalkov), par une apparition une rencontre miraculeuse : nous donner à voir cette femme ou ce bébé qui lui ont tourné la tête et dont on a tant entendu parlé... Mais même ça, on n'y aura pas droit...
Le choix est donc une sorte de non-film, qui n'accouche jamais de lui-même, s'achève d'ailleurs à un feu rouge. Il est bavard, inutile, et paradoxalement prévisible et statique. Un comble pour un film à bord d'une voiture en mouvement.
Une idée me vient pour finir : comment aurait-on tourné cette histoire avant l'avènement des portables ? Qu'en aurait fait Alfred Hitchcock ? Probablement qu'il aurait joué sur les temps de "reconnexion" avec le vacarme de la vie, de cabine téléphonique en cabine téléphonique, d'aire de repos en station service, pour créer le trouble chez toutes celles et tous ceux qui se seraient légitimement inquiété ce son absence soudaine à la maison ou sur le chantier... Et puis, et puis, on aurait gardé la tête haute et quelques valeurs en démontrant combien conduire et téléphoner ne font vraiment pas bon ménage...
jeudi 2 avril 2026
Samhain (2021)
Oui mais voilà, ça ne suffit à pas à faire un film. On sent les quelques références (principalement l'invasion des profanateurs de sépulture), on peut trouver sympathique ce cadre familial qui peut parfois rappeler l'univers social des films de Ken Loach (dans sa grande époque) mais tout s'estompe vite et sombre dans un rythme sans ressort : la narration en cause, sorte de déroulement attendu où les personnages sont comme aveuglés, sans volonté propre, où leurs réactions n'ont rien de crédible. Et ce côté bien trop prévisible, à l'avenant, permet sans le vouloir au ridicule de s'inviter, d'être frôlé en permanence... Et encore, je suis gentil. Très mauvais. Très très mauvais !
Teddy (2020)
L'humour est plutôt appréciable et même surprenant au début. C'est une bonne idée cet esprit décalé mais il y a un côté Groland qui ne tient pas la route dès lors que la mise en scène est totalement absente des débats et que par conséquent l'on reste à un univers potache sans grande ambition cinématographique. Par ailleurs difficile dans ces conditions d'espérer faire (même un tout petit peu) peur.
Dommage car avec un tel héritage à assumer (Le loup-garou de Londres, Hurlements, Wolfen, Dog Soldiers, La compagnie des loups, Thriller) il était légitime d'essayer de faire preuve d'un peu d'imagination. Et au final, on sent le manque de moyens, mais la narration elle-même est pauvre en idées neuves. On a le sentiment d'avoir vu et revu 1 milliard de fois ces petits dérangements du quotidien qui font émerger l'inquiétude puis la monstruosité (toute la fin façon Frankenstein)...
Seul point positif : cet acteur au visage et au regard singuliers qui font du bien dans un paysage où les même têtes viennent et reviennent sans cesse pour notre plus grande lassitude...
mercredi 1 avril 2026
Dangerous animals (2025)
Globalement, le film est truffé de bonnes idées et mise sur une surenchère assez jouissive, mélangeant les genres (Jaws & Le Voyeur pour résumer) sans perdre de vue son efficacité qui va croissante à mesure que la détermination et l'inventivité du jeune et beau couple à naître se heurtent à l'inéluctable, la fatalité incarnée par le serial fisher killer ...
Ce qui laisse un peu sur sa faim c'est la légèreté de l'ensemble (un film sans enjeu profond, ni sur le plan esthétique ni sur le plan narratif) qui en reste au divertissement un peu vain.
Par ailleurs, je pense que le film aurait nettement gagné à développer un personnage de tueur en série plus complexe, plus ambigu. En l'état, il s'apparente plus à une personnification de la mort un peu light... Le fait d'en faire par exemple un ex-mari congédié (plus jeune, séduisant, en apparence le mec parfait) devenu cinglé de jalousie (ne supportant pas d'être rejeté) et recréant malgré lui avec l'irruption du personnage de l'amant d'un soir le fameux triangle amoureux létal où tout part en sucette aurait certainement ajouté un "sous-texte" sociétal forcément intéressant. En l'état il est un Dexter du mal pas très fûté malgré ce qu'il en dit et triant ses cassettes video comme un gros teubê... C'est d'ailleurs pas très sympa pour les pêcheurs du monde entier qui pourront légitimement se sentir montrés du doigt (comme celui qu'elle dévore goulument pour échapper à l'étreinte des menottes).
mardi 31 mars 2026
Présence (2024)
C'est ce qui m'a mis la puce à l'oreille... Cette impuissance ressentie du spectateur qu'il partage avec le personnage de Chloé soulève une question : comment sortir du voyeurisme abêtissant d'une séquence insoutenable come celle du viol d'Irréversible par exemple ? C'est comme si Soderbergh avait intelligemment trouvé la réponse... La caméra subjective peut devenir le regard d'un être invisible posé sur le monde du film et qui devient un point de vue secourable au vrai sens du terme, parce qu'en capacité d'agir.
Etonnant Soderbergh qui parvient encore et toujours son tour de magicien l'air de ne pas y toucher. Il m'épate parce qu'il parvient à renouveler un genre (le film de maison hantée ou de fantômes) sans crier gare. Il invente le film de fantôme où le fantôme vient soudain du futur (révélation géniale de la toute fin), fendant les contraintes éternelles de l'espace-temps et renouvelant brutalement les codes de ce genre où le passé traditionnellement venait hanter le présent. Rien que cette seule idée est fabuleuse et méritait un film !
Il est par ailleurs question ici d'un "tueur en série" à la gueule d'ange, insoupçonnable, à qui on donnerait le bon dieu sans confession. Et le film évoque la façon dont le mystère de l'au-delà peut venir à notre secours si l'on veut bien consentir à y croire. En cela, le film dépoussière formellement mais aussi sur le plan de la narration et même sur un plan thématique nombre d'idées reçues sur des genres qui mis bout à bout sous le regard de Soderbergh revivent de façon simple (humble en apparence) et intense pour nous ravir.
Décidément Steven, tu es épatant !


