vendredi 26 juin 2026

Un papillon sur l'épaule (1978)


 La dernière image ? Le dernier plan qui peut rappeler des scènes emblématiques comme ce final mémorable de Collateral au petit matin dans une rame de métro. Un homme est mort parmi nous autres les vivants mais qui le voit ? Qui le sait ? La vie reprend déjà son inlassable cours.

Le film a ceci d'intéressant qu'il semble s'inscrire résolument dans une tradition Kafkaienne et préfigurer aussi le cinéma mental de cinéastes comme David Lynch... Il est ici question d'une terrible méprise sur un certain Fériaud pris dans la nasse d'une affaire d'espionnage cauchemardesque dont il ne ne sortira pas indemne.

La difficulté à regarder le film vient essentiellement d'une mise en scène un peu lourde, empesée. J'ai également été gêné par le jeu de certains acteurs dont (c'est le problème central pour moi) celui de Lino Ventura qui a quelque chose dans le physique et le caractère de trop carré, trop en angles droits, trop limité pour laisser passer le mystère d'une intrigue plutôt cauchemardesque. et les longs dialogues (parfois trop littéraux, explicatifs) n'arrangent rien.

Mais reste un film audacieux pour l'époque probablement visionnaire et précurseur d'un certain cinéma, et qu'il donc utile de voir ou de revoir parce qu'on y trouvera beaucoup d'éléments narratifs familiers pour celles et ceux qui aiment Don Coscarelli, Lucio Fulci ou David Lynch.

jeudi 11 juin 2026

The Anderson tapes. Sidney Lumet (1971)

 

La dernière image ? Tout le jeu sophistiqué de flashes back et flashes forward qui sonnent de façon moderne et laissent imaginer que ce film (mineur à mes yeux) de Lumet a pu inspirer Coppola pour Conversation Secrète et pus tard Soderbergh pour ses Ocean's Eleven etc. voire plus près de nous un Spike Lee pour son Inside Man.

Mais le film pâtit de ce qu'il ne parvient jamais à choisir entre comédie policière, drame social, film d'espionnage, huis clos carcéral, et l'on retient l'épaisseur des dialogues et le côté immobile du dispositif que seuls les allers vers le futur puis les retours vers le passé parvient à rendre un peu digeste. La fin est à l'avenant, ne parvenant pas à nous convaincre de ce que le réalisateur a vraiment voulu raconter. 

Il faut dire pour finir que même le point positif (la modernité du dispositif et du montage) est beaucoup plus impactante et marquante chez John Boorman (revoir Point Blank véritable chef d'oeuvre pour s'en convaincre).

Quant à Lumet, sur le thème du casse, je le trouve beaucoup plus inspiré dans A dog day Afternoon ou 7h58 ce matin là.