La dernière image ? Le final n'est pas sans rappeler la façon dont certains fait divers marquants des 20 dernières années ont pu se terminer - je pense à l'affaire Godard en particulier. Un bateau disparaît sur la ligne d'horizon son occupant avec...
Le film est adapté d'un bouquin dont l'idée de départ est fabuleuse. L'un cherche à venger la mort (injuste) de son fils provoqué par l'autre qui est un lâche. L'un se jure de retrouver l'Autre, le chauffard, et de le faire payer...
Evidemment le sujet devient savoureux lorsque le héros mortifié retrouve sa proie et découvre que le type est pourri jusqu'à la moelle au point que même sa propre famille ne serait pas contre l'idée de le voir disparaître... Qui de mieux d'ailleurs que Jean Yanne pour camper l'ordure ?
Le sujet est en or, on a envie de savoir comment tout cela finira et puis comme souvent avec Chabrol, on sent la facilité prendre le dessus comme pour cette séquence où le héros s'embourbe et rencontre par hasard un gars du coin qui justement a des choses à raconter... Raccourci bien commode et filmé sans autre intention que de passer les plats. Même chose avec l'histoire du calepin sur lequel le héros consigne toutes ses pensées morbides et dont il ne fait pas grand chose pour en cacher l'existence... Pratique pour faire avancer l'intrigue.
Le film a par ailleurs ses longueurs (la voix off en cause ?), il faut notamment le temps que notre héros se fasse "adopter" par la famille et l'entourage du salaud. Puis que le face-à-face puisse subtilement se mettre en place. Mais le climax attendu (comme dans La Piscine ou Plein Soleil sur des thématiques pas si lointaines) n'arrive pas vraiment et le coup de théâtre final, on le voit arriver d'assez loin tout de même...
Un film qui mériterait vraiment son remake de nos jours par un Fincher par exemple. Parce que de cet affrontement (notamment psychologique) peut naître un très très grand film. La tentative de Chabrol malgré de louables intentions a quand même vieilli.

