Ici on est un ton en dessous tout de même. Parce que l'enchaînement infernal à l'oeuvre n'est pas que le produit fatal des obsessions du personnage principal mais s'appuie aussi maladroitement sur des quiproquos dont la pilule passe plus ou moins bien : je pense à cette séquence de l'hôpital où le personnage (géniale interprétation) campé par Robert Pattinson récupère "supposément" son frère sans jamais prendre la moindre précautions d'usage pour s'assurer de son état ou de sa personne... La coïncidence a bon dos puisqu'elle inaugure une nouvelle quête pour de l'argent qui mènera ce nouveau duo de pieds nickelés jusqu'au final dramatique.
Mais qu'à cela ne tienne, le film est une leçon de mise en scène, un puits d'idées inventives, un drame et une comédie et un film noir tout à la fois qui est traversé de moments de poésie parfois macabre (cette fameuse nuit à la fête foraine ou le final dans l'appartement cossu du gardien de nuit).
On pense à Cassavetes et aussi bien sûr à After Hours mais aussi au Denis Johnson de Jesus Son. C'est au final réjouissant malgré les quelques faiblesses et facilités scénaristiques évoquées plus haut : Uncut Gems reste à mes yeux beaucoup plus abouti et Marty Supreme très en dessous.
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