Comme il est de coutume de s'exprimer de nos jours sur youtube, Source Code brought me here. Ayant découvert ce vrai faux blockbuster qui derrière ses artifices et passages obligés dégouline de belle humanité, je me suis mis en quête d'en savoir plus sur cet énigmatique Duncan Jones.
D'abord, il est à noter qu'être le rejeton de David Bowie fait de vous (à l'instar des conducteurs de twingo de la pub) forcément quelqu'un de bien et d'aimable. Je suis parti avec de bonnes intentions.
Ce Moon a d'ailleurs une histoire singulière puisqu'il sort en 2009 sans passer par la case salle. Un "direct to video" qui de fait le handicape. Je suis d'ailleurs complètement passé à travers...
Et pourtant, venant de le dévorer, je le recommande chaleureusement. D'abord et c'est pour moi une évidence un film raté comme Mickey 17 lui a allègrement pompé toute la sève... Or Moon est beaucoup plus intelligent, complexe, et à fois limpide que son successeur sur une thématique très proche.
Toute sa force lui vient d'abord de l'écriture. Brillante. On commence dans l'exercice de style parfait où les références sont limpides (2001 A space Odissey). Il y a cet homme qui souffre manifestement de solitude et cet ordinateur (compagnon de route divinement incarné par la voix de Kevin Spacey). Puis lentement le film dévie de sa trajectoire, les apparences deviennent trompeuses et ce qu'on interprète comme étant des visions cauchemardesques se révèlent être les angles morts mais bien réels de la vie de notre héros sur la Lune... Ce qui permet au passage à l'acteur principal de livrer une prestation de très haut vol. Ce qui permet aussi de tirer le maximum d'un budget qu'on sent limité.
Toutes ces trouvailles scénaristiques, toute cette intelligence, toute cette exigence, font que le spectateur ne peut que s'attacher au destin de ce travailleur "dans la Lune". Le film peut ainsi passer un message bien senti sur le monde tel qu'il va, exploitation sans limites des ressources sur terre puis ailleurs, exploitation (qui va de pair) du prolétaire surgi de la cuisse de son prédécesseur, devenu entité interchangeable à l'infini, jusqu'à ce qu'une étincelle de dignité humaine remonte jusqu'au bord de nos lèvres et nous fasse dire STOP !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire