mercredi 5 août 2026

Source code (2011)

La dernière image ? Je confesse ici m'être fait cueillir par cet épilogue qui est d'une intelligence et d'une poésie appréciable. Car derrière le fil calibré, sorte de blockbuster entre Minority Report et Un jour sans fin, l'on sent un petit coeur qui bat et le désir chez ce réalisateur de créer l'émotion, le trouble, et c'est qu'il y parvient pardi...

C'est vrai que le début sonne comme du déjà vu, on retrouve cette fameuse idée du j'y retourne encore et encore pour trouver un coupable et sans pouvoir empêcher l'inéluctable de se produire au moins d'être en capacité d'empêcher le nuisible de nuire davantage.

Alors, il y a des lourdeurs, des facilités propres à ce genre de films où l'on doit comme dans les montagnes russes passer d'émotions fortes en émotions fortes, de joies en déceptions avant de voir débouler l'épilogue, souvent factice. Et bien ici pas du tout, l'émotion perce et l'on repart avec le sentiment d'avoir vécu cette aventure aux côtés des personnages principaux. C'est pour ce final déchirant et profond que le film vaut le détour. 

mardi 4 août 2026

28 ans plus tard. Le temple des morts (2026)

 


La dernière image ? j'ai été touché par tous ces petits moments de poésie qui viennent accompagner l'éveil de l'"Alpha" tout en délicatesse à son passé, à ses souvenirs, au vocabulaire, à des idées et valeurs nobles... J'ai également beaucoup aimé ce concert de Metal qui n'est pas sans rappeler des moments marquants de l'oeuvre de George Miller (les acrobates guitaristes ascensionnels de Mad Max Fury Road). Le film ne manque pas de moments forts  comme ces deux-là en particulier.

Danny Boyle est donc fidèle à ce qu'il nous a habitué venant de sa personne... Imprévisible, inégal, capable du meilleur (ici) comme du pire (l'opus d'avant). Sont convoqués dans le désordre les fantômes d'Orange Mécanique ou du Village des damnés, et l'on finit par "entrer" enfin dans cette histoire qui se déroule 28 ans plus tard... L'attente valait le coup. Beaucoup d'incongruités de l'épisode d'avant trouvent ici une réponse assez limpide... L'on comprend que de l'abject peut renaître un peu d'humanité pendant que l'homme s'est corrompu dans le mal absolu à l'image de ces vilaines têtes blondes (on pense un temps à Charles Manson et sa clique), enfants soldats qui tuent pour le plaisir sous le bas patronage d'un gourou maléfique...

Ca m'a réconcilié avec la franchise et m'a donné envie de voir la suite.

Primate (2025)

 

La dernière image ? Franchement aucune? Je déconseille fortement. Une arnaque de haute volée. D'abord le film a à peu près tout piqué à Link en croisant son intrigue avec celle de Cujo (merci les années 80).

 Or Link et Cujo sont deux séries B fantastiques (Richard Franklin comme Lewis Teague sont tous deux de sacrés réalisateurs). Pas de fonds verts à l'époque, pas d'effets spéciaux pour feignants et forcément Link comme Cujo marquent durablement les esprits.

Par ailleurs dans les deux films cités, les personnages principaux sont intéressants et l'intrigue brillamment troussée... Ici dans Primate, les personnages sont aussi transparents que les rebondissements de l'intrigue sont hasardeux... La preuve qu'un certain cinéma est en pleine déliquescence.

lundi 3 août 2026

Running Man (2025)

 

La dernière image ? Tout ce qui "porte" c'est ce qui faisait le sel du Prix du danger ou du premier Opus (déjà bancal) avec Schwarzy à savoir toute la partie plateau TV et exploitation en direct de la pauvreté pour nourrir des nouveau jeux du cirque où l'audimat à tout prix demeure la seule règle qui vaille.

Mais je crois que même le film d'Yves Boisset (pourtant raté) était plus intéressant que ce navet qui dès lors qu'il nous emmène dans un avion se perd complètement.

Ce qui n'arrange rien est cet acteur qui en fait des caisses et des caisses... Insupportablement mauvais.

samedi 1 août 2026

The Rocky Horror Picture Show (1975)

 

La dernière image ? Hier soir, Studio Galande avec ma fille chérie de 16 ans. J'ai dû le découvrir dans cette même salle à peu près à la même époque de ma vie.

Dieu que l'esprit a changé tout de même... Je me souvenais de passionnés qui faisaient la part belle au film qu'on dévorait vraiment sur l'écran avec quelques péripéties et facéties venues de l'espace étroit entre l'écran et le premier rang... Riz, eau, interactions touchantes avec le film...

Désormais (enfin hier soir disons), le son du film est si bas, la "troupe" est tellement installée devant l'écran - sur une estrade - qu'on ne voit plus du tout le film mais l'on assiste à un spectacle pas vraiment drôle, très scatologique, pipi ,caca, b... et c... qui donne le sentiment que le film n'est plus du tout respecté pour ce qu'il est... Etrange sentiment d'assister à un glissement, un dévoiement... Du coup j'ai encouragé ma fille à le revoir à la télé. C'est quand même dommage. Le film est toujours sur l'écran mais le spectacle autour a changé d'âme.

vendredi 26 juin 2026

Un papillon sur l'épaule (1978)


 La dernière image ? Le dernier plan qui peut rappeler des scènes emblématiques comme ce final mémorable de Collateral au petit matin dans une rame de métro. Un homme est mort parmi nous autres les vivants mais qui le voit ? Qui le sait ? La vie reprend déjà son inlassable cours.

Le film a ceci d'intéressant qu'il semble s'inscrire résolument dans une tradition Kafkaienne et préfigurer aussi le cinéma mental de cinéastes comme David Lynch... Il est ici question d'une terrible méprise sur un certain Fériaud pris dans la nasse d'une affaire d'espionnage cauchemardesque dont il ne ne sortira pas indemne.

La difficulté à regarder le film vient essentiellement d'une mise en scène un peu lourde, empesée. J'ai également été gêné par le jeu de certains acteurs dont (c'est le problème central pour moi) celui de Lino Ventura qui a quelque chose dans le physique et le caractère de trop carré, trop en angles droits, trop limité pour laisser passer le mystère d'une intrigue plutôt cauchemardesque. et les longs dialogues (parfois trop littéraux, explicatifs) n'arrangent rien.

Mais reste un film audacieux pour l'époque probablement visionnaire et précurseur d'un certain cinéma, et qu'il donc utile de voir ou de revoir parce qu'on y trouvera beaucoup d'éléments narratifs familiers pour celles et ceux qui aiment Don Coscarelli, Lucio Fulci ou David Lynch.

jeudi 11 juin 2026

The Anderson tapes. Sidney Lumet (1971)

 

La dernière image ? Tout le jeu sophistiqué de flashes back et flashes forward qui sonnent de façon moderne et laissent imaginer que ce film (mineur à mes yeux) de Lumet a pu inspirer Coppola pour Conversation Secrète et pus tard Soderbergh pour ses Ocean's Eleven etc. voire plus près de nous un Spike Lee pour son Inside Man.

Mais le film pâtit de ce qu'il ne parvient jamais à choisir entre comédie policière, drame social, film d'espionnage, huis clos carcéral, et l'on retient l'épaisseur des dialogues et le côté immobile du dispositif que seuls les allers vers le futur puis les retours vers le passé parvient à rendre un peu digeste. La fin est à l'avenant, ne parvenant pas à nous convaincre de ce que le réalisateur a vraiment voulu raconter. 

Il faut dire pour finir que même le point positif (la modernité du dispositif et du montage) est beaucoup plus impactante et marquante chez John Boorman (revoir Point Blank véritable chef d'oeuvre pour s'en convaincre).

Quant à Lumet, sur le thème du casse, je le trouve beaucoup plus inspiré dans A dog day Afternoon ou 7h58 ce matin là.

dimanche 10 mai 2026

Les Maudites (2024)

 

Dario Argento, David Lynch, John Carpenter, Don Coscarelli, Richard Donner... J'adore ressentir des influences quand elles n'occultent pas la personnalité de l'auteur. Or c'est précisément ce que l'on ressent ici avec ce Pedro Martin-Calero qui semble s'inscrire dans la grande tradition des surdoués de la Péninsule Ibérique (d'Amenabar, de De La Iglesia en leur temps respectifs).

Ce qui me marque avec Les Maudites c'est d'abord de ressentir que la mise en scène est un langage à part entière. Un mode d'expression que le réalisateur maîtrise d'évidence, parvenant ainsi à créer le climat d'épouvante espéré tout en mettant (et c'est la deuxième bonne surprise) un point d'honneur à créer des personnages assez complexes, qui existent chacune à leur façon et permettent à l'histoire de se déployer dans une veine pas seulement horrifique mais résolument dramatique (tout partirait d'une malédiction "familiale").

C'est d'ailleurs l'originalité de l'entreprise qui cherche à faire son lit dans une veine presqu'intimiste par moments, allant même jusqu'à réserver de folles surprises : la mort brutale d'un des personnages principaux (à  la façon d'un Friedkin dans Police Fédérale Los Angeles) parmi d'autres victimes collatérales de ce fléau intergénérationnel. 

Le jeu sur les langues et nationalités créent également un patchwork assez moderne qui peut rappeler les incursions "Gordardiennes" de la Nouvelle Vague (la langue comme décalage entre les deux sexes dans A bout de souffle). Cela permet de renforcer cette idée qu'on n'échappe pas facilement à son destin où qu'on soit allé chercher une paix toujours illusoire...     

Reste ce que j'ai beaucoup moins aimé : le chapitrage un peu trop artificiel qui peut donner le sentiment que le real avait 3 "sujets" de courts ou moyens métrages qu'il a finalement tricoté pour en faire ce long pour finir un chouia bancal. Trop de sauts dans le temps et dans la géographie peuvent finir par créer chez le spectateur l'impression que le résultat se gonfle à l'hélium scénaristique d'une entreprise de synthèse pour répondre à la question fatidique : comment créer du lien entre trois personnages féminins qui n'en ont en apparence aucun ?

mercredi 6 mai 2026

The Ugly Stepsister (2025)

 

La dernière image ? Le délicieux coup de hachoir sur un bout de pied histoire de "rentrer" dans une pantoufle de verre/vair comme on essaye de rentrer dans un vieux pantalon après la prise de poids fatale... Idée fantastique,  surpuissante réflexion sur les standards d'une époque, la dictature du regard sur les corps féminins, la pensée corsetée qui dit comment réfréner la toute puissante féminité...

Ce film est un vrai cadeau. D'abord on y sent un appétit vorace pour imprimer sa marque jusque dans la mise en scène (le formidable plan séquence du début sur un table généreusement garnie), jusque dans le grain de l'image, jusque dans la musique électro anachronique, tout ces éléments additionnés venant déjà par la forme revisiter de fond en comble et avec brio le conte de Cendrillon.

D'ailleurs, je le dis tout de go : si on vous avait dit que ce film était le dernier opus de Sofia Coppola, on aurait crié à coup sûr au chef d'oeuvre et probablement qu'il aurait raflé toutes les récompenses à travers le monde. Mais voilà, c'est un premier film, et le milieu du cinéma est ainsi fait qu'on se méfie toujours des nouvelles têtes, des nouveaux venus...

Or tout est ici précieux, formidable, depuis la mort brutale du père dont le corps pourrit dans un sous-sol jusqu'à ces premières séances de chirurgie esthétique qui marquent durablement les esprits (comme le feront plus tard les séquences du ver solitaire ou de la pantoufle). Tout est fabuleusement amené et l'on souffre avec cette jeune femme dont les rêves sont restés coincés entre les pages des contes qui la bercent d'illusions...

On s'attend à une fin terrible et c'est pourtant une note légère, enlevée, qui nous accompagne au sortir du film dans le sillage des deux soeurs ragaillardies, réconciliées, reparties ensemble à l'assaut d'un nouveau destin, loin de leur mère castratrice et nauséabonde.

Cette jeune réalisatrice est assurément à suivre de très près dans les années qui viennent. Son premier film est un "petit chef d'oeuvre" comme on dit.

mardi 5 mai 2026

Indomptables (2025)


 La dernière image ? Quelques séquences frappent en plein coeur, surtout lorsqu'il est question de la vie de famille de cet homme que l'on sent droit (ses fameux "salue-moi" dans la sphère privée ou professionnelle) mais qui comme tous ces hommes trop honnêtes finit écrabouillé, soit en privé par ses enfants qui lui font payer ses largesses, ses absences, soit à la ville où l'on sent bien que sa seule bonne volonté, face aux manques de moyens, ne fait pas le poids. Un beau titre aurait d'ailleurs été Regarde les hommes tomber, mais il était déjà pris ;)  

Les séquences avec sa femme, la mater (une tante ?) ou la vendeuse Bassa lors de cette dégustation de beignets haricots sont également très touchants parce qu'il y a ici une vérité que Thomas Ngijol est allé chercher entre deux délestages aux quatre coins de la ville des 7 collines. Et j'oublie le plus important, l'acteur : un acteur fantastique (une révélation dans un rôle dramatique) qui fait vivre intensément le commissaire Bilong. Et confère au film sa mélancolie larvée, son humanité blessée. On sent que le film entend rendre hommage à l'homme de devoir, qui s'éteint un beau jour sans crier gare, sans faire de bruit, mais dont la vertu éclabousse (toujours après eux) celles et ceux qui l'ont côtoyé. A la fin, on se dit même qu'on aimerait connaître ce Commissaire Bilong.

Franchement, le cinéma attendait enfin une incursion sur la terre de nos ancêtres comme celle que réussit Thomas Ngijol avec Indomptables. C'est une réussite quasi totale. Je suis simplement réservé sur le dénouement autour de ce terrain de foot. Je trouve que la force du film (dont on ne sait pas vraiment où il nous conduit) aurait mérité un final plus puissant.. Mais reste un film très fort qui choisit justement (ça se respecte) le retour aux banalités du quotidien, à la glace qu'on a attendu toute la semaine d'aller acheter avec papa une fois l'entraînement de foot terminé...

vendredi 1 mai 2026

Pris au piège (2025)


La dernière image ? Globalement le décor, un Brooklyn (du côté de Brighton Beach dirait-on parfois comme à l'époque de Requiem for a Dream) fantasmé de la jonction des années 90 et 2000 si intelligemment reconstitué. Pas "physiquement" mais en image mentale, dans l'esprit, nous y sommes pleinement.

D'une façon générale, je suis heureux de retrouver Darren Aronofsky à un niveau que je ne lui ai pas connu depuis tellement longtemps. Cette fausse désinvolture, cet univers bigarré, puissamment iconoclaste, se plaçant habilement entre 2 époques créant un décalage qui permet d'entrer plus facilement dans ce monde de film noir mais qui va piocher dans de multiples références : George Miller (Mad MaxRidley Scott (le fameux chat de Ripley). David Lynch ou Robert Aldrich (la clé pour ouvrir quoi au juste ?). On peut penser à En Quatrième vitesse notamment.

Le scénario peut parfois laisser à désirer (pourquoi tenir éloigné du héros et du spectateur la lecture que font les médias de ces tueries à répétition ?) mais il y a de l'intelligence à revendre, à commencer par ces personnages que l'on drape traditionnellement de vertu (femme et afro-américaine souvent cantonnée aux rôles de présidente US) et qui soudain deviennent des "méchants" franchement déments. tout comme les frères jumeaux qui n'ont d'orthodoxe que l'habit...    

Voilà, je retiens donc les références intelligentes, le côté épileptique, la mise en scène inspirée, le sentiment d'assister la renaissance de Darren Aronofsky que j'ai tant aimé dans Pi puis Requiem from a Dream.

mercredi 29 avril 2026

Disco Boy (2023)


La dernière image ? Il y a de fort belles images dans ce film dont on sent que le chef-opérateur comme le réalisateur avaient des ambitions (légitimes) de filmer notamment l'Afrique autrement. 

D'ailleurs la mariage de cette image léchée (souvent moderne) et de nappes électro peut rappeler l'univers d'un Nicolas Winding Refn par exemple mis sans la puissance évocatrice / métaphorique de ce dernier qui reste unique à mes yeux.

Le gros souci dans Disco Boy vient de l'absence têtue d'un scénario, d'une colonne vertébrale pour faire tenir debout sa carcasse.

On a le sentiment de traverser une ville fantôme comme Daisy Town, peuplée de personnages "cartes postales", sans épaisseur, presqu'interchangeables...  

Ce qui fait que toute les références convoquées apparaissent comme pauvres et vidées de leur substance : dans le désordre, Apocalypse Now, Predator, Platoon, Full Metal Jacket ...

Cette absence de fonds au profit d'une forme sans grand intérêt finit par donner le sentiment que le réalisateur est allé piocher ses envies dans une imagerie post-coloniale de bas étage. Je pense notamment aux séquences de danse tribale autour d'un feu dans une jungle où des personnages "ne seraient pas assez entrés dans l'Histoire" pour reprendre le mot atroce d'un président français de triste mémoire....

je reconnais qu'il y a ici de vraies ambitions en terme de mise en scène il est vrai mais je garde l'impression têtue d'avoir vu un clip video d'1h30.