Dario Argento, David Lynch, John Carpenter, Don Coscarelli, Richard Donner... J'adore ressentir des influences quand elles n'occultent pas la personnalité de l'auteur. Or c'est précisément ce que l'on ressent ici avec ce Pedro Martin-Calero qui semble s'inscrire dans la grande tradition des surdoués de la Péninsule Ibérique (d'Amenabar, de De La Iglesia en leur temps respectifs).
Ce qui me marque avec Les Maudites c'est d'abord de ressentir que la mise en scène est un langage à part entière. Un mode d'expression que le réalisateur maîtrise d'évidence, parvenant ainsi à créer le climat d'épouvante espéré tout en mettant (et c'est la deuxième bonne surprise) un point d'honneur à créer des personnages assez complexes, qui existent chacune à leur façon et permettent à l'histoire de se déployer dans une veine pas seulement horrifique mais résolument dramatique (tout partirait d'une malédiction "familiale").
C'est d'ailleurs l'originalité de l'entreprise qui cherche à faire son lit dans une veine presqu'intimiste par moments, allant même jusqu'à réserver de folles surprises : la mort brutale d'un des personnages principaux (à la façon d'un Friedkin dans Police Fédérale Los Angeles) parmi d'autres victimes collatérales de ce fléau intergénérationnel.
Le jeu sur les langues et nationalités créent également un patchwork assez moderne qui peut rappeler les incursions "Gordardiennes" de la Nouvelle Vague (la langue comme décalage entre les deux sexes dans A bout de souffle). Cela permet de renforcer cette idée qu'on n'échappe pas facilement à son destin où qu'on soit allé chercher une paix toujours illusoire...
Reste ce que j'ai beaucoup moins aimé : le chapitrage un peu trop artificiel qui peut donner le sentiment que le real avait 3 "sujets" de courts ou moyens métrages qu'il a finalement tricoté pour en faire ce long pour finir un chouia bancal. Trop de sauts dans le temps et dans la géographie peuvent finir par créer chez le spectateur l'impression que le résultat se gonfle à l'hélium scénaristique d'une entreprise de synthèse pour répondre à la question fatidique : comment créer du lien entre trois personnages féminins qui n'en ont en apparence aucun ?
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