La dernière image ? Quelques séquences frappent en plein coeur, surtout lorsqu'il est question de la vie de famille de cet homme que l'on sent droit (ses fameux "salue-moi" dans la sphère privée ou professionnelle) mais qui comme tous ces hommes trop honnêtes finit écrabouillé, soit en privé par ses enfants qui lui font payer ses largesses, ses absences, soit à la ville où l'on sent bien que sa seule bonne volonté, face aux manques de moyens, ne fait pas le poids. Un beau titre aurait d'ailleurs été Regarde les hommes tomber, mais il était déjà pris ;)
Les séquences avec sa femme, la mater (une tante ?) ou la vendeuse Bassa lors de cette dégustation de beignets haricots sont également très touchants parce qu'il y a ici une vérité que Thomas Ngijol est allé chercher entre deux délestages aux quatre coins de la ville des 7 collines. Et j'oublie le plus important, l'acteur : un acteur fantastique (une révélation dans un rôle dramatique) qui fait vivre intensément le commissaire Bilong. Et confère au film sa mélancolie larvée, son humanité blessée. On sent que le film entend rendre hommage à l'homme de devoir, qui s'éteint un beau jour sans crier gare, sans faire de bruit, mais dont la vertu éclabousse (toujours après eux) celles et ceux qui l'ont côtoyé. A la fin, on se dit même qu'on aimerait connaître ce Commissaire Bilong.
Franchement, le cinéma attendait enfin une incursion sur la terre de nos ancêtres comme celle que réussit Thomas Ngijol avec Indomptables. C'est une réussite quasi totale. Je suis simplement réservé sur le dénouement autour de ce terrain de foot. Je trouve que la force du film (dont on ne sait pas vraiment où il nous conduit) aurait mérité un final plus puissant.. Mais reste un film très fort qui choisit justement (ça se respecte) le retour aux banalités du quotidien, à la glace qu'on a attendu toute la semaine d'aller acheter avec papa une fois l'entraînement de foot terminé...
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