samedi 14 mars 2026

Une bataille après l'autre (2025)


La dernière image ? Le regard de Leonardo Di Caprio dans cette supérette où le personnage incarné par Sean Penn lui confie son goût pour les femmes noires. Ce regard n'a pas de prix et prouve s'il en était besoin que voilà bien ce qu'est un acteur hors catégorie.

Le film, on m'en a vanté le génie encore et encore, j'étais donc un peu conditionné probablement. J'ai beaucoup aimé l'ambition, le tragi-comique, la mise en scène enlevée, le jeu de Di Caprio essentiellement mais j'ai personnellement des petites choses à redire ici et là. 

Pour commencer j'adore les ressorts comiques et le fait d'ancrer le héros dans un personnage à la Big Lebowski qui le cerveau bouffé par trop de fumette fait que la mémoire lui joue des tours lorsqu'il est question de sauver ses petites fesses... Toute cette dimension est magnifiée par un acteur dément qui trouve là un de ses plus grands rôles (je mets Catch me if you can dans le trio de tête).

Pour rester sur la dimension satirique, je trouve tout de même dommage qu'autant d'importance ait été dévolue au perso de Sean Penn. Je trouve (c'est mon avis) que ce dernier en fait vraiment des caisses. Déjà dans Mystic River, c'était celui qui m'en avait gâché le plaisir (dans un autre registre, mélodramatique, qui lui allait d'ailleurs mieux). Ici il en fait beaucoup, beaucoup trop. J'encourage  à aller revoir Peter Sellers ou George Sanders dans Doctor Strangelove pour apprécier ce qu'un génie comique peut apporter à un tel rôle pour faire rire jaune tout en refilant des sueurs froides au spectateur... Ici le perso est tellement caricatural, à ce point Dumber (même pas Dumb) qu'on finit par en être gêné pour lui et ne même plus être effaré par l'horreur abjecte qui défile tranquillement sous nos yeux. C'est vraiment dommage...

Par ailleurs, le personnage de la fille manque de quelque chose. On ne la connaît pas assez bien pour apprécier les décisions radicales qu'elle va prendre au cours du film. Et c'est un des points faibles à mon sens : on passe trop vite de sa naissance à son cursus impeccable l'année de ses 16 ans. Ces 16 années là manquent pour comprendre bien de choses. Parce qu'en l'état le raccourci qui mène de ses bonnes notes à l'école jusqu'à son entraînement derrière un couvent pour s'entraîner à la kalach sur des pastèques, n'apparaît utile que pour rendre crédible la scène où elle sait se servir d'un pistolet pour dézinguer le tueur à gages.

Dernière réserve : la thèse reste gentiment flatteuse pour l'extrême gauche qui fait des victimes accidentelles la larme à l'oeil (le vigile dans la banque) avec une morale plutôt "good guy" à son égard quand l'extrême droite renvoie (efficacement) à l'administration Trump et sa clique de demeurés en charge. Mais je pense que le portrait aurait gagné a être plus nuancé côté extrême gauche. Pas sûr qu'on soit en présence de gentils pieds nickelés, idéalistes, maladroits, égoïstes parfois mais portés par de nobles idéaux. Pas si sûr. 

Mais le film reste un film d'action mâtiné de comédie efficace et surtout porté par un acteur en état de grâce.

            

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