vendredi 8 août 2025

Smile 2


La dernière image ? Cette toute première séquence plutôt bien troussée et à vrai dire efficace en parvenant à mêler matière horrifique (le discours délirant de l'assaillant) et film de gangsters.

Pour le reste, le film avait fait l'objet de bonnes critiques mais ça reste un pétard mouillé pour moi... D'abord c'est vraiment dégueu (surenchère de trucs crados pas très utiles) et puis ça fonctionne à l'ancienne avec du jumpscare dans tous les sens et sans aucune finesse. Car jouant toujours sur la confusion réalité / illusion créée par la fameuse "entité" dont on ne sait absolument que dalle au passage... Bref on reste avec une impression d'archi déjà vu et saoulé par l'absence totale de réalisme : je pense à toute la fin depuis la mort de la mère jusqu'à dénouement pathétique (ah ben oui je vais rejoindre un mec dans un lieu abandonné pour me laisser zigouiller avec la promesse de me ramener à la vie 9 minutes plus tard). On n'y croit pas une demi seconde.

Reste la jolie idée de centrer l'histoire et l'horreur sur les démons (drogue, douleur, deuil) d'une starlette qui essaye de se remettre d'un drame après un accident de voiture entre mère envahissante, séances photos, répétition exigeante et rencontre avec les fans... C'est pas mal vu mais c'est trop peu.       

mardi 5 août 2025

Companion


La dernière image ? Ce dernier plan qui dit tout. Elle est libre au volant de sa décapotable. On devine sa main de fer dans un gant de velours. La musique des Bee Gees vient subtilement accompagner ce délicieux dénouement. Et l'espace d'un instant elle n'est plus ce robot servile mais une femme libérée. C'était pas si facile peut-on en conclure avec un sourire... Dernier plan qui brouille d'ailleurs intelligemment les pistes sur le genre de Companion. Film de SF ? Comédie parodique ? Comédie romantique ? Film d'horreur ? Thriller ? Film noir ? Et bien c'est un peu tout cela à la fois... Une gageure que d'arriver à exister en flirtant avec tous ces genre sans se casser la gueule.

Bon je dis cela, le film est quand même bancal par moments et pour cause : d'abord faut reconnaître qu'on voit venir de très loin ce premier moment clé de la révélation qu'elle est un robot. Pétard mouillé disons. Ensuite toute la séquence qui prépare son évasion lorsqu'elle est attachée à une chaise est trop longuette et bavarde. On ne croit pas à cette volonté du héros de faire durer le plaisir de laisser à son robot sa conscience. On comprend bien que c'est la fenêtre idéale dans le scénario pour qu'elle parvienne à s'échapper... Bof bof. Comme on ne croit pas trop aux réminiscences de l'autre robot même après voir été "rebooté". Là encore on comprend le message (il ne peut pas complètement oublier sa première histoire d'amour) mais dans l'intrigue la ficelle paraît trop grosse pour faire avancer vers le dénouement...  

En revanche, le film est vraiment intéressant et audacieux (même attachant) parce que d'abord il ne manque pas d'humour (plein de moments vraiment drôles) et qu'ensuite il réserve habilement son lot de rebondissements tout en étant finalement plus profond dans la réflexion qu'il propose qu'il n'y paraît. A commencer par une réussite dans l'abord d'un film sur "les robots" en mêlant ce fonds SF à une intrigue de film noir. A vrai dire, le positif l'emporte finalement sur les réserves ou défauts identifiés parce qu'au final nous avons là une petite série B imaginative qui renouvelle habilement de nombreux genres tout en apportant une réflexion bien sentie sur le concept de femme-objet. Que demande le peuple ?

lundi 4 août 2025

Only the river flows


La dernière image ? C'est plutôt l'atmosphère du film en général qui m'accroche, poisseuse à souhait, ainsi que la mise en scène soignée, précise, souvent inspirée, qui parvient à recréer une sorte de Memories of murder dans les années 90 quelque part en Chine.

J'aime notamment toute la première partie, ce début d'enquête au bord d'une rivière, ces témoins qui deviennent suspects, ces pistes qui deviennent de fausses pistes pour redevenir tangibles après le suicide d'un personnage-clé.

Mais il est regrettable qu'après avoir été dans plusieurs directions (toutes intéressantes, avec une dimension très Hercule Poirot version David Suchet lors des interrogatoires et des témoignages qui se succèdent et se répondent), on en revienne finalement à ce personnage de fou qui serait in fine le catalyseur de tous les drames... La façon dont s'ajoute à cette simplification voulue de l'intrigue des rêveries cauchemardesques du personnages principal ainsi que la décision au sein de son couple d'avoir un enfant (qui risque de venir au monde avec un handicap) finit comme ce plan final qui sent l'esbrouffe par décevoir et nous tenir éloigné du film.

Avec le recul, l'intrigue aurait  mérité d'être plus fouillée avec une vraie révélation (puissante ou déconcertante) sur les raisons du meurtre initial et celles des morts qui suivront... Dommage mais pour l'ambiance, cette reconstitution des années 90 et la force indéniable de la mise en scène, le film vaut le détour.

samedi 2 août 2025

Emilia Perez

La dernière image ? J'adore le moment délicat en plein échange de coups de feu où Emilia chante à son ex femme (derrière un canapé) les moments émouvants de leur passé... C'est très touchant. Le prolongement de ce moment avec la marche en pleine lumière d'aficionados d'Emilia devenue une Sainte presque malgré elle fait également mouche.

Mais le problème d'Emilia Perez vient avant et commence pour moi dès l'entame... 

Il y a d'emblée une difficulté qu'on perçoit à choisir la bonne tonalité entre comédie musicale totale et film noir de facture classique entrecoupé d'envolées musicales et lyriques (opératiques ?). De ce fait, il y a pour moi comme un tâtonnement à l'écran perceptible et qui je crois naît de ce problème de cadre et de cohérence qu'on a du mal à cerner. Se pose aussi dans le prolongement la question de la nature des chansons qui sont souvent chaotiques, glacées, peu aimables. Or j'aurais trouvé plus efficace que pour dissiper la noirceur (infernale) de l'univers les parenthèses musicales soient plutôt vectrices d'émotion, de lumière, d'espoir... Là on est souvent ton sur ton. Noir, c'est noir. Too much indeed.    

Il y a ensuite à mes yeux des manques sur la transition de la première à la seconde partie du film... 4 ans sont passés et soudain naît une envie de retrouver ses enfants. Soit ! Or pendant ces 4 ans en Suisse l'ex femme n'a jamais approché de près ou de loin l'envie d'une autre vie, les esquisses d'un nouveau départ ? Un nouveau compagnon ? Rien de rien. Les enfants sont-ils touchés par ce nouveau déracinement ? D'ailleurs se penche-t-on une seule fois sur la personnalité des enfants ? Pourtant ils sont le moteur de toute la deuxième partie...  On décide pour eux et leur mère que la prochaine destination sera la maison rutilante d'une cousine du papa / ex-mari et puis c'est tout... Un peu rapide tout ça. Pratique pour franchir allègrement la barrière de l'ellipse mais ça manque vraiment de quelque chose, d'enjeux plus profonds notamment s'agissant de l'ex-femme et des 2 enfants qui jusque là n'existent guère. Les enfants ne seront d'ailleurs jamais autre chose que des silhouettes...  C'est bien triste.

Et puis plus généralement je suis gêné aux entournures par cette idée que véhicule le film qu'en devenant une femme, on s'adoucirait soudain... On s'intéresserait d'un coup au destin de ses ex-victimes, à leurs familles etc. Comme si devenir une femme (au-delà de l'idée bien comprise que ce que l'on nous raconte c'est le fait libérateur de devenir enfin soi-même) rendait moins cruel, ouvrait les chakras, redonnait un coeur... Mouais, c'est plutôt limite.

En revanche, la dernière séquence chantée pendant la fusillade est très touchante, la dernière marche dans la rue aussi est très belle.

Mais c'est trop peu ou trop tard me concernant pour emporter le morceau.

J'ajoute pour finir une réflexion plus générale : voilà un pays et une culture qu'Audiard connaît probablement d'assez loin, un genre (la comédie musicale) à laquelle il s'essaye pour la première fois, un sujet (le changement de sexe qui plus est d'un parrain de la pègre) archi singulier... Ca faisait peut-être un peu trop de premières fois, un peu trop d'ambitions additionnées.... Les yeux plus gros que le ventre en d'autres termes.   

vendredi 1 août 2025

La chevauchée de la vengeance (Ride lonesome)

La dernière image ? Et bien précisément ce plan de fin, hallucinant, mémorable, mythique qui fait littéralement sortir le western de ses rails pour imprégner le film d'une aura fantastique, presque surnaturelle. Décidément ce Budd Boeticher est épatant.  

Par ailleurs, ce film est une vraie découverte. Des décors flamboyants, une interprétation puissamment incarnée de tous les acteurs mais surtout des personnages aux psychologies complexes, aux rapports qui ne le sont pas moins. Et la façon dont se dessine le triangle Brigade - Boone - Frank (Lee Van Cleef) rappelle étrangement l'articulation future du Bon, la Brute et le Truand avec le même Lee Van Cleef campant le très méchant et les deux autres qui un coup se menacent, un coup s'enfument, un coup s'entraident... Ce n'est pas un hasard, ce film a éété un influence pour Sergio Leone à coup sûr.

D'ailleurs et c'est ce qu'il faut retenir, l'intrigue à tiroirs (c'est une histoire ou un coup à plusieurs bandes pour le héros meurtri et fou de vengeance) permet d'aboutit à une séquence de fin formidablement audacieuse dans une clairière, moment qui rappellera à beaucoup la fameuse scène iconique de pendaison d'Il était une fois dans l'Ouest. Il n'y a pas de hasard.

Bref, un film aux quelques moments d'anthologie pour ce qui est un immense western à mes yeux.

jeudi 31 juillet 2025

L'Homme de l'Arizona

 

La dernière image ? Ce sont les idées d'Elmore Leonard qui frappent puissamment l'imagination : un enfant qui finit dans un puits (quelle horreur), un homme au visage arraché par un coup de fusil, le dernier méchant n'est d'ailleurs pas en reste puisqu'il y perd la vue... 

Sinon l'Homme de l'Arizona est de facture plutôt classique mais sa force et son originalité vient de ce qu'il emprunte les codes du film noir (enlèvement de la fille d'un riche propriétaire terrien et demande de rançon par les malfrats)  en exploitant habilement le cadre d'un huis-clos à quasi ciel ouvert et les relations ambigües entre les personnages (le jeune marié qui n'aime pas son épouse, le héros qui trouve grâce aux yeux du chef de gang,...).

J'aime d'ailleurs beaucoup toute la séquence d'intro qui rappelle à certains égards la séquence d'intro d'Il était une fois dans 'l'Ouest mais avec une polarité inversée. Sergio Leone reprend l'idée mais dans une tonalité horrifique en prenant le temps de caractériser chaque membre de la famille au moment du repas avant de les faire tous tuer. On retrouve alors la cruauté de the Tall T lorsqu'on évoque l'enfant et son veuf de père au fonds du puits. L'arrivée de la diligence dans le relais peut également rappeler l'arrivée du train dans Il était une fois dans l'ouest avec ces 3 bandits qui attentent leurs proies dans la pénombre.

Possible que ce film ait été une inspiration pour Sergio Leone.

Voilà donc un western qui grâce à l'esprit éclairé d'un Elmore Leonard et malgré une intrigue et un dénouement somme toute classique vient apporter des éléments de narration et de genre (le film noir, le huis-clos) qui pour l'époque revitalisent le western. 

mercredi 30 juillet 2025

Megalopolis

La dernière image ? Franchement je ne sais même pas... J'adore Coppola mais là c'est vrai qu'on le sent en roue libre, sans garde-fou (l'intérêt d'avoir un producteur derrière soi ?).

Le titre du film annonce d'ailleurs le problème : ce sera un film-monde, un film-fleuve, qui entend tout aborder, citer tous les films aimés, s'ancrer dans la mythologie, la ramener ici et maintenant à New-York mais dans un climat d'anticipation... Ou comment accoucher d'un fourre-tout qui ne prend jamais vie  en raison d'un problème central pour moi : les personnages (curieusement) n'existent pas... On ne s'y attache pas, ils n'ont pas de "réalité". Aucun. Ca plombe tout... Fort dommage quand même. 


dimanche 15 juin 2025

Speak no evil


 La dernière image ? J'aime beaucoup toute la mise en place et ce point de départ redoutablement retors. Une rencontre fortuite sur un lieu de vacances. Et le piège qui se tend à l'image de l'atmosphère rapidement irrespirable du film. Ça me donne d'ailleurs envie de découvrir le film dont c'est le remake.

Bon, passée l'installation, de nombreux éléments empêchent tout à fait d'apprécier. D'abord comment voyager avec un enfant à la langue coupée sans qu'il n'essaye de s'échapper ou de communiquer par écrit à la première occasion lorsqu'ils sont en Italie notamment ? En allant aux toilettes ? Puisque lorsqu'ils sont plus tard à la ferme, l'enfant n'a alors de cesse d'essayer de communiquer avec la petite fille. D'ailleurs il pourrait le faire avec des dessins ou du mime à n'importe quel moment dans la chambre la nuit puisqu'ils dorment ensemble... La vraie réaction du couple de meurtrier aurait à cet effet été de laisser la fille dormir avec ses parents pour limiter au max les moments passés avec l'enfant mutilé... Déjà ce point dérange. Le deuxième point est celui du portable. On n'est pas dans les années 80 ou 90. Il est bien question du portable de sa femme lorsque son mari évoque une photo compromettante... Comment ne préviennent-ils personne avant de se rendre chez ces inconnus ? Déjà avant d'y aller par précaution ? Et surtout pendant ou sur la route... Et par les temps qui courent, ne s'assure-t-on pas qu'il y ait une wifi sur place en posant la question ? Comment dès lors les prédateurs (forcément psychotiques et/ou paranos) n'imaginent pas une seconde que les invités auront probablement prévenu des proches de leur séjour en précisant l'adresse et le numéro des hôtes au cas où (dans ces milieux favorisés, on n'est jamais trop prévoyant)... Comment ne pas envisager un tel scénario ? Avec l'accumulation de meurtres dans cette ferme, c'est il me semble bien léger tout ça. On finit par ne pas croire à cette absence de précaution d'usage comme on ne croit guère à la passivité incroyable du couple (lui particulièrement)... C'est donc un thriller somme toute original (même si The Visit a fait tout le boulot avant), qui met souvent mal à l'aise mais un tantinet tout muchissime sur des points classiques de vraisemblance / crédibilité. Perso, j'aurais cherché à développer le thème toujours passionnant du double arroseur arrosé : chaque couple cache des intentions coupables à l'égard de l'autre... Qu'est-ce qui peut en sortir ? Du bon forcément. - × - = +

mercredi 11 juin 2025

The Substance

La dernière image ? La seule qui vaille le détour, qui peut éventuellement faire mouche et arracher un sourire, c'est lorsque la "créature" essaye une boucle d'oreille et s'évalue dans la glace. Oui j'en conviens, c'est fort peu... 

Parce que pour le reste les amis, des nanars j'en ai soupé dans les années 80, mais leur force (involontaire souvent) c'était qu'on avait à faire à des films fauchés, sans véritable ambition artistique, avec parfois même un sens de l'humour maladroit assumé... Mais ils pouvaient susciter une forme de sympathie. 

The Substance ne suscite qu'au mieux de l'effarement au pire du dégoût. Cradingue, sans esprit, sans colonne vertébrale (la même absence que dans le dos des héroïnes). Ce qu'il y a d'incompréhensible avec The Substance, c'est d'ailleurs qu'il ait eu un prix à Cannes. Et du scénario en plus...  C'est ensuite qu'on ait pu laisser aller à un tel naufrage (Y a t-il un producteur à bord ? Un scénariste ?) avec autant de moyens, autant de suffisance (des références à Shining wtf ????), si peu d'humour (à part j'en parlais plus haut la scène de la boucle d'oreille).

Et pour commencer il y a ce postulat de départ auquel on ne croit jamais une demi seconde... Cette ancienne gloire d'Hollywood qui vit seule, ne connaît personne, n'a pas d'agent, pas de parents, elle n'est qu'une affiche sur un panneau 4 par 3... Et tout est à l'avenant : les quelques personnages autour sont tout aussi expédiés... Rien ne tient debout, sauf elle après s'être "break a leg" (humour lourdingue en lien avec un petit mot accompagnant des fleurs)... C'est un des trucs les plus mauvais qu'il m'ait été donné de voir. Pas un dialogue pour venir sauver notre cerveau de ce bain d'ennui... Interminable film qui plus est... On regarde sa montre en permanence... Evidemment rien n'existe, rien n'est crédible et la thèse s'apparente à celle d'un enfant de CE2... Je peux rajeunir youpi mais c'est évidemment pour faire exactement la même chose dans la vie que la vioque étalée dans la Salle de Bains : montrer mes fesses à la téloche. Quel programme ! Ce qu'il manque cruellement à Coralie Fargeat c'est précisément de la substance même un tout petit peu. C''était déjà le gros problème de Revenge en passant. CATASTROPHIQUE ! Un signe des temps...      

mardi 10 juin 2025

Spinners

 

Sacré projet. Bien pensé. Qui peut rappeler la force crue d'une trilogie Pusher comme plongée dans les arcanes de la pègre de Copenhagen. Qu'on aurait croisée avec l'univers de Drive du même Nicolas Winding Refn.

Le premier épisode permet d'aborder toutes les problématiques de cette série : la fatalité d'une d'extraction sociale, le désir de s'en sortir, de se racheter par les voies les plus nobles (sport, compétition...). Et puis ce qui fait le sel de cette série c'est le soin apporté à la mise en scène, à l'arène et au contexte linguistique  faisant la part belle à ces langues qu'elles soient vernaculaires, celle de l'occupant historique, l'afrikaner, ou qu'elle soit l'anglais tout simplement... Belle découverte mais je n'en suis qu'à "épisode 2 !  

dimanche 8 juin 2025

Severance

La dernière image ? j'aime bien ces moments funky qui viennent briser la monotonie de la vie de bureau ; la surboum éclairée par une boule à facettes, la collation etc. Ces moments sont efficaces, très télégéniques. Et ils restent en mémoire. Pas de doute là-dessus.

Franchement, le pitch est arrivé à mes oreilles et je me suis dit "yes ! en voilà un programme alléchant". Et puis je me suis coltiné la saison 1. Et force est de constater que ça ne fonctionne pas 2 secondes. Pour commencer, cette histoire de dissociation promue par une "opération chirurgicale" par définition ultra sensible (le cerveau) laisse imaginer que le consentement ne devrait même pas être une hypothèse dans ce monde dystopique aux allures de dictature déguisée aux mains des multinationales comme LUMON... Quelle idée tout de même de se dire qu'on va accepter de se dissocier en sachant que lorsque tu rentres chez toi le soir avec un gros mal au derrière tu ne peux qu'imaginer ce qui t'arrivé sans vrai recours ? Un truc pour masochiste... Par ailleurs le monde tel que décrit dans les murs de LUMON est bien trop froid, aseptisé, les 4 ou 5 personnage clés trop robotiques / robotisés, leur quête commune arrive de façon peu naturelle, et le postulat de départ de commencer dans LUMON tue dans l'oeuf le projet puisqu'on commence avec des personnages immobiles, sans ressorts, sans sentiments etc... L'identification est rendue impossible. Il aurait fallu commencer par un évènement troublant dans la vie "normale" d'un des personnages (par exemple l'intrusion du collègue échappé de la société et qu'on ne reconnait pas)... C'est ainsi que l'intérêt du spectateur aurait été stimulé.

Je ne développe pas plus en disant qu'une bonne idée de départ sur le papier (cette fameuse dissociation vie pro / vie privée) ne suffit pas. Il aurait fallu passer un peu plus de temps sur la construction d'un univers et de personnages auxquels on ne croit jamais... De caricatures en caricatures, de scènes bavardes en scène bavardes (souvent le signe que l'univers n'arrive pas à exister par lui-même), on aboutit après une saison lente et interminable, sans rythme, à une scène clé où la toute puissante entreprise LUMON sait rentrer comme dans du beurre dans le cerveau de ses salariés mais n'a en revanche rien prévu en cas d'intrusion d'un salarié dans la fameuse des "salle des machines"... Ah si ! Faire intervenir un pauvre chef de service esseulé avec un cutter pour sectionner une petite sangle qui en condamne l'accès... Délirant foutage de gueule !        

samedi 7 juin 2025

Culte (2024)

La dernière image ? J'aime beaucoup les moments où percent l'émotion et la sincérité. Je dois dire que le personnage qui permet cela est incontestablement celui de Loana. Super actrice qui porte à elle tout seule le projet. Chaque fois qu'elle est sur l'écran, elle nous transperce. Bravo à l'équipe de casting qui de la fiction à la réalité a réussi à incarner à l'écran cette candeur, cette innocence bafouée, ce personnage de Cendrillon au nounours qui nous maintient connecté à la série.

Pour le reste, on sent bien une tentative de recréer un petit monde et la façon dont cet ovni est arrivé dans nos vies et d'abord dans celles de petits producteurs véreux, avides d'argent. Mais vraiment, était-il nécessaire de vouloir faire revivre les coulisses d'une entreprise d'un tel cynisme ? On sent dès lors chez les scénaristes une volonté de fictionner malgré tout, de créer des personnages ambigus, attachants, qui vont tout de même intéresser le spectateur que je suis. Ainsi, le personnage de Karim est censé apporter par la fiction de l'humanité, mais sa trajectoire et l'aboutissement d'une forme d'aveuglement culmine dans un ridicule achevé avec cette intervention de la Sécurité lorsqu'il déclare à Loana, comme absent à lui-même "C'est moi"... Pauvre pirouette, philo de comptoir du plus mauvais effet. De même qu'on finit par se dire que ce qu'on a vu là, le temps d'une série, on le savait déjà... Le milieu de la télé n'est pas passionnant, il est nourri par des acteurs (je devrais dire de tristes égos) sans grande envergure, apportant des idées dans le pire des cas nauséabondes, absolument quelconques dans le meilleur des cas , je cite : "Ecoutez, j'ai une idée géniale, on va recréer Hélène et les garçons mais avec des gens de la vraie vie".... Waow, vous avez dit génie ?