lundi 18 août 2025

Marathon man

La dernière image ? Comme pour les très grands films, on pourrait retenir de nombreux moments qui impriment durablement la rétine puis marquent les esprits. J'adore par exemple toute la séquence dans une chambre d'hôtel à Paris : un visage inquiétant apparaît derrière un voilage, le personnage campé par Roy Scheider est "à nu" littéralement face au tueur au regard vide, armé d'un fil de pêche tranchant comme une feuille de boucher. Un autre homme est alors en face au balcon comme au spectacle. Moment d'anthologie (qui en inspirera de nombreux autres, je pense à History of violence de David Cronenberg et sa scène dans un Hamman). Toute la séquence du landau et de la poupée est également puissamment construite. J'adore enfin les notes fantastiques, angoissantes, comme ce moment du ballon de foot qui arrive de nulle part en bas d'un escalier...

On aurait pu aussi retenir la scène de torture dans le cabinet improvisé de dentiste mais elle est plus attendue et souvent citée en exemple.

Au fond Marathon man est un simili James Bond où le héros serait le petit frère prenant le relais après la mort de ce dernier mais lui n'est qu'un étudiant sans grande envergure qui ne rêve de rien d 'autre que de courir le marathon de New-York. Obstinément. C'est d'ailleurs ce qui va lui sauver la vie. Cette endurance.

La construction habile, fragile et précieuse de la première partie du film permet à cet effet de lancer des 3 coins du globe (Paris, Amérique du Sud, Central Park) les toupies furieuses des 3 personnages clés qui seront les moteurs de l'action, destinées à s'entrechoquer tôt ou tard.... Il y a d'abord les retrouvailles entre les 2 frères désunis mais si semblables, si crédibles surtout. Enfin la figure du Marathonien qui soudain sait derrière quoi il court enfin : venger son frère, régler son compte à ce vieux nazillon de Laurence Olivier campant haut la main l'un des plus grands méchants de l'histoire du cinéma. Rien que ça.

Et le film s'achève sur une scène finale brillante, à portée métaphorique très forte, où les diamants éternels des ambitions tristes du Méchant sont passés au crible du tamis de l'existence, du temps qui passe, des comptes qu'il faut solder tôt ou tard avec son passé qui lui n'a de cesse venir et revenir frapper à votre porte, sans ménagement... Comme ces anciens déportés qui au détour d'une rue de Manhattan reconnaissent leur bourreau.

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