La dernière image ? Ce final lumineux, par une journée ensoleillée au volant d'une belle Cadillac. Tout le cinéma de Cimino est peut-être là ! Dans cette relation touchante, fraternelle, presque filiale entre Thunderbolt et Lightfoot. Ce final rappelle d'ailleurs pas mal celui de Macadam Cowboy.
Voilà donc un film et un final qui vivent sous le signe de l'amitié. C'est d'ailleurs ce qu'on retient in fine d'un film comme The Deer Hunter, la même ode à l'amitié et à ce sentiment que plus elle est authentique plus la tristesse qui découlera des séparations, des deuils à faire, sera douloureuse. Et Cimino est peut-être un des cinéastes qui célèbre le mieux cette amitié virile si particulière, si touchante.
A vrai dire, la séquence d'intro (autour de l'église) et toute la première partie du film reprennent les ficelles des films d'action et comédies policières (un peu quelconques) comme on en faisait à l'époque avec courses poursuite, coups de feu, bons mots, dans un esprit très western. Mais cette légèreté revendiquée n'est ici qu'un vernis destiné à sauter à la première occasion pour mieux révéler par contraste la violence, le sordide, quelque chose de beaucoup plus lourd et sourd. Je pense à ce complice jeté comme un vulgaire sac poubelle tombé du camion sur la route en pleine nuit. Je pense au personnage campé par G. Kennedy qui finit "comme un chien" égorgé par un Dobermann. Je pense enfin à la mort déchirante de Lightfoot, l'innocence par excellence, le personnage solaire qui accepte son sort non sans regretter de ne pas avoir pu profiter un peu plus longtemps de ces bons moments aux côtés de Thunderbolt, de la joie aussi d'avoir enfin retrouvé le chemin de cette école, de ce tableau noir, symboliquement de l'enfance, une des portes (secrètes) du Paradis.
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