mercredi 31 décembre 2025

Les lumieres de la ville (1931)


La dernière image ? Cette séquence de fin, l'une des plus belles de toute l'histoire du cinéma. Tout simplement. Déchirante. Femme aveugle qui retrouve la vue, film muet qui est sur le point de devenir parlant... Des changements profonds à l'oeuvre, mais l'essentiel reste invisible pour les yeux.

Tout ce qui vient avant est d'anthologie : le suicide avorté, l'homme riche aussi "aveugle" que la fleuriste lorsqu'il est à jeun, l'ouverture pour l'inauguration d'une statue, évidemment le combat de boxe et puis et puis la rencontre sublime avec la jeune fleuriste.... Le bienfaiteur comme souvent discret, oeuvre dans l'ombre avec amour.

Le karma finit toujours par sourire aux bonnes âmes.

Ainsi va la vie sous les lumières de la grande ville.

Voyage en Italie (1954)


La dernière image ? Ce couple enlacé pour l'éternité dans les laves immobiles de Pompéi.

Je comprends mieux que ce film puisse avoir fortement impressionné la nouvelle vague au point que Le Mépris s'en soit emparé pour devenir la source d'un hommage tout en douceur. 

La vraie vie d'une procession au grand air, Ingrid Bergman au naturel, des lieux magiques traversés et rendus vivants par des guides hauts en couleur. et un message subliminal sur le couple, sa durée de vie. Tout est là.

Oui mais j'en suis ressorti un peu déçu. Peut-être parce que d'autres (Bergman, Cassavetes) ont été beaucoup plus loin dans la dissection des affres de la vie à deux.

Bon mais on sent que ce film a été un tournant, une oeuvre-pivot pour tout une génération qui va éclore début des années 60. Alors rien que pour cela et quelques moments comme celui de la foule qui sépare puis réunit les amoureux dans un mouvement qui les dépasse... L'amour et ses mystères.

mardi 30 décembre 2025

La Charrette fantôme (1921)


La dernière image ? La scène finale est d'une force peu commune, inoubliable. Notamment ce plan sur les 2 enfants qui dorment paisiblement alors que leur mère se prépare au pire et que le père est impuissant à faire quoi que ce soit... Mais je pourrais retenir bien d'autres moments dont celui au fond de l'eau. Le "passeur" vient récupérer l'âme d'un noyé dont le corps gît dans les profondeurs. Prouesse technique et poétique immense. Toute la séquence du cimetière fait également forte impression et peut rappeler le démarrage de Phantasm (Don Coscarelli). Faut-il y voir une citation ?

Je comprends mieux la filiation d'un Shining avec ce film fantastique. Il y va d'abord de toute la séquence d'attaque d'une porte à la hache (même cadre, même rythme, même folie à l'oeuvre). Mais on peut aussi retrouver dans le climat froid et enneigé les mêmes ingrédients du sombre conte de Noël. De même, cette intégration finale de Jack Torrance aux fantômes de l'hôtel capte l'idée même du remplacement d'un damné par un autre aux commandes de la charrette fantôme dans un cas, de l'overlook Hostel dans l'autre.

Le travail sur l'image, les effets spéciaux en transparence, tout force vraiment l'admiration d'un film qui date pourtant de 1921. Dingue !

Mais par-dessus tout, je suis impressionné par la construction en flash-backs successifs, une architecture d'une modernité folle qui mène élégamment, inexorablement à ce moment qui vous arrache le coeur... La jeune femme en train de mourir dévoile pour la première fois des sentiments forts à l'égard de cet homme (Holm) qui l'a tant faite souffrir, qui se révèle même être la cause de sa maladie mortelle... Déchirant moment.

Heureusement, la rédemption est toujours possible, de son vivant ou pas... Il suffit de le vouloir ou simplement d'ouvrir les yeux et son coeur. Cette séquence finale est fantastique à cet égard. Elle confirme que ce film est aussi un film sur le rêve et la façon dont il conditionne nos choix de vie. 

Difficile d'ailleurs de ne pas trouver une parenté très forte avec La Vie est belle qui se serait inspirée du Chant de Noël de Charles Dickens. Même principe vital déployé dans le film de Sjöström mais avec une dimension beaucoup plus fantastique, sombre et mortifère.

Bref, un film de chevet qu'il faut voir et revoir parce qu'il est le papa de toute une veine de cinéma à la fois réaliste et fantastique sur le déterminisme, la rédemption,  la mort, l'amour. Et un peu aussi le rêve... Celui qui façonne nos vies.


Les Temps modernes (1936)


La dernière image ? Charlot et son amoureuse s'éloignent enfin dans le couchant. Ils n'ont pas grand chose ces deux tourtereaux mais au moins ils ont l'amour. Et pincement au coeur, c'est la dernière fois que l'on reverra l'inimitable Charlot à l'écran. Raison de plus pour faire durer ce dernier plan dans nos regards d'enfant. 

Par ailleurs, je trouve en l'ayant revu hier que le film malgré des moments de relâche et des temps  faibles (des lourdeurs ici et là), garde dans l'ensemble sa modernité et son regard acéré sur ce monde en devenir qui est devenu pleinement le nôtre : une oeuvre visionnaire à n'en point douter.

Voilà une société où l'individu devient la variable ajustable, le boulon qu'on serre puis qu'on desserre à dessein selon la cadence imposée par un patron qui lui se concentre avec plaisir sur ses petits puzzles récréatifs. Bientôt, chaque individu sera devenu remplaçable puis inexorablement c'est la "machine" qui fera le boulot... Bien mieux et bien plus vite. D'ailleurs l'on découvre par l'exemple comment le "parlant" (par le biais du patron puis lors de la dernière séquence chantée) ringardise le muet... 

Evidemment, ce monde nouveau ne crée que du chômage, du malheur, du provisoire. Difficile de se projeter à deux dans ces conditions.

C'est ainsi que les séquences devenues cultes servent parfaitement le propos du film : de l'Usine à la machine à "fast Food" qui doit faire gagner un temps précieux, du grand magasin (préfigurant les fameux centres commerciaux) au restau-cabaret où l'on vient faire un peu de tout, manger, danser, rire, chanter oublier puis prendre la poudre d'escampette.. Tout est parfaitement orchestré afin que le peu d'argent gagné soit aussitôt englouti dans des activités favorisant au mieux l'oubli, au pire l'hypnose.  

Pendant ce temps, votre petite maison sur un terrain vague achetée à crédit tombe en ruines et ne vous protège de pas grand chose. Alors il faut s'en repartir le matin suivant à la recherche d'un nouveau moyen de se remplir le ventre. Restent les sentiments qu'on ne vous volera pas.

Personnellement ma préférence ira toujours parmi les oeuvres de Chaplin au Dictateur et à Monsieur Verdoux. Car dans la veine des Temps Modernes, Jacques Tati  arrivé peu de temps après me semble atteindre à une forme de perfection. Mais ce film reste un must parce qu'il fait rire, il attendrit et mieux encore : il fait réfléchir. Que demande le peuple ?

lundi 29 décembre 2025

Le Doulos (1963)

La dernière image ? J'adore la course de Serge Reggiani sur un trottoir fuyant les lieux de son méfait. Ca m'en a rappelé d'autres (En Quatrième vitesse et Pusher 2 notamment). Cela souligne les nombreux points forts de ce film noir et notamment les qualités habituelles de mise en scène de Melville excellant dans le genre.

J'ai vu que Tarantino le classait parmi ses films préférés et je ne suis pas surpris du tout.

D'abord, cette affaire de personnage trouble (le fameux Doulos ?) qui aurait cafeté, on le retrouve dans le coeur de l'intrigue de Réservoir Dogs. Lequel a trahi ?

Par ailleurs, toute la construction alambiquée qui à plusieurs reprises fixe l'attention du spectateur sur des moments clés de l'histoire pour en faire apparaître un nouveau sens, une info inédite, on retrouve aussi cela dans le premier opus de Tarantino puis dans Pulp fiction.

Cela, on peut vraiment le saluer et se dire que le Doulos pour l'époque (1962) apporte de la fraîcheur et de la complexité dans sa construction qui permet aux révélations de se succéder dans la dernière demi-heure jusqu'au bouquet final en captivant toujours son auditoire. Le genre de film qui rend plus intelligent et fait réfléchir sur les apparences et les intentions plus ou moins cachées des uns et des autres.

Ce que je peux déplorer en revanche (et que Tarantino a également repris à son compte parfois pour le meilleur, souvent pour le pire), c'est le côté bavard et explicatif (toute la séquence chez les policiers puis dans un café au cours desquelles Silien alias Belmondo explique, rappelle, bavasse...) qui handicape le film plus qu'il ne le sert. D'ailleurs, il est à noter que Melville atteindra à une forme d'épure en la matière avec Le Samouraï où le personnage central devient mutique et justement ô combien mémorable. L'économie, très cher, en toute chose l'économie.

Ici, probablement qu'en outre, Belmondo comme Doulos n'est pas au niveau de ce qu'exigeait le rôle : trop lisse, trop bambin. Ca manque d'aspérités. Et l'intrigue toute savante et riche qu'elle soit est un chouia trop tarabiscotée.

Bref, le Doulos reste un sacré film noir, innovant à bien des égards, mais souffre de ces défauts liés au besoin d'expliquer par le menu ce qui s'est réellement passé ici et là. Un peu dommage malgré un dénouement "plus noir tu meurs". A l'image de la séquence d'intro, toute aussi puissante.

Le Mécano de la Générale (1926)


La dernière image ? L'explosion du pont, l'affrontement dantesque entre Sudistes et Nordistes avec aux prises des centaines, peut-être des milliers, de figurants.

On peut légitimement penser que The General, véritable blockbuster des années 20 (1926) et probablement l'une des plus grandes comédies de tous les temps, est à l'origine de tant de films tels que Speed, L'Empereur du Nord ou Runaway Train, qui lui ont tout piqué, l'humour en moins.

Car enfin, c'est aussi là que le film reste une prouesse incroyable : filmer pour l'époque ces trains en marche, créant par là-même un incroyable suspense (chaque fois que Buster Keaton tombe à l'eau et doit crapahuter, grimper, descendre, pour rejoindre sa dulcinée). Tout semble ON AIR en permanence, tout est work in progress, filmé en LIVE... Et l'on est pas en reste lorsque L'homme qui ne rit jamais doit se faire tout petit sous une table où officient des officiers nordistes ou lorsqu'il échappe à l'attaque d'un Ours puis à un piège à ours sous une pluie diluvienne au milieu des éclairs... 

A vrai dire, il ne lui manque que la parole à ce film. Parce que pour le reste, tout était déjà là. L'intrigue simple mais puissance, l'humour dévastateur, la dimension politique et la portée philosophique...

Tout ce qu'on déploie comme énergie pour aller en guerre ou défendre sa mère patrie, c'est toujours par amour. L'amour, toujours l'amour. 

Répulsion (1966)

 

La dernière image ? Cet enchevêtrement de bras et mains d'homme dans un couloir, enserrant une Catherine Deneuve rarement aussi inquiétante. Une scène qui convoque immédiatement l'univers fantasmagorique de La Belle et la Bête version Jean Cocteau. Même s'il est question ici de folie, de fissures irréparables...

Répulsion s'inscrit dans la lignée du Locataire et de Rosemary's Baby. Ces univers clos où la folie affleure inexorablement. De talent (mise en scène, univers sonore pour renforcer le côté mental) le film ne manque pas, comme toujours avec Polanski.

Mais il y manque tout de même quelque chose. Parce qu'on voit tout arriver de très loin et surtout qu'on en reste à l'exercice de style (qui conviendrait parfaitement au cadre d'un court-métrage). Le fait d'en rester au déroulement, aux apparences, sans chercher à creuser, à comprendre les raisons de cette maladie mentale, fait qu'on sort du film comme on y est entré. Notre curiosité est piquée, on se laisse porter par le climat anxiogène mais on ressort de tout cela sans grand enseignement ni enjeux dramatiques puissants. Même si l'on peut deviner qu'elle a été marquée par des actes de violence sexuelle plus jeune (le père ?).    

Le Locataire allait déjà plus loin. Les personnages existaient davantage, une sordide histoire pré-existait à l'arrivée du nouveau locataire, la petite communauté des habitants de l'immeuble était plus dense, plus palpable et prenait toute sa force Kafkaïenne dans un dénouement cauchemardesque. Ici malheureusement, on reste un peu à la surface des choses.

Mais on ne m'enlèvera pas de l'idée que Répulsion (comme Le Locataire d'ailleurs pour Lost Highway) a beaucoup influencé le cinéma de David Lynch : ce lapin dépecé peut évoquer certains moments animaliers d'Erasehead. De même les moments de folie dans la chambre, le téléphone qui sonne éperdument, tous ces éléments renvoient à des moments et gimmicks célèbres de Twin Peaks ou Mulholland Drive). Il n'y a pas de hasard.

dimanche 28 décembre 2025

Rio Bravo (1959)

 


La dernière image ? j'adore la séquence du bar où Dude alias Dean Martin raccourcit l'homme aux chaussures pleines de boue... Lorsqu'on sait que Rio Bravo est une inspiration centrale pour Assaut de Carpenter, difficile de ne pas voir aussi dans cette séquence une inspiration directe pour la fameuse séquence paranoïaque de The Thing au cours de laquelle le héros traque un traître sur la base d'une preuve (dans un cas la boue dans l'autre le test sanguin).

Les personnages de l'éclopé et du soûlard sont attachants tout comme l'est l'empathie de la petite communauté à l'égard des 3 héros (Colorado, le tenancier de l'hôtel et son épouse ...). 

En revanche, les enjeux vitaux (la peur éprouvée pour nos héros) sont assez faiblement déployés je trouve, tout comme la séquence finale a quelque chose d'attendu, de prévisible et ne laisse pas une impression mémorable.

Je suis donc resté un peu sur ma faim malgré d'évidents points forts et le sentiment que Rio Bravo a été une inspiration pour de nombreux réalisateurs (Carpenter, Tarantino). Mais probablement que certains aspects de l'intrigue ont pris cher : le personnage d'Angie Dickinson faiblard, la délicatesse des "méchants" lorsqu'ils décident de ne pas zigouiller Dude ou le Shérif alors qu'ils en ont l'occasion... Et puis cet affrontement final où côté "méchants", on se rend bien vite. Ce qui affaiblit grandement l'opposition.

samedi 27 décembre 2025

Vacances romaines (1954)

 

La dernière image ? le final toujours aussi émouvant de ces retrouvailles entre la princesse et son prince charmant d'un week-end alors qu'elle a retrouvé ses apparats, son costume, les infernaux protocoles que son statut impose. Tout passe alors dans un échange de regard d'autant plus intense que tout ne semble plus vouloir passer en matière d'émotion que par le truchement d'un oeil qui frise. Fantastique dénouement. 

Rien que pour cet épilogue, le film doit être vu ou revu. Il reste l'un des ancêtres de la comédie romantique moderne.

Je retiens aussi ce démarrage sur les chapeaux de roue qui suit l'échappée belle de la Princesse comme on filmerait une évasion d'Alcatraz... D'ailleurs Audrey Hepburn trouve là un de ses rôles magnifiques : tour à tour corsetée, malheureuse puis libre, enfant espiègle, irrésistible.

Et puis, on aura beau dire, même si pas mal de moments semblent désuets, vieillots, les époques changent peu, nous est conté par le menu la société du spectacle, le paparazzi à l'affût pour faire du sensationnel, la recherche du scoop et de la photo qui fera sensation etc etc. Rien ne change, tout se recycle.

Autre moeurs, autre princesse : Brigitte Bardot qui vient de nous quitter, témoigna elle aussi à sa façon de ce que fut cet "enfermement" que celui de la notoriété à tout crin.

vendredi 26 décembre 2025

Mickey 17

 

La dernière image ? Chaque fois qu'une référence affleure (L'empire contre-attaque, Midnight Express, ...), on est content de la saisir au vol. Mais cela ne suffit pas à nous embarquer dans l'histoire d'un film à l'humour potache, bien trop long et finalement assez inoffensif. Plutôt oubliable.

J'aimais beaucoup ce réalisateur et depuis quelques films (notamment le surestimé Parasite), je trouve que le côté burlesque prend trop le pas avec, conséquence inévitable, des personnages outranciers, caricaturaux : ici le couple "présidentiel" sans la moindre aspérité. Juste deux silhouettes quasi transparentes tout droit sorties d'une imprimante 3D. Mais Mickey 18 n'est pas en reste. 

Quant à l'intrigue et ses métaphores, je déplore là encore des coutures  trop visibles et des enjeux connus d'avance (les monstres sont gentils, ils ne veulent que récupérer le petit dernier, ils sont pacifiques... Les méchants ce sont les humains et leur voracité démoniaque).

Reste que la fin est touchante : un remplaçable fait don de sa vie pour sauver le monde et éprouve soudain brièvement la peur de ce qui se prépare pour lui ensuite...

Les acteurs en font des caisses au fil de scènes ultra bavardes et gesticulantes : on se croirait presque dans du mauvais Tarantino parfois. Bref, ensemble indigeste malgré de jolis moments et de belles idées mal exploitées.

mardi 23 décembre 2025

L'agent Secret


La dernière image ? Je retiens deux séquences/moments qui cohabitent et disent bien la richesse et l'éclectisme de ce film.

Il y a d'un côté la veine film noir qui s'épanouit divinement sur un final qui saisit à la gorge. Il y a de l'autre côté le film fantastique si bien exploité lors des cauchemars du héros ou quand la jambe vient se venger de tous ces inconscients qui s'abandonnent à des jeux dangereux dès la nuit tombée. Moment résolument burlesque.

Le réalisme de l'époque (fin des années 70) est brillamment restitué. Ce climat de dictature où l'on se perd à Recife, où l'on y laisse son identité en attendant le ticket pour une autre vie. La corruption est évidemment partout et l'intellectuel, le chercheur se trouve rapidement dépassé par des "faiseurs d'argent" sans scrupules.

Alors on comprend que le cinéma seul sera en mesure de recoller tous les morceaux disparates, ces bouts de pellicule, et sauver de l'oubli les héros anonymes que la vie s'est chargée de dessouder.

Certes, on peut sortir frustré de toutes ces pistes explorées puis abandonnées (la petite communauté du purgatoire attendant un signal, les histoires d'amour ébauchées, les 2 jeunes femmes du présent qui enquêtent, le dénouement d'une violence inouïe qui se termine par une archive photographique...), avec le sentiment que le réalisateur a trop voulu garder sans jamais savoir comment finir, mais on quitte aussi la séance avec ce sentiment qu'un certain cinéma de fiction peut encore être politique, peut encore finement témoigner ce ce que furent des années de dictature quand bien même le lieu cinéma est devenu entretemps un centre de transfusion sanguine.

La dernière scène vient enfin rappeler que l'éducation c'est l'affaire de tout le monde. L'enfant marqué au fer rouge par une histoire terrible est devenu médecin avec des valeurs et ne remerciera jamais assez son grand père et projectionniste...

lundi 22 décembre 2025

Last Action hero

 

La dernière image ? Probablement toute la partie du retour dans le réel au cours de laquelle le héros Slater se rend compte que prendre et donner des coups, ça fait mal.. Et qui réalise au passage que Schwarzy est un planqué. Il ne se gêne d'ailleurs pas pour le lui signifier.

Le film a certes vieilli côté effets spéciaux mais qu'il est touchant et précurseur par beaucoup d'aspects. L'idée de "méchants" quittant la fiction pour rejoindre le réel et réalisant avec bonheur que dans la vraie vie le crime reste impuni la plupart du temps est savoureuse comme l'est la charge frontale dans cette même partie contre les politiciens de tous bords. Quant à la puissance du message sur le cinéma comme noble boussole pour réussir son évasion de la trivialité du réel, elle est intacte et fait mouche.

Et je passe sur les références innombrables à des films que John Mc Tiernan aime (y compris à ses propres films).

On peut donc le revoir aujourd'hui en éprouvant un vrai plaisir et apprécier la dimension mélancolique qui le traverse (encore plus aujourd'hui qu'hier).

lundi 15 décembre 2025

Bone Tomahawk


La dernière image ? C'est difficile à dire, mais j'aime beaucoup la séquence d'introduction qui est finalement un teaser sacrément réussi de ce qui va suivre. D'emblée l'annonce est faite d'un mélange des genres, du western académique (ici l'intrigue de la prisonnière du Désert) au film d'horreur trempé dans The Descent ou Cannibal Holocaust et mâtiné de Mad Max Fury Road (pour les habitants aux allures d'ogres de ces maisons troglodytes).  

C'est vrai qu'après coup, je me dis que ce film aurait mérité meilleur sort en France (une sortie en salles, pourquoi pas ?). Notamment ce casting aux petits oignons qui ramène souvent vers John Carpenter, Quentin Tarantino ou Rob Zombie.

L'intrigue, baignée de mystère, est également captivante même si j'aurais aimé qu'on consacre plus de temps à l'arrivée de ce personnage énigmatique qui entraîne avec lui son lot de malheurs pour la petite communauté pas vraiment préparée à ce qui va suivre.

Dans l'ensemble, on s'accroche aux personnages, à l'intrigue, jusqu'à ce dénouement de film d'horreur plutôt réussi mais un peu expédié et surtout pas ultra crédible (comment le boiteux est-il arrivé par lui- même dans cette grotte suspendue ?).

Reste que pour une petite série B horrifique, on peut saluer ce mariage (si rare à l'écran) du western et du quasi-survival.

Aride et pas facile d'accès le Bone Tomahawk mais il vaut le détour !

Flow


La dernière image ?

Une très forte charge métaphorique dès l'entrée en matière et cette eau qui ne cesse de monter, monter... C'est la rencontre avec ce "monde" qui est véritablement à chérir. Une poésie uqi emporte tout sur son passage.

Tous les enjeux narratifs sont également à saluer. Cette idée qu'on puisse se passer de dialogues et même d'humains pour raconter une histoire d'initiation et d'amitié improbable à bord d'un petit bateau...

Dans l'ensemble, un film d'animation exceptionnel qu'on peut ranger aux côtés des classiques (Le roi et l'Oiseau, La Planète sauvage,...).

Seul hic néanmoins : l'intrigue qui se refuse à beaucoup d'artifices et de circonvolutions et peut finalement rappeler la "cinématique" un peu froide (intellectuelle) d'un beau jeu vidéo. Ce faisant, le déroulement de l'intrigue peut aussi évoquer l'encéphalogramme plat de ce bateau fendant les ondes de façon trop rectiligne au fond. Avec tout de même, on le sent, cette nécessité à la toute fin de rappeler que cette odyssée, cet effort collectif n'aura pas été vain. La preuve par l'exemple.

Mais bon, je  fais le difficile... Flow reste un sacré voyage qu'on ne peut que conseiller de faire. Voilà qui change du tout venant et qui reste un cadeau pour les petits comme pour les grands.

jeudi 6 novembre 2025

Tous les démons sont ici

 

La dernière image ? Le héros (bon acteur), visage de suie, dégainant sa cigarette assis comme le condamné contre un arbre... Attendant que le destin vienne le faucher.

Problème de ce film : on comprend vite les enjeux, en fait dès ce quasi-accident de la route qui nous fait dire..... Hum, cet accident est tout sauf anodin. Alors tout ensuite est à l'avenant. Cet enlisement dans un lieu qui n'a rien de très réel, évidemment le film finit par ne plus avoir aucune saveur. Et la petite révélation finale n'a pas l'effet escompté (enfin, sur moi). Fort peu d'intérêt par ici.

 


dimanche 26 octobre 2025

The Apprentice


La dernière image ? j'aime beaucoup ces retrouvailles entre Trump et Cohn en bas de la Trump Tower. Ca m'a rappelé de grands moments de Fisher King (la sublime relation Bridges / Williams) dans ce New-York de la fin des années 80 et du tout début des années 90.

Tout est dans ce moment terrible où la toute puissance d'un homme n'est plus qu'un pâle souvenir qui s'étiole dans ce matin bruyant... Et puis l'on comprend aussi que l'héritier de ses fameuses 3 règles de vie les a faites siennes jusqu'à mépriser Cohn qui pourtant le déclame alors à qui veut bien l'entendre : "je t'ai fait" ! Sans grand effet...

Frankenstein (idée qui se prolonge avec l'opération de liposuccion et de greffe de cheveux)  et le mythe Faustien (avec ce fameux lieu anxiogène où Trump vient explicitement vendre son âme au Diable)  sont évidemment convoqués (même de façon un peu trop lourde à mon goût) tout au long du film... 

Je tiens surtout à saluer la performance d'acteur qui est renversante. On perçoit sous le masque de l'acteur, la vérité (pas belle à voir, résolument sombre) de ce Trump Homme-Enfant qui au fond n'a jamais été qu'un marmot insupportable et désireux de continuer en grandissant à jouer avec ses jouets grandeur nature (la fameuse maquette Taj Mahal sur son bureau)... L'Art du deal dont il se réclame de façon infantile ne serait dès lors que cette obsession renouvelée "plus grand" de troquer ses billes pour en posséder toujours plus... Le genre de collection dont on ne voit jamais le bout.      

Voilà pour finir une morale du film dont Cohn aurait dû faire sa 4ème règle de vie : Méfiez-vous des apparences... et surtout d'un homme qui peut au premier abord vous sembler gentil, riche, bien sous tous rapports, éduqué, cultivé, ne buvant pas, ne fumant pas, ne prenant aucune drogue... tTrump au fond c'est le grand méchant loup déguisé en Mère-Grand.

samedi 25 octobre 2025

La nuit se traîne


La dernière image ? La chanson de Petula Clark qui sert idéalement de titre au film, la texture "film noir" des images, l'atmosphère nocturne dans l'habitacle de la voiture du jeune serrurier. C'est quand même un peu juste...

Il faut dire que le film est absolument prisonnier de références envahissantes, la plus évidente étant Collateral. Le film s'y rattache beaucoup mais finalement beaucoup trop (la rôle de la voiture, les cheveux peroxydés, la boîte de nuit, la décision d'aller sauver la jeune femme à la toute fin et j'en passe).

Par ailleurs ce qui ressort le plus dès que l'intrique se déploie c'est qu'elle est "cousue de fil blanc"... Franchement tous les petits éléments de la narration censés la faire avancer (le téléphone récupéré par le héros, le frère de la jeune femme qui appelle pile poil quand elle est au Boucan et reconnaît ainsi l'endroit...) sont vraiment lourdingues.

L'idée sur le papier était louable mais le résultat est bien trop bancal et surtout maladroit.

Rosemary's Baby (1968)


La dernière image ? Incontestablement le visage illuminé de Mia Farrow qui se découvre l'instinct maternel quand bien même l'objet de son amour, hors champ, serait le Diable en personne... Final d'une ambiguïté absolue.

Le talent du film c'est d'arriver à ce point de bascule, travail d'orfèvre, performance d'équilibriste, qui parvient à créer ce moment, cette scène finale où l'amour maternel semble plus fort que tout ce qui aura précédé, la manipulation, l'humiliation, l'enfermement, la possession, l'empoisonnement, le viol...

C'en est peut-être aussi la limite. Car même si grâce à un sens de la mise en scène fantastique, la construction (diabolique) et la montée (lente, insidieuse) du malaise sont implacables, frisant la perfection, il arrive qu'on se dise tout de même à 2 ou 3 moments : "Mais quelle indécrottable cruche" ! Je pense notamment à ces moments où elle se confie (sans se méfier une seule seconde de la duplicité de son Jules, même si Cassavetes est proprement extraordinaire dans son rôle qui tour à tour inquiète et rassure) sans filtre ou lorsqu'elle décide d'aller re-consulter le Docteur Hill puis se ravise malgré les douleurs, les doutes, la mort d'un proche... C'est le seul reproche qu'on puisse légitimement formuler. Cet embrigadement s'accomplit de façon linéaire et au final sans grande résistance ou difficulté.

Vous me direz, elle a été choisie pour ça Rose-Marie. Pour cette capacité inouïe à faire l'autruche... 

lundi 6 octobre 2025

Kill

 

L'exercice de style façon ONG BAK a fait long feu et désormais le cinéma Indien vient se mêler à la bagarre pour accoucher d'un reboot sur-vitaminé où la scène de l'extincteur d'Irréversible semble y devenir un détail de l'histoire, où l'objectif est clairement de détrôner les prédécesseurs (tout aurait-il commencé avec Anthropophagous l'homme qui se mange lui-même ?) en allant toujours plus loin dans le dégueu pour découper les chairs sanguinolentes par tous les moyens possibles (à coups de dents limées why not ?) dans un train lancé à vive allure...

Côté mise en scène, du talent le film ne manque pas surtout dans de si petits espaces et l'exercice de style est acceptable. Mais dès qu'on se penche un peu sur la gestion de la géographie de l'espace confiné de ce train, on se dit comme souvent que n'est pas Mc Tiernan qui veut... On est perdu entre les visages, les lieux dans lequels sont censés au choix se cacher ou évoluer les personnages.

Enfin c'est surtout côté intrigue, narration et psychologie que le bât blesse sacrément... le ridicule affleure souvent et ça gâche beaucoup de ce spectacle qui était pourtant censé rendre crédible la folie meurtrière s'emparant du héros après que sa fiancée se soit faite zigouiller puis éjecter du train en marche... Ca fait surtout flop au final.   

jeudi 2 octobre 2025

Le Royaume


La dernière image ? Probablement cette séquence où le personnage en cavale coiffé d'une perruque marche sur un trottoir face caméra et se trouve rejoint dans son dos par deux hommes dont on pense d'abord qu'ils sont là pour le supprimer... Séquence très bien réalisée, maîtrisée comme l'est par exemple la (longue) séquence de la piscine à l'issue de laquelle le fugitif perçoit des regards soupçonneux se portant sur sa personne, les effets indélébiles de la paranoïa à l'oeuvre.      

Bien sûr, cette tentative de voir la vie d'un homme se cachant, errant de planque en planque depuis les yeux, le regard de sa fille unique adorée a quelque chose d'intéressant, de touchant même. Il y va de la subjectivité du point de vue qui adoucit parfois, ramène de l'émotion, aborde le rapport universel père-fille, nous parle de la fatalité, de ce qu'on transmet malgré soi à ses enfants... Tout ça est fort louable.

Mais l'un des problèmes majeurs est que cette histoire n'a rien d'universel. La volonté d'humaniser un "lâche" (c'est à dire un homme qui a fait tous les mauvais choix dans sa vie et qui semble ne pas vouloir les  assumer avec cette fuite en avant) après l'avoir décrit comme un père de famille comme les autres (présent et absent) avec les mêmes besoins (physiologiques), les mêmes petits problèmes du quotidien finit par donner au film l'impression qu'avait donné François Hollande en se décrivant comme un "président normal". On a du mal à souscrire. Il y a quelque chose qui se refuse à l'intelligence. Ce qu'on se dit surtout c'est que  l'ordre des choses c'est qu'il périsse par le feu, que le malheur s'invite à sa table. Il n'y a pas de rédemption possible par ici... Noir c'est noir. Et le film est en cela terriblement monocorde et prévisible.  

Et une fois ce postulat imposé d'homme après tout normal qui aime sa fille, le film déroule sa petite partition de façon implacable (de planque en planque, de fait divers en fait divers relaté par un poste de télévision, d'ami mort en ami mort assassiné), sans surprises, où le père plutôt que de tenir sa fille éloignée par précaution (dans un autre pays, finançant ses études coûteuses en appliquant les règles qui l'ont mis là où il est, dans un "poste" de décision) va la précipiter naturellement vers l'horreur la plus totale en la gardant près de lui. Dans un climat de retour éternel des mêmes choses. Il y a tout au long du film un truc lent, sourd et répétitif qui finit par lâcher le spectateur... Enfin qui m'a lâché moi. L'impression finalement que les personnages ne sont que des silhouettes avec (si) peu de marge de manoeuvre. Corseté ! (sans jeu de mot). Irrespirable. Et pour finir assez oubliable me concernant. J'ai attendu tout le film la remontée vers la surface, la prise d'air, mais hélas jusqu'au dernier plan, c'est encore la même musique. So what ? Le cinéma je crois a vocation à faire penser autrement, à donner des perspectives qui élèvent l'âme en donnant à réfléchir. Ou alors il fallait un documentaire choc sur le sujet.

mercredi 1 octobre 2025

Vingt Dieux

 
La dernière image ? J'aime vraiment ce film d'un bout à l'autre, je suis tout de même sensible à ce dernier champ / contrechamp. Ce visage marqué mais solaire de Totone, personnage qu'on n'oubliera pas facilement. Un bonheur de film qui redonne foi dans le cinéma. Et dans l'humanité. 

Je n'avais pas ri et pleuré comme devant Vingt Dieux depuis un bout de temps. Et il y a ds raisons à cela : je sens au-delà de l'écriture qu'on sent mature, profonde, aimant la complexité, n'ayant pas peur des contradictions, des ambiguïtés, un talent pour la mise en scène et la direction d'acteurs qui plus est lorsqu'il s'agit de natures et de comédiens non professionnels... Il en faut du talent pour accoucher d'une telle vérité à l'écran. 

Un film sur la jeunesse, sur le terroir, sur des gens simples. J'ai beaucoup pensé aux frères Dardenne. Certains ont cité Loach. Vrai aussi. Il y a ici ce que le cinéma social anglais a donné de plus puissant (My name is Joe par exemple).

Du réel, des émotions vraies, du clair-obscur dans la psychologie des personnages jamais lisses, du deuil et tout de suite des sourires enfantins pour désamorcer la douleur, la souffrance : voilà comment un grand film vient jusqu'à soi.

Curieux d'ailleurs qu'il n'ait pas été en sélection officielle à Cannes. Il y a tellement de films surcotés à Cannes chaque année que celui-ci aurait probablement mérité un meilleur sort.

Une cinéaste à suivre assurément.

Sinners


Le dernière image ? Peut-être la séquence de danse qui en un long travelling fait se rencontrer les époques, les musiques et les territoires entre Blues, Rap, DJ et danses tribales d'Afrique de l'Ouest... 

Le début est intrigant, on navigue entre western, film historique sur les années précédent l'abolition de l'esclavage... Et puis soudain on est de façon trop grossière dans l'horrifico-fantastisque chez Roberto Rodriguez et Quentin Tarantino. From Dusk till Dawn est convoqué de façon si lourdingue qu'on décroche immanquablement. D'ailleurs les invraisemblances du scénario sont également légions. Et l'humour bien trop absent. 

Restent les jolies tentatives de raconter la musique entre Blues et Cajun, entre Afrique de l'Ouest et Rap US au cours de quelques séquences tres "comédie musicale" plutôt réussies.

Mais c'est beaucoup trop peu...

dimanche 14 septembre 2025

Kingmaker Morkeland

La dernière image ? Difficile à dire, ce n'est pas un film qui marque par des images mais plutôt par le sérieux de l'écriture, le jeu très juste des personnages principaux, l'intelligence de l'intrigue et ce contexte politique (de campagne électorale) si bien restitué. Bon j'aime beaucoup malgré tout le passage où la jeune journaliste réalise qu'elle est en présence d'un tueur déguisé en homme de ménage dans des bureaux la nuit. Moment clé qui advient juste au moment de l'accident de de la route... Intensité dramatique alors maximale. 

J'aime beaucoup également le personnage principal en proie à une attente côté santé et qui s'allie harmonieusement à 2 compères pour faire éclater la vérité. 

Je trouve que même si le dénouement reste un tantinet attendu et peut-être déceptif compte tenu des attentes que légitimement le début du film a suscité, cela reste un sacré bon petit film Danois qui me laisse à penser que ce réalisateur a bien du talent pour raconter des histoires. Je conseille.

samedi 13 septembre 2025

Cat Person

 
La dermière image ? Ce visage, cette actrice dans son rôle derrière ce comptoir dans ce cinéma où les âmes esseulées passent, rêvent et n'attendent rien mais toujours espèrent...

Je rêve depuis longtemps d'écrire une histoire d'amour dans ce lieu magique qui à mon sens est sous-exploité ici même si l'on finit par y retomber sur ses pattes comme un chat. Souplement.

Franchement, malgré les défauts (ce dénouement trop bref hérissé d'incompréhensions ente les deux êtres), le film est attachant, intelligent, porte un regard doux amer sur cette époque des tâtonnements amoureux, sur les craintes des unes et des autres, sur les rêves et les attentes qui toujours se heurtent à la réalité, aux déconvenues de la banalité quotidienne, des petites mesquineries. J'aime beaucoup les acteurs tous épatants pour camper des personnages qu'on n'oubliera pas.

Un petit film certes mais qui vaut amplement le détour. Et le choix des musiques est aussi à saluer. Comme l'est la charge mélancolique des références qui occupent l'esprit des deux héros, la pellicule et la mémoire pour finir. 

mercredi 3 septembre 2025

D'après une histoire vraie

La dernière image ? Le visage d'Emmanuelle Seigner. Sublime à tous les âges, emplie d'un mystère insondable, actrice incroyable.

La.difficulté c'est de faire le poids en face et franchement Eva Green dans ce rôle fait mal au cœur tellement elle surjoue en permanence au point de finir par rendre peu crédible l'entêtement de l'autrice à la laisser vivre sous son toit (et possiblement dans sa tête). Or c'était tout l'enjeu, de nous permettre d'accéder à cette possibilité. 

Ce qui fait que si on est dans un pseudo Fight Club avec dédoublement de personnalité, ça ne passe pas, et si on est dans l'intrusion d'une fan envahissante dans la vie de son idole facon Misery ça ne passe pas non plus... Parce qu'il manque la capacité du film à rendre l'attirance de l'autrice pour "Elle" crédible à l'écran dans les deux cas...

Pourtant, autant la première partie sonne vraiment creux et on sent Polanski absent des débats, semblant de désintéresser totalement de la mise en scène/place, autant le dernier segment dans la maison de campagne retrouve un peu d'allant, de matière,  de croustillant. Mais c'est trop peu ou trop tard. Reste Emmanuelle Seigner toujours envoûtante. 

The Children


La dernière image ? Très joli moment de mise en scène vu du ciel après un mouvement circulaire autour de la maman blonde.

L'idée peut rappeler Le village des damnés et son inexplicable postulat de départ. Le vrai problème je crois ici c'est l'âge des enfants... Trop petiots pour faire vraiment peur et ça oblige le scénario et la réalisation à des contorsions, à créer des situations un peu alambiquées, tirées par les cheveux pour rendre crédibles les morts d'adultes (comme dans The Omen où pour le coup il est essentiellement question de fantastique donc ça passe). Ce qui fait que lorsque l'horreur se fait jour, on reste un peu détaché...  En cause la vraisemblance de ce qu'on nous donne à voir.

Dommage parce qu'il y a quelques bonnes idées (notamment de mise en scène) par ici. 

dimanche 31 août 2025

Knock knock

La dernière image ? Keanu Reeves enterré jusqu'aux épaules comme dans un certain album de Rahan face aux fourmis rouges ou comme sur certaines images chocs de ces hommes ou femmes au moment d'une atroce mise à mort par lapidation... 

Sinon, un film beaucoup trop faiblard. Keanu Reeves confirme qu'il est un piètre acteur. Sur un sujet comme ça, j'imaginais deux femmes (avec complicité extérieure par exemple) faisant le tour des maisons cossues histoire de faire payer ces "salauds de riches" et accessoirement faire une razzia ou alors dans une ambiance Charles Manson j'avais  l'idée quelles venaient pour s'adonner à leur jeu favori, le sacrifice humain en l'honneur de je ne sais quelle entité extraterrestre ayant l'estomac dans les talons... Et j'aurais bien fait débarquer ces deux écervelées en mission diabolique chez un serial Killer ou un John Wick démoniaque bien tranquille avec son petit chien avant la métamorphose...  Et là y aurait eu de quoi créer un truc intéressant. Mais ce pensum moralisateur ne va pas au-delà d'une idée quelconque et d'ailleurs si ces jeunes femmes entendent juste donner des leçons, pourquoi assommer le type avec le risque de le tuer (un hématome cérébral est si vite arrivé) ou prendre le risque de laisser mourir l'homme asthmatique avec toutes les conséquences (gravissimes) qu'on peut imaginer pour elles qui seront faciles à coincer ne serait ce qu'avec les empreintes digitales qui doivent être absolument partout dnas la maison, bref... La catastrophe.

mardi 19 août 2025

Le locataire (The Tenant)

La dernière image ? Beaucoup de moments m'ont marqué, à commencer par l'incroyable travelling du début qui laisse à penser que Dario Argento a pu s'en inspirer pour son plan séquence / morceau de bravoure dans Tenebre tourné 6 ans plus tard.

Mais beaucoup d'autres moments restent en mémoire comme cet instant suspendu où le personnage principal s'aperçoit chez lui derrière sa fenêtre depuis les toilettes du pallier (sacré pallier en forme de U si l'on en croit la géographie des lieux depuis la cour de l'immeuble). Impressionnant, comme l'est cette rencontre avec l'ex locataire au visage bandé sur un lit d'hôpital et qui à la vue du nouveau locataire a soudain l'air effrayé. Toute la séquence finale, où chaque habitant de l'immeuble est comme "au spectacle", est également fabuleuse. David Lynch a probablement lui aussi beaucoup emprunté à ce film pour son fameux "cinéma mental" (Twin Peaks / Lost Highway / Mulholland Drive / Inland Empire).  

Le Locataire prend l'exact contrepied de Rosemary's Baby car il va creuser non pas du côté de l'entreprise diabolique prise au pied de la lettre et au premier degré mais du côté de la folie, d'une personnalité trouble aux penchants dissociatifs, de la schizophrénie saupoudrée de paranoïa comme maladie mentale agissant de façon sournoise sur le personnage principal, pourtant bien sous tout rapport dans les premières minutes du film et dont la vision du monde se trouve peu à peu grimée à l'image de son apparence physique qu'il va modifier (sans vraiment s'en rendre compte) au fil du temps...

Le film dans la façon dont il fait grimper la tension Kafkaienne est magistral jusqu'au final en apothéose qui fait évidemment se répéter les mêmes fins dernières pour le locataire et celle qui l'aura précédé.

Mais une idée émerge alors lentement : Dans le tout premier plan séquence, il me semble reconnaître derrière la fenêtre de la chambre d'où Simone Choule a sauté les traits de Roman Polanski... On ne sait pas quand a vraiment commencé le désordre mental du personnage campé par ce dernier. On sait juste qu'il vient d'apprendre (par une connaissance) qu'un appartement était à louer dans l'immeuble. En ce cas, qu'est-ce qui empêche de penser qu'il connaissait déjà Simone Choule, qu'il en était fou au point de la jeter par la fenêtre et de prendre sa place jusqu'au bout, jusqu'à devenir elle ? Je dis cela puisqu'un moment clé du film est celui où Simone Choule semble effrayée sous les bandages en découvrant près de son amie (jouée par Isabelle Adjani, qui relèvera ce détail plus tard) le fameux M. Trelkovsky.

Aux angles morts la grande oeuvre. le Locataire en est une assurément !

lundi 18 août 2025

Marathon man

La dernière image ? Comme pour les très grands films, on pourrait retenir de nombreux moments qui impriment durablement la rétine puis marquent les esprits. J'adore par exemple toute la séquence dans une chambre d'hôtel à Paris : un visage inquiétant apparaît derrière un voilage, le personnage campé par Roy Scheider est "à nu" littéralement face au tueur au regard vide, armé d'un fil de pêche tranchant comme une feuille de boucher. Un autre homme est alors en face au balcon comme au spectacle. Moment d'anthologie (qui en inspirera de nombreux autres, je pense à History of violence de David Cronenberg et sa scène dans un Hamman). Toute la séquence du landau et de la poupée est également puissamment construite. J'adore enfin les notes fantastiques, angoissantes, comme ce moment du ballon de foot qui arrive de nulle part en bas d'un escalier...

On aurait pu aussi retenir la scène de torture dans le cabinet improvisé de dentiste mais elle est plus attendue et souvent citée en exemple.

Au fond Marathon man est un simili James Bond où le héros serait le petit frère prenant le relais après la mort de ce dernier mais lui n'est qu'un étudiant sans grande envergure qui ne rêve de rien d 'autre que de courir le marathon de New-York. Obstinément. C'est d'ailleurs ce qui va lui sauver la vie. Cette endurance.

La construction habile, fragile et précieuse de la première partie du film permet à cet effet de lancer des 3 coins du globe (Paris, Amérique du Sud, Central Park) les toupies furieuses des 3 personnages clés qui seront les moteurs de l'action, destinées à s'entrechoquer tôt ou tard.... Il y a d'abord les retrouvailles entre les 2 frères désunis mais si semblables, si crédibles surtout. Enfin la figure du Marathonien qui soudain sait derrière quoi il court enfin : venger son frère, régler son compte à ce vieux nazillon de Laurence Olivier campant haut la main l'un des plus grands méchants de l'histoire du cinéma. Rien que ça.

Et le film s'achève sur une scène finale brillante, à portée métaphorique très forte, où les diamants éternels des ambitions tristes du Méchant sont passés au crible du tamis de l'existence, du temps qui passe, des comptes qu'il faut solder tôt ou tard avec son passé qui lui n'a de cesse venir et revenir frapper à votre porte, sans ménagement... Comme ces anciens déportés qui au détour d'une rue de Manhattan reconnaissent leur bourreau.

dimanche 17 août 2025

Le Canardeur (Thunderbolt & Lightfoot)


 La dernière image ? Ce final lumineux, par une journée ensoleillée au volant d'une belle Cadillac. Tout le cinéma de Cimino est peut-être là ! Dans cette relation touchante, fraternelle, presque filiale entre Thunderbolt et Lightfoot. Ce final rappelle d'ailleurs pas mal celui de Macadam Cowboy.

Voilà donc un film et un final qui vivent sous le signe de l'amitié. C'est d'ailleurs ce qu'on retient in fine d'un film comme The Deer Hunter, la même ode à l'amitié et à ce sentiment que plus elle est  authentique plus la tristesse qui découlera des séparations, des deuils à faire, sera douloureuse. Et Cimino est peut-être un des cinéastes qui célèbre le mieux cette amitié virile si particulière, si touchante.

A vrai dire, la séquence d'intro (autour de l'église) et toute la première partie du film reprennent les ficelles des films d'action et comédies policières (un peu quelconques) comme on en faisait à l'époque avec courses poursuite, coups de feu, bons mots, dans un esprit très western. Mais cette légèreté revendiquée n'est ici qu'un vernis destiné à sauter à la première occasion pour mieux révéler par contraste la violence, le sordide, quelque chose de beaucoup  plus lourd et sourd. Je pense à ce complice jeté comme un vulgaire sac poubelle tombé du camion sur la route en pleine nuit. Je pense au personnage campé par G. Kennedy qui finit "comme un chien" égorgé par un Dobermann. Je pense enfin à la mort déchirante de Lightfoot, l'innocence par excellence, le personnage solaire qui accepte son sort non sans regretter de ne pas avoir pu profiter un peu plus longtemps de ces bons moments aux côtés de Thunderbolt, de la joie aussi d'avoir enfin retrouvé le chemin de cette école, de ce tableau noir, symboliquement de l'enfance, une des portes (secrètes) du Paradis.

Sons

 

La dernière image ? Une seule transcende tout le film d'une vibrante poésie, c'est la mini séquence silencieuse dans une cour au coeur de la nuit où le prisonnier peut oublier qu'il ne sait plus trouver le chemin du sommeil. Moment de répit qu'autorise une gardienne, son bourreau de circonstances, non sans garder un oeil accusateur sur lui. Tous deux sont alors sporadiquement éclairés par les traînées lumineuses d'un feu d'artifices qui se tient tout près. 

j'avais vu The Guilty, malin petit film de genre précédé d'une élogieuse réputation qui se révéla exercice de style plutôt vain au final, sans grande envergure. Je ne me rappelle d'ailleurs de pas grand chose si ce n'est le dispositif, très théâtral et restant sur le plan des idées, sans véritable incarnation.

Ici le real voit un peu plus grand. Son cauchemar repousse les murs de la pièce du précédent opus pour embrasser l'enceinte d'une prison.

Après une entrée en matière très "documentaire", avec peu d'aspérités, peu de prises pour le spectateur qui objectivement sur ces 10 premières minutes s'ennuie un peu, probablement l'effet "film d'auteur Danois" qui peut refroidir... Va pourtant rapidement se mettre en place un jeu sadique d'acharnement entre une gardienne et l'assassin de son fils qui vient de débarquer et dont elle veut à tout prix se venger. Pour racheter (on va le comprendre lorsqu'elle se confie rapidement plus tard) ses propres manquements. Elle n'a en effet jamais rendu visite à son fiston de son vivant, qui était également incarcéré, jusqu'à sa mort violente...   

En filigrane, sont convoqués les fameux mécanismes retors d'un Orange Mécanique qui voit d'anciennes victimes du personnage principal (divinement incarné par Andy Mc Dowell) prendre un malin plaisir à se venger de la plus sadique des façons... Ici c'est un mécanique par procuration avec transfert psychanalytique (je venge la chair de ma chair) mais on retrouve les mêmes ingrédients. Qui est plus à plaindre ? La victime du premier meurtre ou celle de la torture physique et mentale à l'oeuvre aujourd'hui ? 

On ressent ici et là un certain malaise devant l'acharnement patent (et assez gratuit) de cette gardienne puis lorsque le paradigme change, qu'elle est menacée (sous condition de plainte dudit prisonnier) et doit donc "pactiser" avec le meurtrier de son fils, on voit s'installer une relation plus trouble où c'est alors lui qui tire les ficelles. Avec là encore (mais chez l'autre) un certain plaisir coupable. Ce n'est pas inintéressant mais ça ne va jamais chercher très loin dans l'intensité au point que lorsqu'elle lui révèle la vérité (sur qui elle est) ça fait curieusement l'effet d'un pétard mouillé. La réaction du jeune homme paraît même anachronique, insensée : courir à perdre haleine puis tomber après 20 mètres à peine en courant le risque qu'elle commette l'irréparable au nom d'une tentative d'évasion...Quant à la réaction de la gardienne (Je vais le tuer ici puis non...), elle est en revanche trop prévisible... C'est un fils, j'ai perdu le mien, n'ajoutons pas du malheur au malheur. 

Bref le film est pour finir trop recroquevillé sur lui-même et cette relation. La seule fois que ça décolle vraiment c'est lors de ce repas chez la mère du prisonnier. Parce qu'on a soudain des clés pour comprendre un peu mieux qui il est, qui est sa maman etc. D'ailleurs il aurait fallu aussi que cette gardienne entêtée puisse au moins confier son secret (d'avoir sous la main le meurtrier de son enfant) par exemple à une amie très proche, à son compagnon du moment, au père de son fils décédé... Cela aurait renforcé le lien entre elle, son histoire et le spectateur que nous sommes. On n'a trop peu de clés sur ce qu'elle pense, ce qu'elle ressent et qui elle est pour être pleinement à ses côtés.      

samedi 16 août 2025

Evanouis

La dernière image ? D'une façon générale j'ai été marqué par la capacité du film à faire peur et rire à la fois. Et j'ai apprécié cette dimension comique (assumée et très efficace) comme l'idée hilarante de ce personnage de jeune héroïnomane qui une fois possédé revient à la charge 100 fois encore et encore mais étant trop frêle physiquement finit écrabouillé par le personnage du père obsédé à l'idée de retrouver son fiston.

Il y a beaucoup de moments franchement drôles dans ce film (le même jeune toxico ne se rappelle plus s'il est séropositif face à l'attitude angoissée du flic) qui par ailleurs fait la part belle à de vrais personnages écrits, intéressants. C'est aussi ce que je retiens de positif, ce soin apporté à la caractérisation de personnages clés. Je suis beaucoup plus réservé sur le découpage en chapitres par personnages. S'ils sont suffisamment fouillés - et c'est le cas -  pas besoin de leur consacrer à chacun une tranche de l'histoire. Mais c'est bien pratique pour brouiller les pistes, noyer le poisson et faire oublier les insignes faiblesses du scénario.   

Parce que le bât blesse et pas qu'au niveau de la narration mais dès lors qu'on sent la volonté du réalisateur de jouer avec les traditionnels codes du fantastique pour mieux les contourner. Toute une classe disparue dans la nuit ? Sûrement à voir avec la 4ème dimension ? Et bien non que diable, la vérité est beaucoup plus prosaïque : une sorcière pardi de chair et de sang tout droit sortie d'un bon bouquin de Roal Dahl (on pense à Sacrées Sorcières naturellement).  Mais alors si l'on va par là, on espère s'appuyer pour l'explication sur du costaud, du crédible, du réaliste (une fois acceptée l'idée qu'on puisse exercer une emprise sur des gens avec un objet leur appartenant, un peu de son propre sang, un saladier rempli d'eau, une petite branche épineuse et une cloche). Et c'est là que tout s'effondre hélas...

Premier constat : pourquoi devant un tel mystère (au retentissement mondial j'ai envie de dire à l'heure de la surmédiatisation du moindre fait divers) et le choc émotionnel qu'il ne peut que susciter, n'y a -t-il pas pléthore d'équipes TV venu de tout le pays, du monde entier et avec forcément l'idée de vouloir faire un énorme sujet autour de la prof ou du seul élève de la classe qui n'a pas disparu ? Là, on nous décrit cette petite ville pourtant sous le choc comme presque normale à la nuit tombée... 2 péquenauds sur un trottoir, deux pots de peinture à l'arrière d'un pick up et puis c'est tout. Et la seule personne pas liée à l'affaire qui va traîner par hasard du côté de la maison transformée en lieu de sabbat c'est un toxico qui vit dans les bois... Mouais. 

Par ailleurs, sur une telle affaire (dont pourrait même s'emparer le président), pas de policier digne de ce nom sur l'enquête ? Pas de FBI ? Dans The Cure de K. Kurosawa (petit chef-d'oeuvre sur une thématique proche) l'enquêteur cherche à percer le secret du criminel qui manie l'hypnose pour faire commettre des meurtres par d'autres que lui (par procuration en somme). Donc le fil policier n'y est pas qu'un luxe il vient renforcer le caractère plausible d'un postulat de départ pourtant assez fantaisiste (c'est avant tout l'idée théorique d'un inventif qui veut renouveler un genre comme c'est le cas ici)... L'absence de cette dimension policière  et le fait que "l'enquête" soit confiée à des personnages de la vie civile - la prof, le père - permet de faire passer la pilule et de justifier le fait par exemple qu'aucune enquête approfondie ne soit ouverte autour du seul enfant à ne pas avoir disparu et de sa mystérieuse grand-tante. Bien pratique. Evidemment parce que partant de là, les questions simples arriveraient : d'où sort elle cette tante lointaine ? Lorsqu'elle vient et parle pour le père qui se remettrait d'après elle d'un AVC, on ne peut pas vérifier ? Dans quel hôpital ? Soignée par quel spécialiste ? Et la maman où est-elle ? Dans le même état ? Tiens, tiens...

Bon mais passe encore. Vient alors le moment fatidique : A 2h17, près de 30 enfants courent dans le lotissement et personne n'a rien vu ? Aucun chien pour aboyer devant une scène aussi scotchante avec le bruit de pas rapides sur le bitume ? Quand on voit toutes les maisons alentours traversées par la sorcière lorsqu'elle est poursuivie à la toute fin par la meute, on se dit quand même que y a un peu de foutage de gueule. Idem : des caméras parviennent à choper les enfants partant de chez eux mais aucune caméra ailleurs n'a chopé aucun enfant pendant la virée nocturne ? A posteriori, on se dit qu'il aurait été facile avec des chiens renifleurs spécialisés de retrouver la trace des enfants jusqu'à cette maison de malheur en utilisant des effets personnels...    

Autre point : quand la pseudo police vient faire une petite visite de courtoisie, on comprend que la sorcière a fait évacuer entretemps les 30 enfants. Mais pour aller où ? Et comment diable ne pas être vu alors que toute la ville, tout le pays on l'imagine, les recherche ? A cet effet, on ne suit qu'un père obsédé à l'idée de retrouver son fils. Mais quid des 60 autres parents ? Leurs enfants les intéressent moins ? Pas de réunion entre tous les parents meurtris pour élaborer des stratégies, échanger leurs intuitions ?

Autre question : comment les 3 héros (le père, le toxico et la maitresse) peuvent ainsi rêver voir cette "femme clown sorcière" alors qu'elle n'a pas encore exercé d'emprise sur eux et qu'ils ne l'ont encore jamais vue ? 

Interrogation sur les intentions de la sorcière :  Pourquoi couper un cheveu de la maîtresse dans la voiture la nuit (et prévoir de la faire assassiner le lendemain par le proviseur, alambiqué non ?) alors qu'elle peut simplement la mettre sous hypnose comme elle le fait pour les enfants le flic, le toxico ou les parents ?

Je n'ai pas goûté non plus les (sur)coïndences de la narration : le toxico tombe évidemment par hasard sur la maison du forfait et puis comme par hasard sur l'amant de la prof du jeune homme qui y vit... Ca fait trop de hasard pour un seul homme. 

Pour finir au rayon scato : comment les parents et les enfants sous hypnose font leurs besoins ? Puisqu'on les nourrit (le real tient à nous montrer cet aspect pour bien expliquer que tout ça n'est pas fantastique). Il faut bien qu'ils évacuent ? A la queue leu leu en prenant des tickets ? Sur eux mêmes ?  Il y a quand même pas loin de 30 personnes dans cette maison. Je vous laisse imaginer l'état des chiottes ou de leurs caleçons...

Voilà donc un film intéressant pour son humour et ses personnages bien campés mais côté histoire on repassera vraiment... Trop, vraiment trop d'invraisemblables invraisemblances.    

vendredi 15 août 2025

Gerry


La dernière image ? J'adore ce long plan séquence (interminablement beau) cadré sur les 2 visages l'un derrière l'autre, dodelinant à la même cadence. On sent l'obstination, la têtutesse, droit devant, sous le cagnard.

"Ils vont vers leur risque. A les regarder on s'habituera". C'est ce que je me suis dit (René Char was here).

Mais ça ne suffit curieusement pas hélas. Bien sûr, de supers séquences ou plans comme celui-là, le film est truffé. La photographie est fantastique. Comme la petite musique minimaliste qui vient enrober le tout.

Mais voilà.... C'est bien trop peu au final. La raison ? Elle est simple. Voilà deux personnages dont on ne sait rien, qui s'enfoncent (sans eau naturellement, sans carte, à l'époque il en faut à défaut de GPS, surtout en plein désert) sans savoir où aller, sans même se repérer par rapport à une montagne (l y en a toujours une en permanence dans le champ au tout début). C'est le genre d'improvisation qui te prend dans la grande ville (The Cacher in the Rye), ou tout seul quand tu sais que tu veux en finir. Mais à deux copains sur un mode léger en commençant par un petit footing histoire d'avoir vraiment soif tout de suite, sans jamais être capable de se repérer à partir d'aucun détail à l'horizon qui pourtant est absolument dégagé (la difficulté se pose quand l'horizon est bouché), ça fait qu'on y croit pas un instant. 

Le pire peut-être c'est lorsque les paysages changent comme dans un album pour enfant... Savane puis sable puis relief rocailleux puis sommets puis quasi désert de sel... Alors on comprend qu'on est dans un film au propos théorique, à la dimension allégorique à la portée d'un enfant de 4 ans : la vie c'est pas du Kiri, ça finit mal en général.   

On n'y croit guère. On ne s'attache pas puisqu'ils n'existent pas ces deux lascars. et leurs échanges sont évidemment à l'avenant, d'un banalité confondante.  Au niveau visuel, on pense par moments à Zabriskie Point. Mais dans ce dernier, une intrigue il y avait, même toute mince... D'ailleurs c'est Last Days qui dans un principe proche mais existentiel fera mouche quelques temps après. Parce qu'on avait soudain une histoire et son corolaire, le mystère, auxquels se raccrocher.

De quoi faire regretter que le portable ne soit pas arrivé jusque là fin des années 90... Ca leur aurait évité ce grand détour. Gerry est sans le vouloir une ode avant-gardiste et prophétique à l'usage intensif du portable. Pourtant, je pense au streamer Jean Pormanove qui est mort il y a quelques jours après des semaines de torture en direct (la voie royale vers des likes à l'infini mais le plus court chemin vers l'au-delà). Et je me prends à craindre que Gerry aujourd'hui ce serait deux streamers se filmant jusqu'à la mort (de soif et d'épuisement) dans un désert dont la surface du moindre caillou a été cartographiée depuis l'espace (impossible de se perdre de nos jours) juste histoire de donner du bonheur à leurs followers (sic)...    

mercredi 13 août 2025

Heretic

La dernière image ? tout cette séquence d'approche de la tempête qu'on sent vibrer salement dans le fonds du ciel alors qu'elles sont sur le point d'entrer dans la tanière du loup. C'est très réussi. L'ambiance claustro (à ciel ouvert) est immédiatement installée.

Elles ont d'ailleurs tout de deux "chaperons rouges" arrivant chez "Mère Grand" (qui aurait changé de sexe ?) avec leurs bibles et petits prospectus en guise de cadeaux... C'est ce que j'aime bien dans ce début,  tous les codes d'un conte au noir à la lisière d'une forêt imaginaire sont autant de balises allumées.

Le film a vraiment le mérite d'essayer quelque chose de nouveau dans le genre. D'abord choisir un acteur roi de la comédie pour camper le méchant, c'est pas mal tenté même si le pari n'est qu'à moitié réussi. Autant toute la première partie qui nous le présente comme quelqu'un de presque sympathique et bienveillant et donc très ambigu dans ses intentions lui sied à merveille, autant le passage à l'horreur totale à mi-parcours (et dans une obscurité bien trop épaisse) est trop peu crédible parce que même comme ça il garde une tête sympa, on ne peut alors s'empêcher de voir l'acteur derrière le personnage... 

Mais l'intention est louable comme est intéressante toute la joute verbale sur la religion, ses méfaits, son aspect sectaire, cela donne au film une texture lumineuse. LA façon dont l'héroïne décode et revisite les premiers moments dans la maison est également sympathique. On se croirait dans le dénouement d'un Agatha Christie quand Hercule Poirot réunit toutes les convives et refait le film pour trouver l'assassin...

Mais hélas, lorsque le dénouement arrive on se dit quoi ? Tout ça pour ça ? Le gars s'est tordu le cerveau pour attirer des jeunes femmes dans sa toile et les pousser à accepter leur mort/sort sans broncher ??? Beaucoup trop alambiqué. Ca n'a objectivement aucun sens. Comme toute la partie grandguignolesque avec la femme zombie (remplacé par une autre comme dans le Prestige de Nolan dans une toute autre ambiance) puis la découverte d'une pièce laboratoire où dormiraient dans un grand froid une poignée de jeunes femmes exsangues... On n'y croit pas une minute. Bref on retiendra un début intéressant puis le grand n'importe quoi... Dommage !    


  

mardi 12 août 2025

Maxxxine

 

La dernière image ? Probablement tout ce qui se rapproche, consciemment ou pas, de ce qui fit le sel de nos années 80 sur un petit écran : l'esprit des séries TV de l'époque, les coupes blondes peroxydées aériennes gonflées à coup de gel féroce, les clubs video où l'on vient pour la cueillette aux balbutiements du week-end. On a même cette sensation parfois de replonger dans une des séquences coupées de Hurlements (Dante) ou de Body Double (De Palma).     

J'avais vu le premier XXX : pas génial mais intéressant. Je trouvais notamment que Ty West apportait quelques chose de vraiment personnel dans la façon de faire naître l'horreur, avec toute une cinéphilie palpable dans ces choix de plans, d'éclairage, d'ambiance. 

Bon... Force est de constater qu'ici on navigue 3 tons en-dessous. En effet, je ne peux pas m'empêcher malgré la sympathie que m'inspire l'univers de souligner l'indigence de l'intrigue, la sensation que tout le dénouement est purement et simplement expédié (il n'y a pas d'autres mots).

C'est pour finir toc, parce que trop faible côté scénario et surtout personnages (le père wtf ? Le couple d'enquêteurs qui existe à peine)

Je prédis donc qu'on oubliera ce Maxxxine aussitôt après l'avoir vu.

Bref, ultra dispensable.