mercredi 31 décembre 2025

Les lumieres de la ville (1931)


La dernière image ? Cette séquence de fin, l'une des plus belles de toute l'histoire du cinéma. Tout simplement. Déchirante. Femme aveugle qui retrouve la vue, film muet qui est sur le point de devenir parlant... Des changements profonds à l'oeuvre, mais l'essentiel reste invisible pour les yeux.

Tout ce qui vient avant est d'anthologie : le suicide avorté, l'homme riche aussi "aveugle" que la fleuriste lorsqu'il est à jeun, l'ouverture pour l'inauguration d'une statue, évidemment le combat de boxe et puis et puis la rencontre sublime avec la jeune fleuriste.... Le bienfaiteur comme souvent discret, oeuvre dans l'ombre avec amour.

Le karma finit toujours par sourire aux bonnes âmes.

Ainsi va la vie sous les lumières de la grande ville.

Voyage en Italie (1954)


La dernière image ? Ce couple enlacé pour l'éternité dans les laves immobiles de Pompéi.

Je comprends mieux que ce film puisse avoir fortement impressionné la nouvelle vague au point que Le Mépris s'en soit emparé pour devenir la source d'un hommage tout en douceur. 

La vraie vie d'une procession au grand air, Ingrid Bergman au naturel, des lieux magiques traversés et rendus vivants par des guides hauts en couleur. et un message subliminal sur le couple, sa durée de vie. Tout est là.

Oui mais j'en suis ressorti un peu déçu. Peut-être parce que d'autres (Bergman, Cassavetes) ont été beaucoup plus loin dans la dissection des affres de la vie à deux.

Bon mais on sent que ce film a été un tournant, une oeuvre-pivot pour tout une génération qui va éclore début des années 60. Alors rien que pour cela et quelques moments comme celui de la foule qui sépare puis réunit les amoureux dans un mouvement qui les dépasse... L'amour et ses mystères.

mardi 30 décembre 2025

La Charrette fantôme (1921)


La dernière image ? La scène finale est d'une force peu commune, inoubliable. Notamment ce plan sur les 2 enfants qui dorment paisiblement alors que leur mère se prépare au pire et que le père est impuissant à faire quoi que ce soit... Mais je pourrais retenir bien d'autres moments dont celui au fond de l'eau. Le "passeur" vient récupérer l'âme d'un noyé dont le corps gît dans les profondeurs. Prouesse technique et poétique immense. Toute la séquence du cimetière fait également forte impression et peut rappeler le démarrage de Phantasm (Don Coscarelli). Faut-il y voir une citation ?

Je comprends mieux la filiation d'un Shining avec ce film fantastique. Il y va d'abord de toute la séquence d'attaque d'une porte à la hache (même cadre, même rythme, même folie à l'oeuvre). Mais on peut aussi retrouver dans le climat froid et enneigé les mêmes ingrédients du sombre conte de Noël. De même, cette intégration finale de Jack Torrance aux fantômes de l'hôtel capte l'idée même du remplacement d'un damné par un autre aux commandes de la charrette fantôme dans un cas, de l'overlook Hostel dans l'autre.

Le travail sur l'image, les effets spéciaux en transparence, tout force vraiment l'admiration d'un film qui date pourtant de 1921. Dingue !

Mais par-dessus tout, je suis impressionné par la construction en flash-backs successifs, une architecture d'une modernité folle qui mène élégamment, inexorablement à ce moment qui vous arrache le coeur... La jeune femme en train de mourir dévoile pour la première fois des sentiments forts à l'égard de cet homme (Holm) qui l'a tant faite souffrir, qui se révèle même être la cause de sa maladie mortelle... Déchirant moment.

Heureusement, la rédemption est toujours possible, de son vivant ou pas... Il suffit de le vouloir ou simplement d'ouvrir les yeux et son coeur. Cette séquence finale est fantastique à cet égard. Elle confirme que ce film est aussi un film sur le rêve et la façon dont il conditionne nos choix de vie. 

Difficile d'ailleurs de ne pas trouver une parenté très forte avec La Vie est belle qui se serait inspirée du Chant de Noël de Charles Dickens. Même principe vital déployé dans le film de Sjöström mais avec une dimension beaucoup plus fantastique, sombre et mortifère.

Bref, un film de chevet qu'il faut voir et revoir parce qu'il est le papa de toute une veine de cinéma à la fois réaliste et fantastique sur le déterminisme, la rédemption,  la mort, l'amour. Et un peu aussi le rêve... Celui qui façonne nos vies.


Les Temps modernes (1936)


La dernière image ? Charlot et son amoureuse s'éloignent enfin dans le couchant. Ils n'ont pas grand chose ces deux tourtereaux mais au moins ils ont l'amour. Et pincement au coeur, c'est la dernière fois que l'on reverra l'inimitable Charlot à l'écran. Raison de plus pour faire durer ce dernier plan dans nos regards d'enfant. 

Par ailleurs, je trouve en l'ayant revu hier que le film malgré des moments de relâche et des temps  faibles (des lourdeurs ici et là), garde dans l'ensemble sa modernité et son regard acéré sur ce monde en devenir qui est devenu pleinement le nôtre : une oeuvre visionnaire à n'en point douter.

Voilà une société où l'individu devient la variable ajustable, le boulon qu'on serre puis qu'on desserre à dessein selon la cadence imposée par un patron qui lui se concentre avec plaisir sur ses petits puzzles récréatifs. Bientôt, chaque individu sera devenu remplaçable puis inexorablement c'est la "machine" qui fera le boulot... Bien mieux et bien plus vite. D'ailleurs l'on découvre par l'exemple comment le "parlant" (par le biais du patron puis lors de la dernière séquence chantée) ringardise le muet... 

Evidemment, ce monde nouveau ne crée que du chômage, du malheur, du provisoire. Difficile de se projeter à deux dans ces conditions.

C'est ainsi que les séquences devenues cultes servent parfaitement le propos du film : de l'Usine à la machine à "fast Food" qui doit faire gagner un temps précieux, du grand magasin (préfigurant les fameux centres commerciaux) au restau-cabaret où l'on vient faire un peu de tout, manger, danser, rire, chanter oublier puis prendre la poudre d'escampette.. Tout est parfaitement orchestré afin que le peu d'argent gagné soit aussitôt englouti dans des activités favorisant au mieux l'oubli, au pire l'hypnose.  

Pendant ce temps, votre petite maison sur un terrain vague achetée à crédit tombe en ruines et ne vous protège de pas grand chose. Alors il faut s'en repartir le matin suivant à la recherche d'un nouveau moyen de se remplir le ventre. Restent les sentiments qu'on ne vous volera pas.

Personnellement ma préférence ira toujours parmi les oeuvres de Chaplin au Dictateur et à Monsieur Verdoux. Car dans la veine des Temps Modernes, Jacques Tati  arrivé peu de temps après me semble atteindre à une forme de perfection. Mais ce film reste un must parce qu'il fait rire, il attendrit et mieux encore : il fait réfléchir. Que demande le peuple ?

lundi 29 décembre 2025

Le Doulos (1963)

La dernière image ? J'adore la course de Serge Reggiani sur un trottoir fuyant les lieux de son méfait. Ca m'en a rappelé d'autres (En Quatrième vitesse et Pusher 2 notamment). Cela souligne les nombreux points forts de ce film noir et notamment les qualités habituelles de mise en scène de Melville excellant dans le genre.

J'ai vu que Tarantino le classait parmi ses films préférés et je ne suis pas surpris du tout.

D'abord, cette affaire de personnage trouble (le fameux Doulos ?) qui aurait cafeté, on le retrouve dans le coeur de l'intrigue de Réservoir Dogs. Lequel a trahi ?

Par ailleurs, toute la construction alambiquée qui à plusieurs reprises fixe l'attention du spectateur sur des moments clés de l'histoire pour en faire apparaître un nouveau sens, une info inédite, on retrouve aussi cela dans le premier opus de Tarantino puis dans Pulp fiction.

Cela, on peut vraiment le saluer et se dire que le Doulos pour l'époque (1962) apporte de la fraîcheur et de la complexité dans sa construction qui permet aux révélations de se succéder dans la dernière demi-heure jusqu'au bouquet final en captivant toujours son auditoire. Le genre de film qui rend plus intelligent et fait réfléchir sur les apparences et les intentions plus ou moins cachées des uns et des autres.

Ce que je peux déplorer en revanche (et que Tarantino a également repris à son compte parfois pour le meilleur, souvent pour le pire), c'est le côté bavard et explicatif (toute la séquence chez les policiers puis dans un café au cours desquelles Silien alias Belmondo explique, rappelle, bavasse...) qui handicape le film plus qu'il ne le sert. D'ailleurs, il est à noter que Melville atteindra à une forme d'épure en la matière avec Le Samouraï où le personnage central devient mutique et justement ô combien mémorable. L'économie, très cher, en toute chose l'économie.

Ici, probablement qu'en outre, Belmondo comme Doulos n'est pas au niveau de ce qu'exigeait le rôle : trop lisse, trop bambin. Ca manque d'aspérités. Et l'intrigue toute savante et riche qu'elle soit est un chouia trop tarabiscotée.

Bref, le Doulos reste un sacré film noir, innovant à bien des égards, mais souffre de ces défauts liés au besoin d'expliquer par le menu ce qui s'est réellement passé ici et là. Un peu dommage malgré un dénouement "plus noir tu meurs". A l'image de la séquence d'intro, toute aussi puissante.

Le Mécano de la Générale (1926)


La dernière image ? L'explosion du pont, l'affrontement dantesque entre Sudistes et Nordistes avec aux prises des centaines, peut-être des milliers, de figurants.

On peut légitimement penser que The General, véritable blockbuster des années 20 (1926) et probablement l'une des plus grandes comédies de tous les temps, est à l'origine de tant de films tels que Speed, L'Empereur du Nord ou Runaway Train, qui lui ont tout piqué, l'humour en moins.

Car enfin, c'est aussi là que le film reste une prouesse incroyable : filmer pour l'époque ces trains en marche, créant par là-même un incroyable suspense (chaque fois que Buster Keaton tombe à l'eau et doit crapahuter, grimper, descendre, pour rejoindre sa dulcinée). Tout semble ON AIR en permanence, tout est work in progress, filmé en LIVE... Et l'on est pas en reste lorsque L'homme qui ne rit jamais doit se faire tout petit sous une table où officient des officiers nordistes ou lorsqu'il échappe à l'attaque d'un Ours puis à un piège à ours sous une pluie diluvienne au milieu des éclairs... 

A vrai dire, il ne lui manque que la parole à ce film. Parce que pour le reste, tout était déjà là. L'intrigue simple mais puissance, l'humour dévastateur, la dimension politique et la portée philosophique...

Tout ce qu'on déploie comme énergie pour aller en guerre ou défendre sa mère patrie, c'est toujours par amour. L'amour, toujours l'amour. 

Répulsion (1966)

 

La dernière image ? Cet enchevêtrement de bras et mains d'homme dans un couloir, enserrant une Catherine Deneuve rarement aussi inquiétante. Une scène qui convoque immédiatement l'univers fantasmagorique de La Belle et la Bête version Jean Cocteau. Même s'il est question ici de folie, de fissures irréparables...

Répulsion s'inscrit dans la lignée du Locataire et de Rosemary's Baby. Ces univers clos où la folie affleure inexorablement. De talent (mise en scène, univers sonore pour renforcer le côté mental) le film ne manque pas, comme toujours avec Polanski.

Mais il y manque tout de même quelque chose. Parce qu'on voit tout arriver de très loin et surtout qu'on en reste à l'exercice de style (qui conviendrait parfaitement au cadre d'un court-métrage). Le fait d'en rester au déroulement, aux apparences, sans chercher à creuser, à comprendre les raisons de cette maladie mentale, fait qu'on sort du film comme on y est entré. Notre curiosité est piquée, on se laisse porter par le climat anxiogène mais on ressort de tout cela sans grand enseignement ni enjeux dramatiques puissants. Même si l'on peut deviner qu'elle a été marquée par des actes de violence sexuelle plus jeune (le père ?).    

Le Locataire allait déjà plus loin. Les personnages existaient davantage, une sordide histoire pré-existait à l'arrivée du nouveau locataire, la petite communauté des habitants de l'immeuble était plus dense, plus palpable et prenait toute sa force Kafkaïenne dans un dénouement cauchemardesque. Ici malheureusement, on reste un peu à la surface des choses.

Mais on ne m'enlèvera pas de l'idée que Répulsion (comme Le Locataire d'ailleurs pour Lost Highway) a beaucoup influencé le cinéma de David Lynch : ce lapin dépecé peut évoquer certains moments animaliers d'Erasehead. De même les moments de folie dans la chambre, le téléphone qui sonne éperdument, tous ces éléments renvoient à des moments et gimmicks célèbres de Twin Peaks ou Mulholland Drive). Il n'y a pas de hasard.

dimanche 28 décembre 2025

Rio Bravo (1959)

 


La dernière image ? j'adore la séquence du bar où Dude alias Dean Martin raccourcit l'homme aux chaussures pleines de boue... Lorsqu'on sait que Rio Bravo est une inspiration centrale pour Assaut de Carpenter, difficile de ne pas voir aussi dans cette séquence une inspiration directe pour la fameuse séquence paranoïaque de The Thing au cours de laquelle le héros traque un traître sur la base d'une preuve (dans un cas la boue dans l'autre le test sanguin).

Les personnages de l'éclopé et du soûlard sont attachants tout comme l'est l'empathie de la petite communauté à l'égard des 3 héros (Colorado, le tenancier de l'hôtel et son épouse ...). 

En revanche, les enjeux vitaux (la peur éprouvée pour nos héros) sont assez faiblement déployés je trouve, tout comme la séquence finale a quelque chose d'attendu, de prévisible et ne laisse pas une impression mémorable.

Je suis donc resté un peu sur ma faim malgré d'évidents points forts et le sentiment que Rio Bravo a été une inspiration pour de nombreux réalisateurs (Carpenter, Tarantino). Mais probablement que certains aspects de l'intrigue ont pris cher : le personnage d'Angie Dickinson faiblard, la délicatesse des "méchants" lorsqu'ils décident de ne pas zigouiller Dude ou le Shérif alors qu'ils en ont l'occasion... Et puis cet affrontement final où côté "méchants", on se rend bien vite. Ce qui affaiblit grandement l'opposition.

samedi 27 décembre 2025

Vacances romaines (1954)

 

La dernière image ? le final toujours aussi émouvant de ces retrouvailles entre la princesse et son prince charmant d'un week-end alors qu'elle a retrouvé ses apparats, son costume, les infernaux protocoles que son statut impose. Tout passe alors dans un échange de regard d'autant plus intense que tout ne semble plus vouloir passer en matière d'émotion que par le truchement d'un oeil qui frise. Fantastique dénouement. 

Rien que pour cet épilogue, le film doit être vu ou revu. Il reste l'un des ancêtres de la comédie romantique moderne.

Je retiens aussi ce démarrage sur les chapeaux de roue qui suit l'échappée belle de la Princesse comme on filmerait une évasion d'Alcatraz... D'ailleurs Audrey Hepburn trouve là un de ses rôles magnifiques : tour à tour corsetée, malheureuse puis libre, enfant espiègle, irrésistible.

Et puis, on aura beau dire, même si pas mal de moments semblent désuets, vieillots, les époques changent peu, nous est conté par le menu la société du spectacle, le paparazzi à l'affût pour faire du sensationnel, la recherche du scoop et de la photo qui fera sensation etc etc. Rien ne change, tout se recycle.

Autre moeurs, autre princesse : Brigitte Bardot qui vient de nous quitter, témoigna elle aussi à sa façon de ce que fut cet "enfermement" que celui de la notoriété à tout crin.

vendredi 26 décembre 2025

Mickey 17

 

La dernière image ? Chaque fois qu'une référence affleure (L'empire contre-attaque, Midnight Express, ...), on est content de la saisir au vol. Mais cela ne suffit pas à nous embarquer dans l'histoire d'un film à l'humour potache, bien trop long et finalement assez inoffensif. Plutôt oubliable.

J'aimais beaucoup ce réalisateur et depuis quelques films (notamment le surestimé Parasite), je trouve que le côté burlesque prend trop le pas avec, conséquence inévitable, des personnages outranciers, caricaturaux : ici le couple "présidentiel" sans la moindre aspérité. Juste deux silhouettes quasi transparentes tout droit sorties d'une imprimante 3D. Mais Mickey 18 n'est pas en reste. 

Quant à l'intrigue et ses métaphores, je déplore là encore des coutures  trop visibles et des enjeux connus d'avance (les monstres sont gentils, ils ne veulent que récupérer le petit dernier, ils sont pacifiques... Les méchants ce sont les humains et leur voracité démoniaque).

Reste que la fin est touchante : un remplaçable fait don de sa vie pour sauver le monde et éprouve soudain brièvement la peur de ce qui se prépare pour lui ensuite...

Les acteurs en font des caisses au fil de scènes ultra bavardes et gesticulantes : on se croirait presque dans du mauvais Tarantino parfois. Bref, ensemble indigeste malgré de jolis moments et de belles idées mal exploitées.

mardi 23 décembre 2025

L'agent Secret


La dernière image ? Je retiens deux séquences/moments qui cohabitent et disent bien la richesse et l'éclectisme de ce film.

Il y a d'un côté la veine film noir qui s'épanouit divinement sur un final qui saisit à la gorge. Il y a de l'autre côté le film fantastique si bien exploité lors des cauchemars du héros ou quand la jambe vient se venger de tous ces inconscients qui s'abandonnent à des jeux dangereux dès la nuit tombée. Moment résolument burlesque.

Le réalisme de l'époque (fin des années 70) est brillamment restitué. Ce climat de dictature où l'on se perd à Recife, où l'on y laisse son identité en attendant le ticket pour une autre vie. La corruption est évidemment partout et l'intellectuel, le chercheur se trouve rapidement dépassé par des "faiseurs d'argent" sans scrupules.

Alors on comprend que le cinéma seul sera en mesure de recoller tous les morceaux disparates, ces bouts de pellicule, et sauver de l'oubli les héros anonymes que la vie s'est chargée de dessouder.

Certes, on peut sortir frustré de toutes ces pistes explorées puis abandonnées (la petite communauté du purgatoire attendant un signal, les histoires d'amour ébauchées, les 2 jeunes femmes du présent qui enquêtent, le dénouement d'une violence inouïe qui se termine par une archive photographique...), avec le sentiment que le réalisateur a trop voulu garder sans jamais savoir comment finir, mais on quitte aussi la séance avec ce sentiment qu'un certain cinéma de fiction peut encore être politique, peut encore finement témoigner ce ce que furent des années de dictature quand bien même le lieu cinéma est devenu entretemps un centre de transfusion sanguine.

La dernière scène vient enfin rappeler que l'éducation c'est l'affaire de tout le monde. L'enfant marqué au fer rouge par une histoire terrible est devenu médecin avec des valeurs et ne remerciera jamais assez son grand père et projectionniste...

lundi 22 décembre 2025

Last Action hero

 

La dernière image ? Probablement toute la partie du retour dans le réel au cours de laquelle le héros Slater se rend compte que prendre et donner des coups, ça fait mal.. Et qui réalise au passage que Schwarzy est un planqué. Il ne se gêne d'ailleurs pas pour le lui signifier.

Le film a certes vieilli côté effets spéciaux mais qu'il est touchant et précurseur par beaucoup d'aspects. L'idée de "méchants" quittant la fiction pour rejoindre le réel et réalisant avec bonheur que dans la vraie vie le crime reste impuni la plupart du temps est savoureuse comme l'est la charge frontale dans cette même partie contre les politiciens de tous bords. Quant à la puissance du message sur le cinéma comme noble boussole pour réussir son évasion de la trivialité du réel, elle est intacte et fait mouche.

Et je passe sur les références innombrables à des films que John Mc Tiernan aime (y compris à ses propres films).

On peut donc le revoir aujourd'hui en éprouvant un vrai plaisir et apprécier la dimension mélancolique qui le traverse (encore plus aujourd'hui qu'hier).

lundi 15 décembre 2025

Bone Tomahawk


La dernière image ? C'est difficile à dire, mais j'aime beaucoup la séquence d'introduction qui est finalement un teaser sacrément réussi de ce qui va suivre. D'emblée l'annonce est faite d'un mélange des genres, du western académique (ici l'intrigue de la prisonnière du Désert) au film d'horreur trempé dans The Descent ou Cannibal Holocaust et mâtiné de Mad Max Fury Road (pour les habitants aux allures d'ogres de ces maisons troglodytes).  

C'est vrai qu'après coup, je me dis que ce film aurait mérité meilleur sort en France (une sortie en salles, pourquoi pas ?). Notamment ce casting aux petits oignons qui ramène souvent vers John Carpenter, Quentin Tarantino ou Rob Zombie.

L'intrigue, baignée de mystère, est également captivante même si j'aurais aimé qu'on consacre plus de temps à l'arrivée de ce personnage énigmatique qui entraîne avec lui son lot de malheurs pour la petite communauté pas vraiment préparée à ce qui va suivre.

Dans l'ensemble, on s'accroche aux personnages, à l'intrigue, jusqu'à ce dénouement de film d'horreur plutôt réussi mais un peu expédié et surtout pas ultra crédible (comment le boiteux est-il arrivé par lui- même dans cette grotte suspendue ?).

Reste que pour une petite série B horrifique, on peut saluer ce mariage (si rare à l'écran) du western et du quasi-survival.

Aride et pas facile d'accès le Bone Tomahawk mais il vaut le détour !

Flow


La dernière image ?

Une très forte charge métaphorique dès l'entrée en matière et cette eau qui ne cesse de monter, monter... C'est la rencontre avec ce "monde" qui est véritablement à chérir. Une poésie uqi emporte tout sur son passage.

Tous les enjeux narratifs sont également à saluer. Cette idée qu'on puisse se passer de dialogues et même d'humains pour raconter une histoire d'initiation et d'amitié improbable à bord d'un petit bateau...

Dans l'ensemble, un film d'animation exceptionnel qu'on peut ranger aux côtés des classiques (Le roi et l'Oiseau, La Planète sauvage,...).

Seul hic néanmoins : l'intrigue qui se refuse à beaucoup d'artifices et de circonvolutions et peut finalement rappeler la "cinématique" un peu froide (intellectuelle) d'un beau jeu vidéo. Ce faisant, le déroulement de l'intrigue peut aussi évoquer l'encéphalogramme plat de ce bateau fendant les ondes de façon trop rectiligne au fond. Avec tout de même, on le sent, cette nécessité à la toute fin de rappeler que cette odyssée, cet effort collectif n'aura pas été vain. La preuve par l'exemple.

Mais bon, je  fais le difficile... Flow reste un sacré voyage qu'on ne peut que conseiller de faire. Voilà qui change du tout venant et qui reste un cadeau pour les petits comme pour les grands.