La dernière image ? Tout le final est ahurissant d'intensité dramatique, de suspense, de puissance émotionnelle. Depuis la folle tempête, dantesque, jusqu'au baiser de fin libérateur. Mais j'adore aussi le début et son ambiance de Film Noir parfaitement brossé. On est alors presque dans un film fantastique (le mari véritablement sous influence, possédé, est alors tout droit sorti d'un grand film d'épouvante). Entre ces deux extrémités bat le coeur d'une comédie romantique (toute la partie urbaine) avec ce génie de la rendre crédible pour un "vieux" couple qu'on croyait perdu pour l'amour... et bien non !
Bref, calmé ! C'est le mot. Je suis calmé par cette divine révélation que tant de genres ont pu naître et cohabiter harmonieusement sur ces rivages hospitaliers : Film noir, Epouvante, Comédie romantique, Film catastrophe (le naufrage) et même film d'aventures : quitter sa campagne, gagner la grande ville et ses carrefours mortels, l'Asphalt jungle. En effet, le lieu sauvage, dangereux, devient paradoxalement la ville pour nos deux tourtereaux en quête de rachat. Mais c'est aussi là (dans ce bain de non sens, d'argent et d'apparences) qu'ils retrouvent leurs valeurs et du sens à leur vie commune.
Tout est si bien amené, pesé, raconté. Bref un incontournable avec des moments qu'on sait déjà revivre devant la caméra d'autres réalisateurs : Hitchcock naturellement mais il y a aussi ce fameux "Kubrick Stare" qui est né ici sur cette barque au moment de commettre l'irréparable (longtemps avant le "Psycho Stare" d'Anthony Perkins).
Fantastique Aurore qui redonne foi en l'humanité et fait rêver d'exode urbain et de retour vers nos campagnes.
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