La dernière image ? Cet enchevêtrement de bras et mains d'homme dans un couloir, enserrant une Catherine Deneuve rarement aussi inquiétante. Une scène qui convoque immédiatement l'univers fantasmagorique de La Belle et la Bête version Jean Cocteau. Même s'il est question ici de folie, de fissures irréparables...
Répulsion s'inscrit dans la lignée du Locataire et de Rosemary's Baby. Ces univers clos où la folie affleure inexorablement. De talent (mise en scène, univers sonore pour renforcer le côté mental) le film ne manque pas, comme toujours avec Polanski.
Mais il y manque tout de même quelque chose. Parce qu'on voit tout arriver de très loin et surtout qu'on en reste à l'exercice de style (qui conviendrait parfaitement au cadre d'un court-métrage). Le fait d'en rester au déroulement, aux apparences, sans chercher à creuser, à comprendre les raisons de cette maladie mentale, fait qu'on sort du film comme on y est entré. Notre curiosité est piquée, on se laisse porter par le climat anxiogène mais on ressort de tout cela sans grand enseignement ni enjeux dramatiques puissants. Même si l'on peut deviner qu'elle a été marquée par des actes de violence sexuelle plus jeune (le père ?).
Le Locataire allait déjà plus loin. Les personnages existaient davantage, une sordide histoire pré-existait à l'arrivée du nouveau locataire, la petite communauté des habitants de l'immeuble était plus dense, plus palpable et prenait toute sa force Kafkaïenne dans un dénouement cauchemardesque. Ici malheureusement, on reste un peu à la surface des choses.
Mais on ne m'enlèvera pas de l'idée que Répulsion (comme Le Locataire d'ailleurs pour Lost Highway) a beaucoup influencé le cinéma de David Lynch : ce lapin dépecé peut évoquer certains moments animaliers d'Erasehead. De même les moments de folie dans la chambre, le téléphone qui sonne éperdument, tous ces éléments renvoient à des moments et gimmicks célèbres de Twin Peaks ou Mulholland Drive). Il n'y a pas de hasard.
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