Probablement que de rebondissements il y a un peu trop, possible que l'héritage des Frères Coen est réclamé de façon trop insistante (les parallèles et citations sont parfois des coutures trop visibles) mais pour un premier film il faut surtout saluer la maîtrise de la mise en scène, la performance collective de tous les acteurs (une brochette de personnages sensationnels), l'écriture avec une narration aux petits oignons qui réserve son lot de surprises et de vraies sensations fortes. Et puis surtout ce duo qu'on n'oublie pas facilement. Dans la vraie vie des perdants subissant les évènements et qui cette fois parviennent par la magie du 7ème art à inverser d'une certaine façon la vapeur et à en tirer avantage. Premier presque coup de Maître pour ce Shane Atkinson à suivre assurément !
La dernière image ? Ce que je garde de précieux d'un film pas revu depuis 1 minute ou belle lurette
dimanche 29 décembre 2024
LaRoy
mardi 24 décembre 2024
La vie est belle. Capra
La dernière image ? Ce sera toujours et à jamais ce pont enneigé, les eaux sombres dessous, la silhouette déguingandée de James Stewart arpentant l'artère principale de Bedford Falls.
La vie est belle que je viens de revoir un 24 au soir en famille garde une force peu commune, arrache des larmes quand vient le moment pour Bailey de découvrir le monde tel qu'il vient quand il n'existe plus... C'est déchirant. Alors, j'ai bien relevé quelques longueurs, des dialogues superflus, c'est certain mais le fond, cette dualité Bailey / Potter (Retour vers le futur avec le recul reprend beaucoup beaucoup de choses au merveilleux film de Capra), tout le message sur cet homme de "devoir" qui à trop avoir aidé les autres aura fini par s'oublier est toujours aussi pertinent, fait mouche tant il fait réfléchir. On a tous connu ces gens au tempérament trop sacrificiel et qui finissent par s'effacer.... Un conte fantastique dans tous les sens du terme.
lundi 23 décembre 2024
Green room
Malin petit film d'horreur et habile huis-clos qui n'est pas dénué d'un humour toujours bienvenu et qui sait par ailleurs faire exister des personnages arrivant avec leurs doutes, une fragilité (certains tueurs un peu tendres) une humanité qui transparaît souvent ("je préfère aller en taule..." dira l'un des assaillants sous emprise du redoutable grand architecte de l'horreur) et qui finitpar rendre ce petit film attachant, comme ses deux héros de circonstances qui finiront même par discourir sur le fameux album qu'on emporterait sur une île déserte... De la série B finement troussée, de très bonne facture.
dimanche 22 décembre 2024
M Klein
La dernière image ? Le Vel d'Hiv, cette longue séquence qui glisse imperceptiblement de la ville, de la rue vers l'atmosphère carcérale d'un train de marchandises, ou de transport de bêtes. Ce qui renvoie parfaitement à la séquence inaugurale où l'on scrute dans les traits et maxillaires d'une femme le signe, la preuve indubitable de sa judaïté qui la condamnerait de fait.
La grande force de ce film est avant tout sa matière sombre et presque fantastique, son atmosphère puissamment Kafkaïenne (on pense au Procès, ou à Invitation au supplice de Nabokov). sa radiographie du double, et d'une forme de folie qui en découle chez le personnage principal, avec l'obsession qu'il se cheville au corps pour cet autre moi, son humanité perdue, celui qu'il aurait pu être ou devenir... Une idée fixe qui l'amène à fréquenter les mêmes lieux, à séduire les mêmes personnages, adopter le même chien, embarquer dans le même train de la mort.... Le film aurait d'ailleurs pu s'intituler Le deuxième homme tant on peut penser parfois au grand film de Carol Reed.
Décidément Joseph Losey est un très très grand réalisateur. Il me rappelle ici Roman Polanski à ses plus grandes heures. Quant à Delon, avec le recul, je me demande s'il ne tient pas là son plus grand rôle. Magnifique, flambeur, vénal, retors puis fragile, touchant, curieux, obsessionnel et pour finir fou à lier !
Conversation secrète
Toute la force de Conversation secrète réside dans l'apparente simplicité de son dispositif filmique. Un héros plutôt taiseux sombre, marqué dans le passé par des filatures ayant coûté la vie d'innocents interroge le sens profond de son métier, de sa mission à l'heure où il pressent avoir avec cette mise sur écoute livré 2 oies blanches au vengeur qui peut y voir une occasion rêvée pour zigouiller à tour de bras... Mais est-ce aussi simple qu'il n'y paraît ? Ces échanges en apparence anodins sont-ils codés, dissimulent-ils des enjeux plus retors ? Plus on les écoute puis les ré-écoute, plus on finit par douter, y trouver ici une fragilité, là une détermination, un sous-texte...
C'est tout l'intérêt de ce grand film qui s'inscrit élégamment dans la mouvance des Blow Up et autres Blow Out ! La musique est tout bonnement fantastique, colle parfaitement à cette atmosphère poisseuse et paranoïaque où la technologie toute puissante renforce paradoxalement tous les personnages dans des solitudes prostrées. La préfiguration en majesté de la période actuelle qui consacre l'inidividu interconnecté mais jamais aussi perdu, replié.
A noter des seconds rôles épatants dont le regretté John Cazale ou le surprenant Harrison Ford dans un rôle fort ambigu. Et je retiens pour finir que Gene Hackman est un acteur particulièrement fantastique ici, chez Arthur Penn (son fantastique Night Moves) ou William Friedkin (Popeye dans French Connexion). Quasiment son trio gagnant. On pourra chercher aussi du côté de L'Épouvantail (Jerry Schatzberg) , Impitoyable (Clint Eastwood) ou Prime Cut (Michael Ritchie).
vendredi 13 décembre 2024
When evil lurks
La dernière image ? Elle est multiple tant de moments terrifiants reviennent en mémoire. Pour tout dire, ça faisait longtemps que j'espérais voir se déchaîner une telle puissance dévastatrice à l'écran. De la terreur à l'état pur.
Par un propos subversif (notamment sur la famille, ici plus du tout un refuge), le réalisateur franchit ostensiblement toutes les lignes rouges, met en scène l'inpensable (la scène du chien pour ne prendre que cet exemple) et laisse exsangue, aussi désespéré que le personnage principal.
Certes, il y a des défauts, des répétitions malvenues, des moments trop explicatifs, mais l'incroyable audace de ce réalisateur (à suivre assurément) parvient preque à faire oublier ces défauts (d'écriture essentiellement) parfois gênants mais jamais rédhibitoires.
Je ne sais pas si ces références sont bien celles du réalisateur mais on pense et pas qu'un fois à des films comme l'Au-delà (Lucio Fulci) ou les Révoltés de l'an 2000 (de Narciso Ibanez Serrador. Je pense à la scène de lynchage dans l'école).
Pour celles et ceux qui le verront, attachez vos ceintures !
samedi 2 novembre 2024
Saw X
La dernière image ? Franchement aucune... Tout ici est réchauffé, recyclé... Il y manque un coeur pour battre et faire vibrer.
Quand Saw est sorti en 2004, j'étais déjà abasourdi par la nullité crasse d'un projet sans colonne vertébrale et ressuçant gaiement les Seven et autres Cube en visant surenchère, provoc, mauvais goût et hémoglobine à gogo. Je n'en avais plus vu un seul jusqu'à ce Saw X... Qui vient confirmer s'il était besoin que la nullité a résisté aux années... Quel énorme navet. A vomir !
vendredi 1 novembre 2024
Late night with the devil
La dernière image ? Je retiendrai le concept de départ, L'immersion par des images d'archives de cette émission qui entend faire le buzz, des années qu'on a aimé. Un petit écran qui fascinait tout autant qu'il interrogeait déjà.
Sorti de cette entrée en matière, encore un petit film d'horreur au concept malin, à l'idée de départ pas inintéressante : qu'est-on prêt à faire dans les seventies pour gagner la bataille de l'audimat ? Mais la veine Blair Witch se ressent trop et surtout le film accouche d'un souris... Tout est banalement répétitif (le magicien sceptique qui se refuse à croire à l'impensable pendant que le drame vécu dans le passé par le présentateur revient évidemment frapper aux portes...). Linéaire, scolaire, lourdingue, malgré des touches d'humour bienvenues dans la découverte de l'univers.
J'ai envie de dire qu'"une bonne idée" suffit rarement...
samedi 19 octobre 2024
Mars Express
La dermière image ? J'adore ce moment suspendu où le robot cherche à sécher ses larmes mais en vain... Puissamment poétique. Probablement que je retiendrai aussi l'attentat sur un bout d'autoroute tranquille et la façon dont l'héroïne parle enfin d'égal à égal avec son copain de robot qui soudain s'est affranchi de ses maîtres, de ses liens, de ses chaînes... Un véritable duo émerge. Séquence puissante qui marque les esprits.
Les (nombreuses) références affleurent et sont identifiables tout au long de Marx Express : l'affiche naturellement (Cobra), les pillules rouges, l'univers des hackers (Matrix), l'attaque de la tueuse ou la séquence du commissariat (Terminator 1 & 2), Carlos, sa vie d'avant, la séquence finale et le combat contre un robot nouvelle génération (Robocop). Le copain de régiment devenu traître (Le Privé d'Altman). Toute l'imagerie Film Noir insérée dans de la SF évidemment on voyage dans les effluves de Blade Runner. Et puis le clin d'oeil final à 2001 A Space Odyssey.
Perso, j'apprécie que Mars Express cite ses glorieux aînés. Des références peut-être un peu trop lisibles parfois. Je regrette aussi quelques bavardages inutiles et décryptages rappelant parfois la résolution d'un épisode de Scoobidoo. Mais ceci étant cet univers est crédible, souvent inventif. on est pris et curieux jusqu'à la résolution finale. Le duo fonctionne, les dialogues et les choix artistiques et de mise en scène font souvent mouche. J'ai cependant une réserve : toute la chorégraphie des combats de la fin m'ont un peu déçu. La visée trop grandiose/grandoliquente de la résolution est une autre petite déception. J'aurais sincèrement préféré que cette idée reste une fausse piste et qu'on soit revenu sur une problématique beaucoup plus personnelle/intime... Ce dénouement place finalement le film davantage dans une veine James Bondesque ou Mission Impossiblesque (avec de super méchants à mettre hors d'état de nuire) que dans ce que le Film Noir a créé de plus beau, de plus vénéneux... Le final désespéré du Privé pour ne prendre que cet exemple...
Mais sinon c'est honnêtement un très bon film d'animation qui tranche avec le tout venant habituel. Et rien que ça on peut saluer !
dimanche 13 octobre 2024
Les Chambres rouges

Séquence glaçante, mise en scène chirurgicale. D'ailleurs, c'est à retenir : Chambres Rouges (à l'instar de son accusé au physique d'abord quelconque) finit par exercer une emprise sur le spectateur à coups répétés de lents travelling étouffants qui jouent merveilleusement sur tous les registres du regard : celui qu'on vole, celui qui insiste, celui qui s'empêche, celui qui se dérobe, celui qui s'inonde de peur ou de tristesse... Cette approche parfois théâtrale, peut-être un peu rigide par moments, un peu distante, "intello" diront certains (ce que je peux comprendre dans les reproches exprimés) finit par servir le propos qui tout de même renouvelle le genre (enquête sur un serial killer et traque des preuves, on est à des années lumière du Silence des Agneaux pour ne prendre que cette référence) en créant ce trouble inquiétant sur les intentions de l'héroïne... Désaxée, sûrement, tueuse en puissance, on ne sait pas, elle cultive les rituels de la groupie "Copycat" et ne permet pas au spectateur que nous sommes de nous glisser sou le maquillage, derrière les lentilles pour radiographier via sa cornée veineuse les intentions profondes, premières. Des secrets si bien enfouis qui jusqu'au bout nous resteront inacessibles. Et cette question demeure : Où se situe le plaisir recherché au cours de cette élucidation ? Passionnant casse-tête.
Minimaliste, cuisine moléculaire du thriller horrifique, on peut donc rester sur sa faim par ici j'en conviens mais les quelques "flushs" sous le fard qui fusent font sacrément mouche et ont fini par emporter le morceau me concernant.
Reste une enquête dont on aurait peut-être aimé qu'elle soit plus complexe, davantage "manufacturée", à la sueur du front. Car la seule transpiration se produit ici sur du tapis d'appartement ou dans l'immaculée salle d'audience, au cours d'un interminable surplace. Le monde d'aujoud'hui en somme. Connecté partout mais ici. Et nulle part, qui sait ?
Et ça, renouveler un genre sans gesticuler, en bougeant à peine le petit doigt sur un clavier, en n'agitant que ses petits yeux rougis, c'est déjà un sacré tour de force.
Brillant !
mardi 8 octobre 2024
Armes Sensibles 2004
La dernière image ? Un tournage mémorable au petit jour. Une clairière, un saut dans le temps. Début des années 2000. Le temps file mais la pellicule imprime. Mieux, elle témoigne. Court-métrage fantastique d'un vieux copain.
Le temps file et nos âmes mélancoliques y sont toujours sensibles. Comme... l'arme toujours à l'oeil. Et l'âme toujours à la bonne heure.