dimanche 30 novembre 2014

Le Pacte des Loups. Christophe Gans


Incompréhensible succès ! Je me rappelle d'une vraie grande séance de rigolade devant Le Pacte des Loups. Le ridicule ne tue pas et c'est tant mieux parce que la paire Le Bihan (qui détient la palme) - Cassel en atteint des sommets dans une scène de ratatinage de citrouilles... Très, très mauvais film jusque dans l'apparition finale d'une bête à pleurer de rire... Décidément, Christophe Gans a sûrement du talent mais il manque de recul ou d'auto-dérision. Son Cryng Freeman était déjà aussi creux et affecté que celui-ci est ridiculement empesé. C'est ce qu'il lui manque le plus : de l'humour. Peut-être faudrait-il qu'il s'attaque à la Comédie pour tuer le signe indien. Mais d'ici là, passons, y compris notre chemin !

Adaptation. Spike Jonze


Certains ont évoqué pas complètement à tort un film de "petit malin". Même si je comprends ce qu'ils ont voulu dire par là, je ne suis pas totalement d'accord... Bon c'est vrai, je n'adore pas l'intrusion d'une force irrésistible, du hasard, de la fatalité à la toute fin du film pour justifier un truc qui du coup ne fonctionne curieusement pas vraiment... Une façon comme une autre de se tirer une balle dans le pied. Curieux, comme de l'auto-mutilation, du sabotage intime... En même temps, je vois ça comme une façon de nous dire que tout ceci n'est qu'une vue de l'esprit, une habile et humaine construction, Forcément imparfaite. L'un des multiples scenarii pour nous raconter cette histoire-là. Et même si j'ai toujours été gêné, assez peu convaincu par la chute, tout ce qui vient avant est tellement fort de mémoire, tellement intelligent, tellement généreux à l'image de cette interprétation fragile, toute en nuances de Nicolas Cage), qu'il faut voir et revoir ce film. Parce qu'il fait aimer le cinéma et ses créateurs. Bigrement ! Fichtrement ! A la folie !        

samedi 29 novembre 2014

Alexandre. Oliver Stone


Colin Farrel en Alexandre le Grand ? On dirait surtout un footballeur espagnol peroxydé. Le Fernando Torres des débuts peut-être ? Et chaque nouvelle tirade vous arrache des gloussements ... "Ooooh par l'Euphrate, je jure que l'aventure commmeeeence ici mes amis. Darius nous vaincrons ici et maintennnnnant". Gros violons derrière, ralentis aussi... Confier le destin d'Alexandre sur pellicule à Olivier Stone c'est un peu comme si on demandait à Patrick Sébastien d'écrire les mémoires de Rimbaud voyez... Y a comme un problème de casting, A éviter, sauf si on veut rigoler.   

vendredi 28 novembre 2014

L'empreinte de la mort. Philippe Martinez


L'empreinte de la mort reste un film fauché, bancal, une série quasi Z mais il a curieusement un certain charme qui fait qu'on n'a pas envie de le massacrer... Ca n'est d'abord pas exactement le film de Baston classique auquel nous avait habitué jusque là JCVD. Parce qu'il y a comme un parfum de Film Noir qui flotte sur cette histoire de vengeance. Mais il y a surtout que c'est la première fois qu'un réalisateur arrive à faire de Van Damne un véritable acteur, une authentique gueule cassée... Et rien que pour cette sensation à la vision du film, ce dernier valait le coup d'exister !

A Touch of Sin


Il y a d'abord dans A Touch of Sin un réalisme fracassant. On a vraiment le sentiment de côtoyer les personnages et de se promener dans ces décors parfois urbains parfois industriels (de grandes friches, des carrières...), parfois étouffants (Lieu de charme, usine). La Chine populaire n'a jamais si bien porté son nom. Cette immersion dans le réel tranche avec le soin méticuleux apporté aux scènes de fulgurances. Car il est ici question de personnages (femmes et hommes) qui déchaînent soudainement leur violence parfois au bord de la crise de nerfs, par émotivité, y compris contre eux-mêmes et parfois beaucoup plus froidement, cliniquement, pour exécuter un contrat par exemple... Ces histoires mises bout à bout seraient inspirées de faits divers. Ce qui se sent très fort à l'écran. Il n'y a pas de hasard.

J'adore particulièrement le premier segment dont le personnage principal est un fusil, littéralement. Très vite le tireur s'efface derrière le canon qui chaque fois qu'il apparaît provoque des sueurs froides. Je suis moins fan des 3 suivants (le tueur masqué puis la passeuse qui pète les plombs puis la bluette d'adolescents et leurs inévitables désillusions...).

On se demande d'ailleurs si le film aurait eu la même force, la même intensité, sans cette constante d'un épilogue sanglant ou simplement choc au terme de chaque nouvelle histoire. Je veux dire par là : ces déflagrations gardent-elles leur efficacité lorsqu'elles sont aussi systématiques ? Je ne le crois pas. Enfin, j'ai surtout un problème avec l'enchaînement des segments d'histoires qui sonnent souvent comme des trucs bien commodes et pas très réfléchis (un camion renversé, un bus,...) pour créer un lien, une harmonie quelque peu factice au final.. Mais sinon, c'est fort, mieux que n'importe quel voyage en Chine. Regardez ce film, ça prend aux tripes.             

Zodiac. David Fincher


Excellent film, longuet il est vrai, mais passionnant sur le soin apporté à la complexité des personnages principaux (qui sont nombreux) et curieusement pas vraiment sur la chute (qui d'ordinaire constitue le seul véritable intérêt dans ce type d'exercice à savoir le "Whodunnit?"). Un contrepied qui est louable et rapproche le propos du film d'une radiographie (pas piquée des vers) de la faillibilité en matière de jugement (justice, subjectivité propre à l'Homme, imparfaite parcelle d'humanité, pièce d'un puzzle qui le dépasse)... Le film met aussi à l'honneur un dessinateur et nous rappelle que chacun est légitime pour contribuer dans des domaines d'expertise qui ne sont pas les siens dès lors que LA passion est là.  A la fin, on aimerait d'ailleurs pouvoir retrouver les personnages encore des années plus tard, dans un futur opus à naître, pour savoir ce qu'ils sont devenus. Et rien que pour ça, Zodiac est une réussite...


Notes additionnelles après re-vision

Je viens de le revoir. C’est vrai qu’il y a un sens ondulant du rythme qui rend sa vision et sa re-vision pas chiantes pour un sou. Et quelle direction d’acteurs : tous phénoménaux, guère d’autres mots. A le revoir, j’ai trouvé très fort cette charge contre un « fédéralisme » exacerbé qui rend la reconstitution du Puzzle criminel d’autant plus délicat. Quand des crimes sont commis dans divers Etats, la responsabilité de la police s’en trouve nécessairement diluée, morcelée, et ça sert évidemment l’atmosphère ubuesque et parfois comique de cette véritable odyssée de la recherche éperdue de sens, à défaut de vérité. Une tour de Babel centrée sur la résolution d'une énigme. L’autre message qui passe toujours aussi bien est celui de cette passion reine (du dessinateur apprenti policier, du créatif apprenti scénariste, de toute personne animée par une envie saine et « pure » et pas encore emberlificotée dans un professionnalisme susceptible d'éteindre cette lumière…) qu’il faut savoir garder intacte en toutes circonstances. Et à y repenser, les badges « I am not Avery » (du nom du journaliste devenu la cible prioritaire du Zodiac) ne sont pas sans rappeler les récents slogans « je  suis Charlie » et « je ne suis pas Charlie » stigmates d’une époque de surmédiatisation de tout fait divers surgissant dans l’actualité et auquel il faut donner un sens à tout prix... Sous peine de dérailler, de sombrer corps et âme. Or tout le film nous crie le contraire. Donner du sens à tout prix n'est pas l'essentiel, pas plus que trouver la vérité ou la solution à un problème. C'est en toute chose le chemin qui compte. L'invisible échaffaudage de nos vies à l'oeuvre. Fincher est grand !

mardi 25 novembre 2014

La vie d'Adèle. Chapitre 1 & 2


Mon coup de gueule de l’année. Il y a pour commencer un énorme problème de construction narrative sans la moindre complexité. Trop linéaire. Mise en situation lycéenne classique puis relation à naître de l’héroïne (Adèle) et du beau type de la classe. Et ça ne se passe pas bien. Evidemment. Alors ça se termine et Adèle n’a pas vraiment l’air heureux. Elle lui dit "c'est fini" et voilà que Môssieur part fâché. Elle décide donc pour se changer les idées de sortir avec son copain homo. Et là, Adèle rencontre enfin sa future déjà entraperçue dans une première scène anodine et téléphonée (après une  scène de baiser lesbien au lycée qui laisse comprendre qu'elle en a du goût pour les femmes). Ca fait déjà une heure et c'est d'une platitude à toute épreuve.

Puis arrive le temps de la relation physique. Et on se dit que c’est un peu comme si Gus Van Sant avait eu la (très) mauvaise idée d'obliger River Phoenix et Keanu Reeves à se travailler au corps pendant une plombe à coups de langue sur un lit dans My Own Private Idaho ? Ca ne fonctionne pas. On sent un regard masculin posé sur ces corps qui rappellent davantage un étalage de viande. No Feeling. D'ailleurs la scène de cul avec le garçon était déjà pas très intelligemment filmée. Des plans trop larges, trop fixes, une lumière trop crue. Tout le contraire des ébats adolescents qui recherchent souvent la ritualisation de l’acte quand il y a des sentiments comme cela semble être le cas ici... On n’est jamais dans la tête de ces jeunes gens mais aussi extérieurs à la scène que le réalisateur derrière sa caméra ! Voilà le deuxième gros problème du film : les scènes de sexe sont complètement ratées et bien trop longues... Il suffira de revoir un chef-d‘œuvre comme Intimité de Patrice Chéreau pour le comprendre immédiatement. Des scènes qui mettent davantage mal à l’aise pour les 2 actrices qu’en empathie pour les personnages… Il aurait fallu qu'elles soient vraiment dedans, qu'il y ait un vrai regard, de la caméra à l’épaule, des plans qui tremblent qui vivent qui respirent avec les personnages… Au contraire s'empare de nous la crudité mécanique la plus totale, une tension vaine sans vrais échanges de regards, qui interroge d’ailleurs sur la nature du film : est-ce un traité sensuel et sensible sur une passion physique ou une réflexion autour des sentiments passés au crible de l'éternelle lutte des classes ? On peut légitimement s’interroger en observant ces parents un peu simples, mangeant des spaghettis d’un côté, un peu bourgeois et gobant des huîtres de l’autre… Si tel était le cas, il aurait alors fallu donner aux personnages secondaires une importance bien plus grande qu'ils ne l'ont. Or on se contente de silhouettes pleines de clichés crasseux sur leurs conditions respectives.

Arrive ensuite la longue Pâtes Expo. Adèle est devenue instit. Léa expose enfin. Plus de copains homos, plus de copains tout court, plus de famille, plus de parents… Juste les amis de celle qui expose pour bien faire comprendre que l’une a absorbé l’autre dans son univers. Ca ressemble furieusement à une bouffe de fin de tournage sans grand intérêt y compris dans le contenu. On pourrait très bien voir une scène où un personnage parle mollement de ses hémorroïdes. Le réalisme ou la vraisemblance ne fait pas un cinéma vérité à tous les coups. On a par ailleurs coupé les cheveux de l’une et changé la couleur de ceux de l’autre pour faire comprendre qu’on est désormais plus loin dans le temps. Binaire, encore et toujours. Il y a aussi dans cette séquence des anecdotes pas fines autour de la problématique des « t’aimerais avoir un enfant ? » « les femmes sont-elles différentes des hommes au pieu ? »… Ensuite évidemment la causalité binaire se poursuit. « Tes amis me mettent mal à l’aise. Je me sens complexée ». Et Léa une fois au pieu de bien faire comprendre qu’elles sont entrées dans le cycle de la monotonie qui tue l’amour. C’est plus trop la passion. La preuve, Léa à Adèle « j’ai mes règles »… Comble de la connerie et du déroulement mécanique d’une rupture annoncée avec ses étapes plan-plan du soir où le corps ne veut plus exulter.

Puis le temps fait son oeuvre, inexorablement, L’une rentre tard, l’autre va danser… Et se laisse un peu aller. Elle dira plus tard « s’être sentie seule ». Une révélation cosmique ! Elle ne serait donc pas complètement homo, juste une femme délaissée ? Et hop 1+1=2. Le soir de la rupture est là devant la porte. Le mec la dépose en voiture pas bien loin. Il est d’ailleurs pas bien malin. Que veut-il au juste ? On ne le saura pas. Encore un personnage de façade sans autre intérêt que de passer les plats. Ils s’embrassent alors. Léa a tout vu. Crise de larmes et on se sépare. L’une peut imposer à l’autre de la virer… Lutte des classes en filigrane sans grand relief. Toute personne installée chez une autre quelle que soit sa situation d’origine aurait pu faire les frais d’une telle crise après un sentiment de trahison vécu douloureusement. Ou alors il fallait se pacser les filles ? Acheter ensemble ? Je ne sais pas moi…

Adèle a toujours le même regard perdu qu’au début du film dans le bus avec le beau gars du lycée… Toujours la même ossature de personnalité, toujours la même bouche charnue entrouverte (tic ultra énervant) et offerte à la caméra d’un réalisateur fétichiste ou obsessionnel ou les deux.

Puis c’est le climax kleenex dans le bar : irréel. Seuls 2 plans permettent de comprendre qu’elles ne sont pas seules mais ça ne fonctionne pas… Le verre de vin censé arrivé n’arrive jamais. Et ça pleure et ça pleure et j‘ai surtout vu des comédiennes à bout de souffle, j’ai imaginé la durée des prises, des prises de tête, et j’ai vu de vraies grosses larmes comme chez les 2 victimes expiatoires d’un obsessionnel. On ne sent jamais l’histoire d’amour, on sent 2 actrices exsangues…

La scène de plage comme celle de la fête de fin d’année à l’école sont plutôt réussies même si elles n'apportent comme les scènes de classe pas grand chose… Arrive alors la toute dernière. Celle du vernissage, quelconque si l'on repense là encore à la force tellurique du final de Splendor in the Grass d‘Elia Kazan. Celle-ci en comparaison paraît tellement plus mièvre, insipide qu'elle ne l'est déjà. On rappelle bêtement que voilà deux mondes différents qui ne parviennent pas toujours à se comprendre. Alors que tout le film s’est voulu à l’écran comme l’immersion dans une relation surtout physique et passionnelle. Contraste étrange. Le réalisateur n'aurait pas su choisir complètement sa voie ? C'est ce que je pense en plus des maladresses.

Je termine en disant qu’adjoindre une structure fictionnelle sur ces thématiques sentimentales, amoureuses, passionnelles, physiques (le polar mystérieux et métaphysique dans Mulholland Drive. Le genre fantastique et catastrophe dans Melancholia, la structure  rationnelle dans 5*2) n’est jamais en option mais ajoute souvent un vrai truc, une colonne vertébrale qui est absente de ce film. Et même quand elle paraît ne pas y être et bien bingo elle y est quand même : l'unité de temps et de quasi lieu dans Faces de Cassavetes par exemple. Ce qui change tout ou presque. Décidément, je ne comprends pas l’emballement devant un truc aussi mal fagoté. Mais bon on dira que je suis peut-être passé à côté…

dimanche 23 novembre 2014

Machete Kills. Robert Rodriguez


Rodriguez ne fait même plus semblant de faire des efforts et Danny Trejo ressemble à une vieille momie qu'on aurait retrouvée dans le grande Pyramide de Gizeh. Hazanavicius en aurait sûrement fait un truc dément mais là,vraiment trop c'est trop ... A fuir !

vendredi 21 novembre 2014

Les sorcières de Zugarramurdi. Alex De La Iglesia


De La Iglesia n'est plus que l'ombre de lui-même parce qu'il est à l'image de ses héros masculins du début, en totale roue libre... La séquence d'intro est rigolote dans l'esprit (une attaque à mains armées par des gars en tenue de carnaval) mais la réalisation est indigente au possible. Plus aucune exigence d'aucune sorte... Comme un ours mal léché qui roterait en oubliant de s'excuser. Seul passage à sauver le fameux sabbat de Zugarramurdi sur les accords éternels de Baga Biga Higa, Laga Boga Xega...

jeudi 20 novembre 2014

OSS 117. Le Caire Nid d'espions


C'est fort, c'est très fort. J'avais peur d'un truc qui ferait sketch étiré sur 1 heure trente, mais non, au contraire. le scénario se tient vraiment (à part la chute, enfin la dernière ligne droite un peu bâclée de mémoire) et on suit les élucubrations de ce héros pas très malin. Et on rit, et on rit.... Le plus grand rôle de Dujardin sans conteste. Ce costume et ce côté français râleur et inculte à l'ancienne lui vont comme un gant. Allez osons le qualificatif : un presque grand film !

Tabou


Le tout début n'est pas rassurant. On est empêtré dans un présent immobile et à certains égards on pense à du film d'auteur dans ce qu'il peut avoir de plus prévisible et de plus énervant. Plans interminables, silences censés en dire long, visages interdits... Et puis voilà il s'agit forcément de la chronique d'une vieillesse aux abois dans un quartier populaire de Lisbonne... Bref ça va heureusement vraiment décoller dans la deuxième partie formellement très travaillée (noir & blanc, muet) avec ce récit initiatique qui nous est conté au passé, en privilégiant une narration simple et pleine d'une candeur délicieuse. Une passion dévorante et paradoxalement quelconque, sans surprises. C'est d'ailleurs la limite de Tabou. On pourrait lui appliquer une morale de l'histoire qui ne surprendra personne : les histoires d'amour finissent mal en général, même sous d'autres cieux, même au temps du Portugal grande puissance coloniale, même en noir & blanc, même à l'époque reculée du muet... Sinon c'est beau, surtout la partie remémorée.

mercredi 19 novembre 2014

Vol au-dessus d'un nid de Coucou. Milos Forman


En 1976, les Cahiers du Cinéma évoquent au sujet de Vol au-dessus d'un nid de coucou le "droit de résister, de ne pas se résigner à tout ce qui brime l'Homme". Comme tout était si bien dit ! Vol au-dessus d'un nid de coucou façonne un remarquable hymne à la survie de l'esprit, réaffirme la liberté de penser que nous devons nous échiner à préserver, coûte que coûte quelle que soit l'adversité. Penser par soi-même mais plus encore rester soi-même y compris quand on se retrouve broyé par un système... Un très film du grand Milos Forman et qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler Une femme sous influence et le drame que constitue la tentative d'une institution (d'une société) de couler un être original, hors normes, dans le moule étouffant des conventions !