lundi 29 septembre 2014

Runaway Train. Andreï Konchalovsky


Il y a des films comme Runaway Train qui ne payent pas de mine, qui trimbalent un côté premier degré, brut de décoffrage hélas pour beaucoup dans l'effacement du film des mémoires de cinéphiles. Et pourtant c'est un film singulier qui pour commencer aurait pu s'appeler le Transperceneige (la métaphore sur la condition humaine y est d'ailleurs beaucoup plus fine parce que tangible, inspirée de faits réels). C'est ensuite un film qui revendique avec noblesse l'héritage d'un Robert Aldrich parce qu'on pense inévitablement à L'Empereur du Nord. Mais allons plus loin, outre la performance extraordinaire de John Voight et des séquences à la fois d'une poésie et d'une crudité rares, Runaway Train se sera imposé avec le recul et le temps comme la première pierre, l'influence majeure d'une longue série de films survitaminés qui viendront après; Je parle de ces films construits comme des courses contre la montre dans des lieux clos ou pas au premier rang desquels nous mettrons Speed, mais n'ayons pas peur de citer Hypertension, Buried, Phone Game voir carrément une série comme  24 qui n'est faite que de cette matière tellement cinégénique : j'ai nommé l'urgence !

dimanche 28 septembre 2014

Das Boot. Wolfgang Petersen


Vu il y a fort longtemps, j'imagine que le film a vieilli mais c'était de mémoire pas juste un film de commande sacrifiant à tous les poncifs du genre (comme certaines critiques de l'époque semblent en avoir retenu), c'était surtout une expérience physique où l'on étouffait littéralement avec les héros à l'intérieur de cette poche d'air sous-marine. Le premier aussi d'un genre (le film de guerre en forme de huis-clos psychologique) qui fera de nombreux petits depuis. Bref à redécouvrir toujours avec autant d'intérêt.

samedi 27 septembre 2014

Room 237


Aïe ! On va pas faire durer le suspense. Room 237 ne va pas cherche  bien loin. Si vous être curieux, il suffit de passer quelques heures sur internet pour aller puiser toutes ces analyses et relectures autour du massacre des amérindiens, de l'alunissage d'Apollo 11 ou du chiffre 42 en guise de message sur l'Holocauste..., Là où Room 237 aurait grandement justifié sa raison d'être c'est en creusant son récit autour des auteurs de ces diverses théories - le cerveau malade d'un spectateur mordu de Shining aurait au fond été plus intéressant à disséquer que le film lui-même. Mettre un visage sur ces "théoristes", puis les confronter ultimement... Voilà ce que le film aurait gagné à faire mais il se contente hélas d'égrainer des éléments sans grand fondement que vous retrouverez partout sur le net sans grande difficulté. Pour finir je dirais que toutes ces théories aussi intéressantes soient-elles restent parcellaires et ne répondent en rien à la plupart des énigmes que le film propose encore aujourd'hui... Or il y a bien une façon de revoir le film qui permet d'en comprendre.toute l'explosivité narrative mais elle confine à une abstraction qu'il faut accepter si l'on veut vivre pleinement la fabuleuse mise en abyme de la fin, ce que j'appelle... de l'autofiction !  

Qu'as-tu fait à la guerre Papa ? Blake Edwards


Drôlissime et la preuve s'il en fallait une que le papa dont il est question ici c'est bien Blake Edwards, le génie et père fondateur d"un genre qui s"épanouira plus tard avec les films d'Abraham et Zucker, les Top Secret et autres Y a t-il un pilote dans l'avion ?, les Hot Shots et autres Scary Movie. Et rien que pour ça, il fait se replonger dedans et se taper une jolie tranche de rire.

vendredi 26 septembre 2014

La vierge des tueurs. Barbet Schroeder


Subversif, sulfureux, fascinant et tout aussi impénétrable que le jeune héros du film, La Vierge des tueurs confirme le talent du grand Barbet qui avec peu de moyens et une grande humilité nous fait côtoyer les bas fonds de Medellin, nous fait vivre de l'intérieur les moindres conflits qui ailleurs se régleraient en deux trois échanges verbaux mais qui se terminent ici dans de vastes déflagrations qui dégénèrent immanquablement en tragiques bains de sang. Il y a naturellement le sexe la violence et les signes religieux qui interagissent, omniprésents, de façon un peu attendue mais la modestie du projet, le regard si particulier du réalisateur fait passer la pilule comme l'ombre de la vierge planant sur toutes ces âmes en transit....

U-Turn, ici commence l'enfer. Oliver Stone


J'aime beaucoup Platoon d'Oliver Stone. Mais je crois et je suis sûr que U turn lui est largement supérieur, je crois même que c'est son meilleur film. Et de loin. S'il n'en faut garder qu'un de lui, ce serait c'ui-là. Le film noir est un genre qui lui va comme un gant. On se croirait souvent dans un bouquin de James Crumley à la frontière Mexicaine et le piège qui se referme sur ce personnage échouant dans le trou du cul du monde peut aussi rappeler l'univers excitant et noir d'un Canicule d'Yves Boisset. C'est surtout drôle et cassant et rappelle à quel point le destin peut être cruel. Sorte d'After Hours au pays des Gangsters et des cowboys, U Turn consacre enfin une Jennifer Lopez étourdissante de beauté redéfinissant les codes du film noir de cette fin de XXème siècle. Ici commençait vraiment l'enfer ! 

Platoon Oliver Stone


Vu en 1987 lors de sa sortie à de nombreuses reprises à Vélizy puis Abidjan. Cela reste un grand souvenir. D'abord une bande originale phénoménale. Ensuite Platoon est un film de guerre en forme de récit initiatique d'un blanc bec parfaitement incarné par un Charlie Sheen encore très vert. Ce qui rend sa vision d'autant plus immersive (on s'identifie très vite à ce jeune Marine qui découvre un environnement révoltant et dont le contenu des correspondances avec la famille restée au pays vient régulièrement éclairer le parcours via une voix off sensible). Mais Oliver Stone a surtout fait le bon choix en jouant pleinement la fibre documentaire et c'est ce qui lui donne tout son piment permettant de radiographier les tendions raciales et sociales au sein d'une section. Mention spéciale au couple de "parents" du jeune héros (Tom Berenger / Willem Dafoe) qui vont sans le savoir lui donner des valeurs et le faire grandir. Il y a du manichéisme, c'est vrai, mais un tel souci de réalisme contrebalancée par une dimension lyrique d'une telle force (Adagio for Strings de Barber) que Platoon reste et restera un grand film de guerre.

Solaris. Steven Soderbergh


Premier grand Mélo spatial, Solaris réussit le pari de créer de l'émotion dans un écrin de grande froideur (une navette et son côté glacial, l'espace et son silence infini, une mise en scène calme et distanciée). C'est ce qui fait à mes yeux tout le prix et la saveur d'un film qui restera comme l'un des tous meilleurs de Steven Soderbergh. C'est pourquoi il faut faire ou refaire ce voyage tout en intériorité qui plaira autant aux amateurs de SF qu'à ceux de Mélo. On réalisera par la même occasion que Solaris n'aurait pas fait têche dans la filmographie d'un Steven Spielberg ou d'un Stanley Kubrick. 

jeudi 25 septembre 2014

Blues Brothers. John Landis


John Landis est surtout grand et adulé pour son savoureux Loup-Garou de Londres mais voilà n'oublions jamais The Blues Brothers et leur contagieuse bonne humeur qui offre un spectacle dont l'intensité ne fait que grossir et qui se révèle surtout comme la première comédie musicale résolument Rock & Roll, Soul et Rythm & Blues... A voiir et revoir !

mercredi 24 septembre 2014

No pain, no gain


De la gonflette, des stéroïdes, des anabolisants, des problèmes d'érection, tout dans No Pain No Gain est bon pour forcer le trait dans un clip insupportable de 2 heures qui ne véhicule que du vent, et du vent mauvais pour être sincère... C'est vraiment symptomatique de la surenchère toujours plus grasse à l'oeuvre depuis quelques années sur ce néo-genre à mi-chemin entre comédie sociale acerbe et film de gangster (on pense immédiatement à Hypertension notamment pour la surenchère permanente qui s'y joue d'un bout à l'autre). Mais Trop c'est trop. No pain No Gain, c'est surtout No nothing. Sans originalité, sans âme, de la vraie gonflette sans intérêt !

Opera. Dario Argento


Ce qui importe au cinéma c'est ce qu'il en reste de vivant dans nos mémoires longtemps, très longtemps (souvent des années) après une séance. C'est le cas de la plupart des films de Dario Argento. Alors oui, Opera comme bien d'autres de ses films contient d'évidents défauts (surenchère gore, direction d'acteurs à géométrie variable) mais il offre quelques moments de pure poésie macabre dont cette séquence où des oiseaux (démontrant par là toute leur intelligence, toute leur folle acuiité) tournoient dans l'espace clos d'un amphithéâtre. Au milieu de la foule de spectateurs massés en-dessous, les volatiles ivres de vengeance reconnaissent leur proie (le tueur en série qui commit l'erreur fatale de s'acharner sur l'un d'entre eux) et fondent sur elle. Le ballet se déplace alors de la scène aux tribunes, des planches au public. C'est une idée d'une force et d'une poésie peu commune qui emporte le morceau et votre esprit avec. Des images qui ne vous quittent plus jamais. Dario Argento est un réalisateur dont il ne faut cesser de redécouvrir l'oeuvre parce qu'elle vous remue les entrailles en vous interrogeant sur le mystère de l'existence, sur ce qu'on ne s'explique pas... Car Dario Argento s'interroge sans cesse. Aucune certitude chez lui. Il transmet des émotions et fait ressentir au spectateur ce que j'appelle l'humilité des incroyants... Que j'oppose à la suffisance de tous les autres.

dimanche 21 septembre 2014

Warning Sign. Contact Mortel. Hal Barwood


Je viens de voir World War Z, nanar d'enfer et semblant dans sa dernière ligne droite s'inspirer d'un huis-clos zombiesque qui marqua mon adolescence, Contact Mortel aka Warning Sign. C'est drôle parce qu'en cherchant sur Allociné je ne trouve absolument pas trace du film. Alors entendons-nous, Warning Sign n'est pas un chef-d'oeuvre loin de là, mais il est pour moi le premier vrai film d'horreur qui envisageait le thème du mort-vivant sous l'angle du virus mortel créé de toutes pièces par l'homme occidental dans quelque laboratoire secret du fin fond du Texas. C'était avec le recul précurseur de l'aventure de Gordon Freeman dans le plus grand First Person Shooter de tous les temps, Half Life ! Etrange que l'on n'en retrouve aucune trace sur les sites de ciné alors qu'il s'agit objectivement d'un bon petit film d'horreur en guise de huis-clos dans un labo infesté de chercheurs littéralement enragés. Frayeurs garanties de mémoire et surtout vraisemblance du thème de la contamination ce qui changeait de tous les films ayant abordé le genre auparavant .