mardi 29 juillet 2014

Sin City


Pour une fois je vais laisser parler celles et ceux qui ont saisi toute la vacuité de ce "film posture". Car c'en est bien la définition la plus parfaite. Sin City se pare des attributs du film noir mais n'en fait rien de profond, ou le fait sans conviction aucune ! "Engoncés dans leurs stéréotypes, dissimulés sous leur maquillage et le traitement digital de la couleur, les acteurs se contentent d'animer des silhouettes en deux dimensions.(le Monde) Ce film est une surface plane et lisse (malgré ses scènes gore), privée de profondeur et d'incarnation, un assemblage peu convaincant de grumeaux d'histoires, de bribes de pauses et d'attitudes, de clichés de roman noir poussés dans le rouge. Ce film est au film noir ce que certains groupes de heavy-metal sont au blues : une copie un peu ridicule à force de surgonflette, faisant certes beaucoup de bruit mais totalement dépourvue de sensualité ou de mystère" (Les Inrockuptibles) M'est avis que tout est dit.

Wolverine. Le combat de l'immortel. James Mangold


Très bancal, frôlant le nanar par instants (les improbables personnages féminins maniant le sabre auxquels on ne croit pas), le film touche le fonds quand il tâte de la fibre introspective revenant sur les souvenirs douloureux du personnage ou lorsqu’il évoque maladroitement la découverte de la douleur, de la souffrance physique, d’un héros qu’on veut « humaniser » à juste titre pour la première fois.

En revanche, toute la scène finale est assez réussie, le personnage de femme à la langue de serpent plutôt effrayant. Bref quelques éclats scintillent dans un ensemble qui sonne hélas toc.

Aurait-il fallu un real de Hong-Kong, pour teinter cette histoire d’une authenticité qui y manque cruellement ? Peut-être… Mais je garde tout de même à Mangold mon affection depuis son épatant Copland et sauve du désastre ce combat final qui m'a  tenu en haleine !

dimanche 27 juillet 2014

Le Limier Joseph L Mankiewicz.


Deux monstres sacrés face à face dans un duo mémorable pour des tas de raisons, mais surtout celle de parvenir à maintenir le spectateur captivé de bout en bout avec un lieu unique et deux acteurs qui le sont tout autant. Le Limier est avant tout un jeu sadique d'une cruauté folle qui mène ses deux protagonistes au bout de leurs intentions les moins louables... Le film illustre parfaitement combien la torture mentale et la manipulation comme l'usage de certains mots font beaucoup plus de dégâts que toutes les violences physiques et autres séquestrations ! Le venin qui suinte de chaque échange fait mouche et les faux semblants qui dévoilent progressivement la terrible vengeance qui se fait jour font le sel de ce huis clos particulièrement brillant. Il faut s'incliner devant le talent de Mankiewicz qui au-delà de l'exercice de style et d'une adaptation brillante d'Harold Pinter au cinéma, appelle à se méfier des apparences, à ne sous-estimer personne... Un vrai brûlot contre le racisme et toutes les formes d'ignorance qui le favorisent. Avec un message en filigrane : "Ne jamais faire à autrui ce que tu ne veux pas qu'on te fasse !" A bon entendeur ...

V pour Vendetta


La bande dessinée est aussi belle et sombre que le film est plat et gnan-gnan... La mise en scène est inexistante, pire V pour Vendetta n'a rien de sulfureux ni de révolutionnaire dans la forme qui puisse étayer le fonds. On sombre rapidement dans le démagogique et le théorico-fumeux. Positif avait résumé ainsi "Il est à espérer que ce sombre navet dissipera les derniers malentendus quant à la valeur de l'univers philosophico-visuel des frères Wachowski, scénaristes du film". Un peu excessif mais il y a du vrai, l'ensemble est vraiment soporifique et trop sage. Faut dire que "Blockbuster" et "Révolutionnaire" font rarement bon ménage !

samedi 26 juillet 2014

L'auberge espagnole. Cédric Klapisch



De souvenirs Erasmus en photos de vacances en Espagne, L'Auberge Espagnole se compose de ces petits sketches mis bout à bout et qu'on sent imprégnés de vécu étudiant, pas beaucoup plus, pas beaucoup mieux. Mais ça reste sympathique, il y a de très bonnes musiques (comme souvent chez Cédric Klapisch) et l'Auberge Espagnole était avec le recul le parfait pilote d'une série TV quotidienne ou hebdomadaire à la télé française... Pas beaucoup mieux !

jeudi 24 juillet 2014

Le Pianiste. Roman Polanski


Au-delà de l'incroyable histoire de cet homme pris dans le tourbillon infernal de la seconde guerre mondiale, il y a surtout les quelques moments fleurant bon le fantastique (notre pianiste tout racorni abordant une avenue de Varsovie détruite et dépeuplée comme Tchenobyl après les fuites radioactives). ces images ne nous quittent plus jamais. Il y a surtout cette première rencontre magique, moment de grâce inouïe, lors de laquelle le Pianiste se met au piano pour jouer de ses doigts déformés par la douleur et l'arthrose sous les yeux (et les oreilles) conquis d'un gradé allemand mélomane. Ca non plus on ne l'oublie jamais !

Le fabuleux destin d'Amélie Poulain. Jean-Pierre Jeunet



Dès ce premier film en solo, on comprenait que Caro était à la fois l'âme de Delicatessen et de Jeunet, qu'un Jeunet sans Caro c'était comme un casse-noix sans la noix... Il y manquait soudain la magie de l'objet, le coeur qui bat, et ce qu'on nous donnait à voir paraissait brutalement trivial, superficiel et pire, ressemblait furieusement à une réclame pour une compagnie aérienne qui aurait permis de découvrir tous les aéroports du monde comme on empile les photos de nains de jardin... Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si cette esthétique proprette aux couleurs faussement chaudes, ce défilement de petites vignettes naïves issues de l'enfance de l'héroïne, ont été reprises dans nombre de publicités depuis... Le langage d'Amélie Poulain au fond, c'était le langage fondamental de la publicité, son ADN si vous voulez....

mercredi 23 juillet 2014

Terminator 2 : Judgment Day



Je n'apprends rien à personne, une suite c'est rarement réussi, c'est ainsi. James Cameron lui s'attaque à son déjà cultissime Terminator et parvient à placer la barre encore plus haut. Une nouvelle génération d'effets spéciaux qui servent idéalement l'intrigue de rêve : la machine impitoyable du premier opus est devenue un vieux robot rouillé et dépassé, gentil et protecteur, pendant que la nouvelle machine létale prend l'apparence d'un policier censé faire régner la loi... Tous les codes explosent d'entrée et le film ne fait ensuite que s'élever, s'élever jusqu'à un final en apothéose. Grandiose "Jugement Dernier" tellement supérieur à Terminator !

lundi 21 juillet 2014

Sixième Sens. Night M. Shyamalan


Night M Shyamalan était alors en état de grâce, porté par des projets neufs qui ne demandaient qu'à éclore.. Sixième Sens est un de ces thrillers habiles qui jouent à cache-cache et au plus malin avec le spectateur. C'est aussi un peu sa limite... Lorsqu'on sait, lorsqu'on a compris, le seul plaisir est de revisiter le fil narratif pour identifier les petits indices disséminés par le réalisateur au cours du film. Mais en dehors de cette réserve, il faut reconnaître que ce film transcende le cadre d'un simple exercice de style parce qu'il est aussi un beau plaidoyer pour la différence (cet homme bizarre et ce garçon étrange qui se trouvent des points communs pour avancer main dans la main). Sixième Sens reste aussi le premier d'une jolie lignée de films aussi inspirés formellement qu'innovants dans chaque nouveau genre abordé, je pense en particulier à l'excellentissime Incassable ! Ah et j'oubliais, l'intelligence du Sixième Sens c'est aussi de savoir faire très peur en suggérant plus qu'il ne montre...

dimanche 20 juillet 2014

La Vie est belle. Roberto Benigni



Roberto Benigni a du génie, qui en douterait ? Le problème est qu'il aura été malheureusement trop souvent galvaudé, foulé au pied, dans des films mineurs, ratés. La vie est belle est arrivée à point nommé. Une idée lumineuse qui crée de la poésie dans l'enfer le plus irrespirable, qui remet du baume au coeur quand tout espoir s'est envolé. Il se pose dans le même temps comme le digne héritier de Charlie Chaplin. On ne pense d'ailleurs pas qu'à The Kid, mais à la comédie itallienne, celle de Vittorio De Sica à certains égards. On se dit que Benigni tient enfin le rôle qu'il mérite dans un film qui lui ressemble et ça n'est que justice ! Une gageure enfin de constater que La vie est belle évoque désormais Benigni et plus seulement Capra... Il fallait le faire :)

Saw


POSITIF a bien résumé à l'époque un film intéressant dans son exposition, dans une séquence d'introduction qui donne envie de voir la suite. Parce qu'on pense à Cube (1997) de V. Natali "entre non-sens métaphysique et analyse psychologique". Mais tout s'écroule quand le monde extérieur reprend ses droits, que le métaphysique s'évapore pour laisser une intrigue ultra bateau s'installer avec un Danny Glover qui honnêtement s'est rarement montré aussi mauvais... "Il ne reste aussitôt plus rien de ce thriller dont les ridicules incohérences, ainsi objectivées, crèvent désormais les yeux". Guillaume Loison dans CHRONIC'ART enfonce divinement le clou : "(...) Imbibé jusqu'à la moelle par la bêtise de son dispositif de collégien boutonneux, Saw est aspiré dans la galaxie des nanars hargneux qui se refusent à prendre conscience de l'ampleur du désastre". Je classe volontiers Saw parmi ces daubes horrifiques tant les incohérences dont il est parsemé sont légions et gâchent le résultat... Saw ou comment prendre les gens pour des cons ! Voilà le seul vrai piège que recelait ce pétard mouillé !.

samedi 19 juillet 2014

300. Rise of an empire


Au menu pas 300 mais des millliers de gerbes de sang pour mieux la donner la gerbe, des millions de ralentis goguenards en veux-tu en voilà pour mieux vous filer la migraine... 300 souffrait de n’être qu’une forme décharnée, de n’être que violence figurative, mais il avait l’avantage de la surprise, de l’innovation totale dans la représentation régressive (tantôt mythologique, tantôt fantasmée comme un jeu Video) de combats épiques et sanglants ! Et puis il y avait un certain Zack Snyder aux manettes, ça change beaucoup de choses… Dans ce nouvel opus franchisé, il n’y a plus rien. Certes, le sang et les membres giclent élégamment mais esthétiser la mort exige beaucoup plus qu’un filtre, un ralenti ou des effets numériques… Or il n’y a ici qu’enchaînement grotesque de combats sur bateaux qui se répètent inlassablement au lieu de s’accorder pour composer une symphonie désespérée. Et quel final grotesque ! Pour restituer mon impression, j’ai le sentiment d’avoir eu entre les mains une escalope de dinde encore sous vide mais mal décongelée, toute molle et pleine d’eau… Beurk !