dimanche 29 juin 2014

Cloud Atlas. Frères Wachowski


D’apparence Cloud Atlas est déjà une pièce montée à la crème pâtissière pour étouffer quiconque s'aventurerait dedans,et pas que les chrétiens ! Mais quand on regarde de plus près, ça se confirme bigrement. Un 10 000 feuilles mièvre et lourd à tous les étages !!! On se croise et on se retrouve d’époque en époque et on hoche la tête en signe de reconnaissance « Ahhh mais on se serait pas déjà vu quelque part nous ? ». Evidemment les époques charrient tous les clichés du genre, que du saillant, que de l'improbable, que du capillotracté : un bout d’Apocalypto par ci, 2 gouttes de Master and Commander par là, une pincée de Blade Runner, 1 gousse des Hommes du Président et 4 notes d’Amadeus sans parler du personnage Golumesque campé par Tom Hanks dans un lointain passé ("Mon préciiiieux, je dois la tuer, et pis non, et pis peut-être... Aaaaah ma tête qui fait mal)" On se croirait aussi parfois dans Il était une fois… La vie, ce dessin animé de notre enfance qui plaçait les mêmes personnages à toutes les époques de l’humanité. Sauf que ce dernier avait l’avantage de la pédagogie, de l’utile, de l’agréable. Cloud Atlas ne raconte hélas rien d’intéressant et de latex en faux nez, on finit pour tuer l'ennui (c'est interminable) par s'amuser à repérer les acteurs sous le maquillage. Un message fin comme du gros sel car il n'y a pas grand-chose à retenir de cet Age of Empires version « Réincarnation » et sa pseudo philosophe à 2 centimes ("nos actes définissent notre futur mes z’amis" ou "Faites des bonnes actions et tout ira bien, vous finirez au coin du feu sur une planète lointaine avec une femme aimante de votre âge qui vous fera des massages pendant que la flopée de marmots ira au lit sans passer par la case dentifrice") ? Certains osent y voir vu une ambition rare, il y a surtout le bout à bout de scénarios quelconques voire nanaresques de courts métrages qui ont dû dormir trop longtemps dans les tiroirs des frères Wachowski. Klug Atlas pour les amoureux du Splendide est un gros pudding intersidéral..

samedi 28 juin 2014

Blood Simple. Joel et Ethan Coen


Blood Simple n'est pas une énième et vaine variation autour du film noir et de la figure de la femme fatale, c'est une authentique réinvention du mythe notamment grâce à une intrigue diabolique et sachant ménager son suspense (que de divins rebondissements, que d'apparences trompeuses). Grâce aussi à des personnages furieusement campés, plus vrais que nature et paradoxalement insaisissables dans leurs aspirations, leurs regards impénétrables ne permettant jamais de savoir ce qu'ils s'apprêtent à faire.., C'est d'ailleurs un des éléments puissants de l'univers des frères Coen. Mais je retiens surtout la mise en scène d'une intelligence et d'une modernité folle (la scène de l'enterrement et toute la séquence finale) se mettant docilement au service de l'histoire et qui dès ce premier film possède une signature singulière et ravageuse qu'on retrouvera avec bonheur tout au fil de l'oeuvre à venir des frères Coen. Bref Blood Simple est un joussiif polar qui dévoile lentement son génie (y compris dans le temps) par une de ces canicules qui à l'instar d'un ventilateur tournant au ralenti peut rendre fou !

vendredi 27 juin 2014

Slumdog Millionaire. Danny Boyle


Voilà la quintessence d'un cinéma néo-colonialiste qui sans se mouiller reviste l'Inde du pauvre comme le ferait un touriste européen derrière les vitres teintées de son 4*4 climatisé. Tout y est edulcoré, propret jusque dans les intentions et les sentiments des personnages. Les images sont léchées comme des spots de pub pour une assurance. Chaque nouvelle question est le prétexte facile à un ridicule sketch qui va révéler en creux une petite parcelle bien artificielle du personnage et de son environnement créé de toutes pièces pour les besoins d'un scénario paresseux. Rarement cinéma et publicité mensongère auront autant fricoté ! La petite Inde rêvée de Boyle c'est surtout de la grosse ficelle hollywoodienne....

mercredi 25 juin 2014

Salo ou les 120 jours de Sodome. Pier Paolo Pasolini


Le film indissociable du cinéma Accatone où je l'ai vu dans les années 90. Je garde un souvenir mitigé de la séance. Ennui parfois, écoeurement aussi, mais toujours troublé quand j'y repense... Le genre de film qui creuse des plaies profondes en vous. Plaies qui seront susceptibles de se rouvrir occasionnellement, sans prévenir. Avec le recul, Haneke cherche dans Funny Game à créer le même malaise chez le spectateur qui regarde impuissant l'innommable sans rien pouvoir y faire. Quelque chose d'inéluctable ets à l'oeuvre. Ici il y a beaucoup plus, Pasolini prend au pied de la lettre cette réflexion qui veut qu'une eau dont on fait monter la température très lentement aura la peau de celui qui est plongé dedans, privé de stimuli salvateurs... Pasolini nous dit que toute société totalitaire, toute dictature maquillée, fonctionne précisément comme cela, de façon souterraine, pour pervertir l'innocence, pour amener la parcelle d'humanité en nous doucement, très doucement, par palliers, à se corrompre ultimement. Salo a probablement vieilli, mais les idées qu'il contient sont si corrosives à l'esprit, disent tant de vérité de nos sociétés, qu'il est difficilement oubliable. Il dit aussi beaucoup du monde chimérique de  spectacles que nous nous sommes lentement fabriqué à coups de télé-réalités consacrant le simulacre moderne de ce que furent les jeux du cirque...

Carlito's way. L'impasse. Brian De Palma


En reprenant une figure (Tony Montana) qui le fit roi, en lui donnant un sacré coup de vieux via un séjour bien senti en prison et un traitement qui convient parfaitement (voix off introspective), De Palma n'a jamais livré un cinéma aussi mélancolique, Pacino pose un regard désabusé sur un monde qu'il a connu et dont il ne maîtrise plus vraiment les codes... Une seule chose pour finir n'aura pas changé, les voies de la rédemption sont impénétrables et le danger survient toujours de la façon la plus inattendue qui soit. De Palma parvient aussi à innover formellement lors de séquences mémorables (le billard, le métro). Une forme qui épouse parfaitement ce requiem désespérément mélancolique qu'est Carlito's way ! Elle est grande et belle et sombre l'Impasse..

mardi 24 juin 2014

Irréversible.Gaspard Noé


Gaspar Noé a du talent c'est certain, il l'a prouvé dans Seul contre tous notamment que j'avais beaucoup aimé. Mais franchement qu'Irréversible est mauvais, raté, bâclé surtout... On sent beaucoup trop le projet né un soir de biture avec Cassel et BelluciNoé se contentera de l'idée de départ mal dégrossie, bien trop maigre pour faire un film et surtout pour faire exister des personnages qui n'existent jamais à l'écran. Un exemple parmi d'autres : la construction à l'envers n'apporte absolument rien (quand elle est le coeur et l'âme d'un film comme Memento) sinon révéler une pauvre erreur d'appréciation de Cassel lors de l'expédition punitive au début. Je veux dire aussi par là que cette construction vaudrait tout aussi bien pour un AVC, un avortement, un assassinat, un accident de voiture, que sais-je encore mais qui fasse que le plan de la fin provoque la même réaction à savoir "avant le drame regardez comme ils étaient amoureux et heureux"... Facile et faiblard. Autre exemple : Des scènes qui s'étirent en longueur comme celle du métro, ou celle sur le lit ou même celle du viol mais sans énergie, sans colonne vertébrale... Enfin et surtout au lieu de provoquer et faire réfléchir, le film ne fait qu'écoeurer par sa lourdeur, donne envie de vomir parfois et manque de finesse par-dessus tout. Le genre de fausse bonne idée sous-exploitée et gâchée par une volonté mal canalisée de tout casser, d'en mettre plein la vue, de créer un précédent qu'Irréversible ne sera jamais !

dimanche 22 juin 2014

Les Envahisseurs. Larry Cohen


J'ai toujours eu une tendresse pour Larry Cohen qui nous aura gratifié de perles horrifiques à petit budget comme It's alive ! (influence majeure pour le The Brood de David Cronenberg), God told me to (excellentissime variation autour du tueur/gourou qui s'efface derrière ses disciples hypnotisés, comme sous influence... une thématique génialement reprise par Kyoshi Kurosawa dans Cure notamment et qui résonne de façon ultra-moderne quand on voit ce que la religion peut faire faire à un homme aveuglé par cette dernière...) ou même Q qui mélange le fantastique et le mythologique Maya au polar urbain, avec des références bien senties au massacre des amérindiens.... Il est aussi l'auteur d'un scénario brillamment hitchcokien (Phone game) porté récemment à l'écran par Joel Schumacher. Mais il doit être avant tout remercié pour The Invaders série paranoïaque où la terreur surgit du sentiment d'isolement et d'abandon d'un personnage principal qui s'évertue à vouloir ouvrir les yeux de ses congénères sur la présence parmi les hommes d'extraterrestres et qui hélas ne cesse de passer pour un fou... Les décors sont fabuleusement abandonnés, désertiques, comme hantés, la musique l'est tout autant ! A noter enfin la façon unique qu'ont les extraterrestres de disparaître sans laisser de trace, ce qui hystérise davantage un David Vincent désespérément à la recherche d'indices permettant d'étayer sa théorie conspirationniste aux yeux du monde. Bref, un bijou à l'image de cette immortelle introduction qui glaça le sang de tant de téléspectateurs à l'époque : Les Envahisseurs : ces êtres étranges venus d'une autre planète. Leur destination : la Terre. Leur but : en faire leur univers. David Vincent les a vus. Pour lui, tout a commencé par une nuit sombre, le long d'une route solitaire de campagne, alors qu'il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva. Cela a commencé par une auberge abandonnée et par un homme devenu trop las pour continuer sa route. Cela a commencé par l'atterrissage d'un vaisseau venu d'une autre galaxie. Maintenant, David Vincent sait que les envahisseurs sont là, qu'ils ont pris forme humaine et qu'il lui faut convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé…

samedi 21 juin 2014

Les démons du maïs



Excellent petit film d'horreur intelligemment adapté de Stephen King et qui fait beaucoup pour créer un climat de terreur avec 3 bouts de ficelle (n'enlevons rien à son statut de vraie série B fauchée) et de riches idées de mise en scène (l'utilisation de la vue subjective notamment depuis les champs de mais ou les fenêtres des maisons abandonnées). Quasiment pas d'effets spéciaux (si ce n'est vers la fin), et l'on a peur comme rarement pour ces parents, et l'on étouffe à ciel ouvert dans cette bourgade aux allures de ville de western dévastée par l'exode rural, Les chères petites têtes blondes font d'ailleurs aussi peur voire plus que dans Les révoltés de l'an 2000 ou Le village des damnés sur une thématique voisine ! Alors vous me drez qu'ils ont peut-être vieilli ces démons du maïs (je ne les ai pas revus depuis sa sortie), mais je reste sur la première impression qui ne trompe jamais : à l'époque quelle efficacité,,quelle atmosphère, quelle claque horrifique !

Doctor Strangelove. Stanley Kubrick


Je viens de revoir Docteur Folamour et même si je suis toujours aussi conquis par la force du brûlot antimilitariste et la façon dont il détaille les réactions en chaîne vraisemblables qui vont conduire à l'impensable, même si je suis fasciné par l'abattage de Peter Selllers, George C Scott ou Sterling Hayden ou par certaines séquences hilarantes (les discussions du président américain avec son homologue russe), je trouve franchement que toutes les parties tournées en extérieur (l'attaque de la base militaire) et dans les airs (la séquence finale à bord du B42) ont vraiment pris très cher et plombent l'ensemble... La théâtralité de Docteur Folamour m'a également moins emballé qu'à l'époque. Reste le générique de fin champignonesque épatant qui marque et reste en mémoire. Mais voilà, globalement, je suis resté sur ma faim et me demande si un Blake Edwards n'aurait finalement pas été beaucoup plus à l'aise sur un exercice pareil (sorte de énième épisode halluiiciné de La Panthère Rose) qui plus est avec de tels acteurs sous la main !

jeudi 19 juin 2014

The Ghost Writer. Roman Polanski



Polar aux joussifs accents métaphysiques dans un écrin de mise en scène d'une sobriété qui frôle la perfection. Décidément, Polanski garde la très grande forme par inttermitence. Il est capable d'alterner les gros ratés (La neuviève porte, Olivier Twist...) et des sommets de cinéma (Le Pianiste et maintenant The Ghost Writer). Car voici un conte paranoiaque où chaque détail est interprétable par le personnage principal comme par le spectateur. Telerama soulignait à juste titre que "la surprise finale et ses retentissements rappellent l'étrange et terrible formule de Lacan : La paranoïa, c'est la vérité ". Rien de plus vrai ! Tout est dit. The Ghost Writer est comme son nom l'indique hanté par le prédecesseur du personnage principal (qu'on a détaché auprès d'un homme politique savoureusement incarné par Pierce Brosnan). Ce qui dans l'esprit n'est pas sans rappeler le contexte idoine du Grand Sommeil (Raymond Chandler). Il y a de la même façon dans The Ghost Writer un sous-texte, un arrière plan, des indices disséminés dans la géographie de cette île fantômatique et déserte comme à la marge de ce fameux livre qui résonne dès lors comme une forme testamentaire... N'est-ce pas le sens profond de ce que l'oeuvre de tout créateur recèle ? Un message secrètement universel qui lui survit à travers cette dernière ? Ce faisant, Roman Polanki livre au-delà du brillant exercice de style une grande réflexion sur la création artistique

Les garçons et Guillaume à table !



Incompréhensible Cesar pour un film qui ne va quand même pas chercher bien loin ! D'abord on sent très vite qu'il reprend la recette d'un spectacle, enchaînant les sketches les uns derrière les autres sans autre fil conducteur que la sexualité d'un Guiillaume nombriliste qui poserait problème (est-ce d'ailleurs vraiment sa sexualité qui est en jeu ?) ... C'est maigre, aussi maigre que la grand mère ou le père (véritables silhouettes sans épaisseur) se retournant tour à tour interloqués sur un Guillaume qui parle comme sa mère. Ce film est surtout en y réfléchissant le petit monde étriqué d'un fils à maman de très bonne famille qui de stage de flamenco dans le sud de l'Espagne en super internat d'excellence anglais en passant par une thalasso en allemagne décide un jour qu'il va écrire un spectacle pour raconter son drame : dès lors qu'il aura vaincu sa peur des canassons, il pourra assumer son hétérosexualité... Vous avez dit simpliste et énervant ? Exactement, mais c'est à l'image du personnage principal trop cocooné pour intéresser et surtout bien trop obnubilé par son petit nombril. Un exemple qui illustre ce problème irriguant tout le film : cette séquence invraisemblable du héros pris à parti par 3 maghrébins qui en veulent à son derche. Déjà sur le fonds, la question de l'intention et de l'utilité de ces personnages se pose. De simples petits gars de banlieue sans connotation ethnique auraient suffi puisqu'il est avant tout question en filigrane de choc des classes sociales. La séquence raconte surtout le jeune de bonne famille qui découvre soudain qu'il y a un monde autour de lui et de Paris (la proche et si lointaine banlieue) avec des gens qui ne lui ressemblent pas... C'est pour cela que le film eut mieux fait de s'intituler "Guillaume et les petits oiseaux". D'identité sexuelle il n'est pas foncièrement question ici... Il est surtout question de problèmes "de riche" sans grand intérêt.

mardi 17 juin 2014

Prince of Darkness. John Carpenter


John Carpenter n'a jamais autant crié son admiration pour Lucio Fulci (L'au-delà, Frayeurs) et Dario Argento période inferno que dans ce film... Le problème c'est de parvenir à se hisser à leur niveau ! Prince of Darkness n'y arrive objectivement jamais. Evidemment on lui retrouve les aspects visuels maison efficaces de Assault on Precinct 13 (la présence menaçante autour de l'Eglsie qui fait monter la tension par petites touches comme autour du fameux commissariat). en revanche toute la soupe mystico-scientifico-religieuse qu'il vient plaquer dessus ne produit que du grand-guignol foireux. Le manque de moyens souvent loué crève surtout les yeux et appauvrit l'ensemble; Et je ne parle pas du casting (le grand moustachu blond pour n'en citer qu'un) navrant ou des méthodes de contaminaton à base de petits jets d'eau rafraîchissants comme des lavements... Bref, ,un gros gâchis malgré une atmosphère il est vrai oppressante mais rien qui ne surprenne vraiment venant de John Carpenter. Voilà qui ne suffit pas pour créer le bel et grand objet horrifique et sataniqiue qu'on aurait été en droit d'attendre !