dimanche 30 mars 2014

Lantana


Petit polar australien méconnu. Histoire d'amour vénéneuse, casting de feu, mise en scène d'une élégance et d'un raffinement que j'adore parce qu'elle sert idéalement l'intrigue puissamment psychologique où chacun a toujours quelque chose à cacher surtout lorsque la personne disparue est une psychanalyste... Lantana est à voir toutes affaires cessantes pour les amoureux du genre..

Inside Llewyn Davis. Les frères Coen


D'une intelligence rare, ciselé comme un joyau, Inside Llewyn Davis a quelque chose à la fois de divin et de presque trop léger. C'est d'ailleurs peut-être là sa limite. Bien sûr il y a cette finesse d'écriture si appréciable : le retour de flamme d'un deuil mal digéré entre réapparition d'un chat et vraies naissances, fausses morts et renaissance alors que dans la nuit un panneau indique où retrouver les fantômes de son passé... J'adore aussi ces références ultra fines à Detour (Edgar G Ulmer), Angel Heart (Allan Parker) Un jour sans fin (Harold Ramis) ou Le Privé (Robert Altman) qui donnent au film sa densité de film noir quasiment à la lisière du fantastique. Mais on peut légitimement reprocher à l'ensemble de manquer de hauteur ou de profondeur ou d'enjeux plus fondamentaux. Reste un bien beau film.

samedi 29 mars 2014

12 years a slave. Steve Mc Queen


Hélas plat et répétitif, linéaire et démonstratif, à sens unique et à aucun moment intérieur... Steve Mc Queen continue de creuser son sillon. Il est décidément le cinéaste de l'exposition au sens artistique du terme. Le chantre du happening sur grand écran. Je pense à cette scène où martelé de coups par un sudiste dégénéré, le personnage principal est tellement "photographié" dans un plan fixe qui s'étire tellement en longueur qu'on finit par se sentir dans la peau d'un bobo déambulant dans le vernissage d'un artiste ayant pris trop de coke... Autre scène du même accabit : il survit sur la pointe des pieds pendu à une corde. Au lieu de nous émouvoir, la scène par sa longueur finit fatalement par attirer nos regards sur le "dispositif" du créateur, beaucoup trop soigné pour faire mouche. C'est étrange comme en retombant dans ses travers, Steve Mc Queen perd en force, en authenticité pour ne laisser place qu'à un spectacle léché, un peu hautain, carpaccio suffisant de chairs découpées par le fouet tellement esthétisées qu'elles finissent par soulever des ooooo et des aaaaa d'admiration béate... Le comble ! Sur le sujet, je reste sur l'inoubliable série Roots (Racines) de ma jeunesse qui mélait habilement sècheresse de la dénonciation au souffle épique de la fresque avec des saillies furieuses comme ce bébé porté à bout de bras sous une pluie battante au coeur de la nuit américaine...

vendredi 28 mars 2014

Dexter


Acteur principal épatant. Musique et générique fabuleux et un début de saison 1 totalement réussi… Là dessus on est d'accord mais ça fonctionne jusqu'à ce qu'on comprenne qui est le tueur marchant sur les pas de Dexter, ce qui pour le coup n'est pas pas crédible une seconde et nous enfonce dans une soupe psychanalytique de bas étage. La Saison 2 dans l'ensemble retrouve de l'allant, est captivante avec cette chasse à Dexter qui monte en puissance jusqu'à un final assez inattendu. Pour le reste, je suis désolé pour les fans mais ça ne tient plus la route, notamment cette galerie de personnages secondaires à peine ébauchés, pas assez creusés : je pense surtout aux collègues de Dexter plus caricaturaux les uns que les autres...

jeudi 27 mars 2014

Broadchurch


Ce qui me gêne aux entournures à partir de l'épisode 6, c'est la systématisation du statut (tellement enviable ?) de suspect comme pour mieux dire la contamination qui est à l'oeuvre dans cette petite bourgade où tout le monde se connaît, où chacun est lourd de ses petits secrets… Hors mis ces petits trucs (un peu trop visibles) de scénariste, c'est une fois de plus sans commune mesure avec le tout venant de la production hexagonale : des personnages forts, campés, un univers singulier mais qui ne cherche jamais à singer un tel ou un tel (Twin Peaks pour n'en citer qu'un) même si j'aime le clin d'oeil au célèbre Wicker Man qui tissait déjà ce genre d'atmosphère pesante sur une petite île en Pays Celte. Bref, une bonne petite série anglaise, intelligente, carrée, assumée, et qui a la délicatesse de ne pas nous prendre pour des quiches ! Ah si seul hic : cette résolution du dernier épisode assez maladroite à mon goût… Mais ça n'enlève pas grand chose à l'ensemble ni à ces épatants 2 acteurs principaux 

mercredi 26 mars 2014

Die Hard. Une belle journée pour mourir


John Mc Clane n'est vraiment plus, voilà c'est dit. Bon ça faisait longtemps déjà, mais c'est vrai qu'avec cet opus je ne vois pas comment tomber plus bas. Tout ce qui faisait le charme du personnage principal a totalement disparu Il n y' a plus rien, le néant. Les profanateurs de sépulture sont définitivement parmi nous… Sus aux fossoyeurs !

mardi 25 mars 2014

The Place Beyond the Pines


Un film qui semble murmurer sans cesse à l'oreille du spectateur attentif "je suis faux et je le prouve"... C'est terrible comme Ryan Gosling par exemple a l'air grimé pour l'occasion. Un tatouage n'a jamais fait le dur qui en est couvert, tout sonne faux d'entrée avec ce pseudo bandit au grand coeur qui n'exprime hélas pas grand chose d'excitant avec ce regard vide qu'on lui a connu dans d'autres films... Pour prendre un coup dans l'estomac avec une histoire de paternité qui fait d'un être perdu un homme, il faut se replonger dans les délices de Pusher 2 et mesurer la différence d'authenticité, de puissance incarnée à l'écran. Ici tout semble calculé, apprêté, jusque dans le choix de ces acteurs bancables qui cabotinent à qui mieux mieux… Le réalisateur se sera pris pour James Gray ou Nicolas Winding Refn mais ça ne prend vraiment pas, il reste loin, très loin "beyond the pines"... D'ailleurs rien que le titre annonçait la couleur : alambiqué et tortueux comme le sont l'intrgiue (sorte de Dallas du prolo qui s'étire sur 2 générations) et le film  On se dit à la fin : tout ça pour ça ? 

lundi 24 mars 2014

Biancanieves


Nouvelle incursion dans la mouvance des films muets, Le faiblard The Artist souffrait d'un vide scénaristique qui rendait l'ensemble fadasse, sans passion, sans enjeu narratif ou émotionnel. Biancenieves se raccroche à une mythologie puissante, celle de Blanche Neige mais pas que… Tout le folklore andalou est là, quelques clins d'oeil bien sentis à Cendrillon aussi. Mais force est de constater que malgré la beauté des images, le talent pour utiliser souvent à bon escient la musique, le résultat déçoit terriblement. Dans Blanche Neige, il y a une douceur, une fraîcheur, la musique enveloppante de Disney, l'intervention du merveilleux avec les gentils animaux, toute cette féérie qui vient contrecarrer la noirceur du conte pour mieux le sublimer. Ici, aucune nuance, au contraire, on force le trait à tout va, rien ne vient jamais alléger le morbide (les spectateurs ricanants se moquent des nains, même le bras droit de la méchante belle-mère au lieu d'épargner Blanche Neige essaye de l'étrangler puis de la violer… lourdeur caricaturale à tous les étages) et les clins d'oeil (Freaks entre autre) ne font qu'alourdir, qu'empeser l'atmosphère de ce Biancanieves où pour faire ressentir la méchanceté on fait grimacer et re-grimacer des personnages puissamment édentés. A cela s'ajoute un déroulement d'une linéarité affligeante, roman photo prévisible, qui nous laisse de marbre. Décidément, la palme du dernier grand film muet revient toujours et haut la main à Sidewalk Stories !

dimanche 23 mars 2014

Avengers


La loi du genre ? ce qui est rare est cher. Plus tu additionnes les trajectoires exceptionnelles, plus elles vont te paraître triviales. Ajouter les héros aux héros n'augmente pas le plaisir, rien de mathématique en la matière, au contraire cela contribue à diluer l'intensité de l'univers… Une chose est sûre, dans cette galerie qui joue la carte du quantitatif, Stark l'emporte haut la main, par son cynisme, ses faiblesses, bref son humanité. Pour le reste, Avengers n'est rien d'autre qu'un gigantesque pilote pour une série TV à créer, seule voie possible pour faire cohabiter tous ces personnages sur la durée. Alors les producteurs attendent quoi au juste ?

samedi 22 mars 2014

The Grandmaster. Wong Kar Waï


Hybride, inégal, agaçant surtout ! Wong Kar Waï rêvait d'accoucher de sa fresque Léonienne. C'est vachement raté ! Sur un sujet pareil, l'aurait fallu un Chen Kaige ou un Zhang Yimou. Wong Kar Waï en voulant porter à l'écran son Il était une fois la révolution et/ou en Chine se laisse dévorer par ses éternels tics et tocs visuels comme esthétiques ou musicaux. Imagerie publicitaire, combats sous la pluie où on ne voit pas grand chose… et chaque fois qu'un personnage parle ou s'exprime en voix off, c'est pour débiter des phrases creuses comme des calebasses avec toujours à la clé une sagesse à deux balles… Bref trop bavard quand ça doit se taire, trop léché quand ça doit saisir à la gorge, trop docu quand ça devrait revenir sur l'intimiste et la relation entre les 2 personnages principaux. Un coup d'épée, ou plus exactement de pied dans l'eau !

vendredi 21 mars 2014

Tad l'Explorateur


Pas grand chose à se mettre sous la dent pour les parents (cinéphiles ou pas) si ce ne sont les quelques clins d'oeil à la mythologie Indiana Jones. Pour le reste, c'est plat sans surprise et surtout sans grande imagination, un comble pour une histoire de jeune homme qui est censé en déborder depuis son plus jeune âge...

mercredi 19 mars 2014

Cop. James B. Harris


Un polar costaud, viril, âpre, placé sous le signe des 3 glorieux James : B. Harris, Woods, Ellroy, Tous au top dans ce Cop au dénouement difficile à oublier, et puis qui n'est simplement pas assez connu pour ne pas mériter qu'on en parle un peu plus qu'on ne le fait… Done !