mardi 23 juillet 2013

Vikings. La bonne surprise sur Canal +


La jolie surprise du printemps 2013 sur Canal +. D'abord une modestie appréciable, j'aime une série qui s'avance sur la pointe des pieds, sans rouler des mécaniques. Ensuite l'époque peu connue, extrêmement documentée ce qui nous rend l'univers à la fois immersif et authentique. Et puis le personnage principal sacrément charismatique.

Enfin il y a je trouve une capacité à développer au fil des épisodes une puissance dramatique qui va crescendo à mesure que la famille du héros se trouve menacée, avec une narration autour d'enjeux assez simples et donc crédibles (guerre intestine déclenchée par le petit chef local désireux d'éteindre la notoriété grandissante du Viking en pleine bourre). Peut-être encore un peu trop sage mais voilà incontestablement une série à découvrir.

lundi 22 juillet 2013

7h58 ce matin là. Sidney Lumet. Comment partir en beauté ?


Plongez corps et âme dans l'univers du film noir. Très noir. Serré. Prenez une structure éclatée à la The Killing (Stanley Kubrick) et saupoudrez d'une histoire de famille pas piquée des vers. Confiez le tout à un grand réalisateur octogénaire d'une insolente jeunesse, et vous obtiendrez la plus grande tragédie grecque qu'il nous ait été donnée de voir au cinéma depuis des lustres.

Et bien partir sur un tel coup de maître, moi je dis respect Mister Lumet !

dimanche 21 juillet 2013

Scandal. Le vrai scandale c'est que ça existe...


J'ai l'impression que le cahier des charges ici c'était "à la recherche de la formule miracle" : mélanger Les Experts avec une de ces belles séries US dans les coulisses du pouvoir, rajouter un crime par ci par là, un serial killer, et on mélange le tout... Mais la pâte ne prend pas. Pire, on est tout le temps dans l'invraisemblable. Je ne sauverai du reste que la relation amoureuse entre l'héroïne et le président, pas dénuée d'intérêt lors des tous premiers épisodes.

Quant à la cerise amère sur le gâteau ramollo c'est quand même Kerry Washington qui au bout de quoi, 3 épisodes vous tape sur les nerfs, vous monte à la tête plus vite qu'un verre de Vodka. Oyez, oyez, passez votre chemin, rien à signaler par ici.

samedi 20 juillet 2013

John Rambo. Petit film de guerre, bon film d'horreur


Décidément, Stallone n'a jamais cessé sous les couches épaisses de muscles, d'être un auteur, un vrai. Je crois d'ailleurs que la seule façon d'apprécier ce John Rambo c'est de le voir comme ce qu'il est, pas le vulgaire quatrième opus d'une saga, pas même un film de guerre, plutôt un vrai bon film d'horreur.

Ce faisant, personne n'aura mieux que lui dit et montré avec ce film ce qu'est la guerre : un gigantesque film d'horreur. Merci Sly. Respect.

vendredi 19 juillet 2013

After earth. Shyamalan respire encore


Je m'attendais au pire... et il faut bien reconnaître que Will Smith n'est pas bon, mais alors pas du tout, que toute la partie le concernant est objectivement faible (par trop statique, fort peu cinégénique). Problème à la fois lié à l'acteur et à sa situation confinée dans un espace sans grand intérêt dès lors qu'aucune exploration n'en sera jamais proposée, qu'aucun danger ne viendra jamais mettre en péril son équilibre précaire.

Mais curieusement, dès que le fils vole de ses propres ailes (au sens propre comme au figuré), le film décolle enfin. Un peu tard il est vrai, mais on retrouve alors ici et là une signature sensible et singulière, celle de M. Night Shyamalam. Preuve qu'il respire encore...

jeudi 18 juillet 2013

Homeland. 6 petits épisodes et puis s'en vont...


Saison 1. Cette série est intéressante aussi longtemps qu'on est habité par le doute quant aux véritables intentions de ce soldat revenu de l'enfer, sur ce que dissimule son regard bleu acier. Dès lors qu'on sait, tout retombe comme un soufflé, les tendances paranoïaques de l'héroïne deviennent aussi stériles qu'insupportables, les rebondissements plus ridicules les uns que les autres. Bref, à regarder jusqu'à l"épisode 6 de mémoire après quoi la fameuse bombe à retardement se transforme en pétard tout mouillé...

Saison 2. Mêmes causes, mêmes effets. Bancale de partout, on sent bien que les scénaristes sont emmerdés aux entournures. Raison pour laquelle ils saupoudrent ce deuxième opus d'un esprit 24 (la prise d'otage dans un hangar désaffecté, le vice président victime d'une tentative d'assassinat, son fils responsable d'un drame de la route). Jusqu'à un excellent dernier épisode qui serait foutu de racheter l'ensemble à lui tout seul si ça ne ressemblait pas à la bonne vieille formule marketing de derrière les fagots pour réveiller notre désir en prévision d'un troisième tour de manège...

mercredi 17 juillet 2013

Eva. Kike Maillo. Mouais...


Jusqu'à la double révélation, Eva est appréciable dans sa façon d'aborder un sujet de SF sous l'angle des rapports filiaux, de l'amour trahi, des sentiments... Une approche intelligente, originale, tout comme la caractérisation de ce futur étrangement familier, vraisemblable. A certains égards, nous sommes alors dans une jolie filiation assumée (Blade Runner ou AI, bref Philip K Dick pour n'en citer qu'un).

Mais la scène clé sur la falaise (par laquelle on était entré dans le film) effondre ce fragile château de cartes. La faute à des ressorts narratifs peu crédibles, trop lourdement posés pour nous amener vers un climax prévisible même s'il ne manque pas d'émotion. Pas nul, pas génial, juste pas mal.

Walking Dead. Machine décérébrée à fabriquer des zombies


Références cinématographiques, atmosphère puissamment étouffante, du subversif dès l'entame avec un enfant (zombie) tué d'une balle dans la tête... Les deux premiers épisodes de la saison 1 laissaient vraiment augurer de belles promesses et puis patatra...

Une nullité crasse s'empare ensuite de cette série décérébrée où les survivants ont moins de charisme que les zombies dont le maquillage (réussi) a le bon goût de rehausser la beauté putride. On fait rapidement du surplace au sein d'un groupe de survivants têtes à claques avec ses chefs ex-flics, ses gros flingues pour régler les conflits, ses enjeux du quotidien pour savoir qui va chercher les croissants en ville, et puis ses petits secrets de polichinelle (suis-je le père de mon enfant ?) bien ridicules. Heureusement que ce dernier ne tue pas, sinon une gigantesque armée de zombies se serait depuis le temps massée dans les salons TV du monde entier, mais Dieu soit loué il paraît que ça n'est pas arrivé...

mardi 16 juillet 2013

Prometheus. Ridley Scott s'en est allé


Visuellement pas inintéressant. Direction artistique soignée. Mais sorti de là que c'est pauvre au niveau narratif. Plan plan côté intensité. Des rebondissements pas croyables un instant, des personnages complètement désincarnés, sans épaisseur... Et cette méchante impression que le film ne fait que tourner autour du pot, qu'il ne fait que dérouler sagement son programme sans jamais mettre le bleu de chauffe... Ah si, une fois et cette incroyable scène de césarienne qui fera date à n'en point douter... Mais pourquoi par ailleurs si peu d'envolées furieuses ou lyriques ou les deux ? Qui plus est sur un sujet pareil ?

Ridley Scott confirme hélas qu'il n'arrive plus à donner vie à des histoires mêmes bancales. La magie s'en est allée toute seule. Et ça date pas d'hier...

lundi 15 juillet 2013

Bad Lieutenant. Escale à la Nouvelle-Orléans (qu'on n'oublie pas)


Comme lorsque Friedkin a refait surface avec le merveilleux Bug, j'ai envie de dire Herzog is not dead !

Primo fallait oser s'attaquer au monument Bad Lieutenant de Ferrara déjà bien dark et désespéré. Mieux, en le déplaçant sous des cieux (en apparence) plus cléments parce que lumineux, en le débarrassant de ses grigris religieux, en y insufflant un humour décapant, en réincarnant le Nicolas Cage des grands jours, Herzog accouche d'une espèce de reboot encore plus dépravé, encore plus barré, mais il faut bien reconnaître carrément mieux. Jouissive escale à la New-Orleans que moi, je suis pas prêt d'oublier.

The deep blue sea. Melo flamboyant même si...


Spontanément, je retiens ce duo d'acteurs d'une justesse folle dans une histoire d'amour aux accents raciniens à la fois datée (les années 50) et superbement intemporelle cependant. Me reviennent aussi en mémoire ces 2 derniers plans : le premier dans l'intimité de cette chambre, elle est assise et frotte, le bruit du chiffon sur les chaussures de son ex-amant emplit le vide de la pièce, sublime. Le plan suivant, extérieur jour sur la ruelle en contrebas, prise d'air et retour à la réalité de ces années 50 pour bien nous faire comprendre que tout ce temps, nous étions les spectateurs confinés d'une histoire d'aujourd'hui, de toute éternité.

Le petit hic avec le recul viendrait plutôt de la désarmante simplicité de l'ensemble, de son déroulement trop sage, d'un dénouement attendu plus qu'espéré. Alors à qui la faute ? Au regard distancié du réalisateur, à cette tonalité feutrée, tout en retenue "so british" où chaque silence semble calculé ? A tel point que le choix d'une narration moderne, complexe, éclatée (procédant par ruptures, allers retours) paraît avoir été un recours, sorte de contrepoint, intentionnel pour casser le ronronnement de cette "chronique d'une séparation annoncée".

Mais ne boudons pas notre plaisir, reste dans l'ensemble un bien beau mélo comme il ne nous en arrive que trop rarement.

dimanche 14 juillet 2013

Laurence anyways. Lightness nowhere


Je ne déteste rien de plus qu'un film auquel j'ai trouvé de belles qualités de mise en scène notamment (une vraie patte) mais qui finissent par ployer sous le poids d'une histoire à la fois interminable et pire... indigeste. Avec cette impression désagréable d'avoir vu se succéder scènes d'hystérie (dans un restaurant, dans un bar, dans un hôtel...) et clips video à l'esthétique et à l'imagerie très années 80. Ca c'est pour la forme.

Côté fond, bien sûr que cette réflexion sur la norme, l'amour, l'identité sexuelle n'est pas dénuée d'intérêt... Mais n'est pas Almodovar qui veut et manque à ce jeune réalisateur dont je découvre le cinéma à la fois du recul (certaines situations et dialogues manquent vraiment de finesse) et surtout de cet humour que le réalisateur espagnol sait manier à la perfection pour faire passer les pilules les plus difficiles à avaler. C'est je crois cette absence d'humour qui finit hélas par rendre ces 2 personnages passablement énervants (la dernière dispute notamment). Dommage...