lundi 2 novembre 2026

Obsession (2026)

La dernière image ? Probablement l'une des séquences qui font froid dans le dos (elles sont légions). Alors au hasard le moment où lui se réveille en pleine nuit - elle n'est pas à ses côtés - et découvre qu'elle est cachée dans le fonds de la pièce, mangée par l'obscurité, à l'observer dans un moment pour le moins angoissant. "Creepy" diraient les djeunes. Très efficace. Bon j'y reviendrai, c'est aussi l'un de soucis cette recherche de la multiplication des moments jump scare avec effets sonores légèrement too much...

Mais franchement, par les temps qui courent, Obsession a surtout des qualités et surnage par rapport à la production moyenne récente de films d'horreur. Toute l'entrée en matière est délicieuse, les personnages existent et l'on rentre dans l'histoire avec l'envie de savoir comment tout cela va finir.

Le Mc Guffin (cette farce & attrape qui n'en est pas une) fonctionne plutôt bien et se calque sur ces innombrables faits divers où l'on fait ingurgiter la drogue du violeur à des jeunes femmes qui n'ont rien demandé à personne... Façon habile de surfer sur une actualité en la saupoudrant d'une pincée de fantastique (dans l'esprit The Box). cela me rappelle aussi lointainement le point de départ de l'Amie Mortelle de Wes Craven qui déjà fonctionne sur un personnage féminin sous emprise et qui "déménage" 

Ici, la jeune comédienne est proprement extraordinaire. Sa capacité à moduler les expressions de son visage, à passer de l'angélisme le plus désarmant aux traits infernaux de la possédée démontre une palette d'actrice immense. Elle apporte d'autant plus au film que le jeune home souffre d'une passivité maladive et qui finit par taper sur le système...

On sent d'ailleurs et c'est ma réserve principale que le film ne peut tenir la distance qu'à cause de l'incroyable mollesse du personnage masculin. A chaque nouvelle incursion de l'horreur, il se contente d'un petit "c'est la dernière fois hein ? Tu m'as fait peur ? "... Euh comment dire.... C'est l'Exorciste qu'il vient de vivre en direct. Pas très crédible comme ne l'est pas la volonté de dépeindre ces deux personnages et leur premier cercle (les futures victimes) mais jamais les parents de la jeune femme, ses frères et sieurs etc. Le principe lorsqu'un couple commence une vie à deux c'est de rencontrer les familles respectives et là il y a aurait eu matière à développer de fabuleuses idées... Hélas on en restera au programme annoncé par téléphone... La seule façon d'achever ce film c'est que le personnage masculin se supprime. Dont acte.

Dommage, le film se prend ainsi les pied dans le tapis et ne décolle pas. J'ai également peu goûté cette acculuation de moments flippants soutenus par des effets un peu trop vendeurs (c'est en la matière la suggestion et la rareté qui en font le prix).

Mais ça reste plus intéressant que 80% des films d'horreur sortis ces dernières années.

dimanche 1 novembre 2026

The Backrooms (2026)

La dernière image ? J'adore une idée qui est à la fois loufoque (mais d'ailleurs est-elle en clin d'oeil à une scène emblématique de Shining  ?) : c'est ce moment où l'on voit le héros dans son lit consommant et sa bouteille d'alcool et la télé... Par un subtil jeu de dévoilement, on découvre soudain qu'il dort dans un des lits exposés dans son magasin de meubles. Bien vu !

Mais c'est aussi la limite de Backrooms. Il met en scène des personnages "post it" (symboliquement lui dans un lit d'exposition) qui n'ont pour exister qu'un semblant d'histoire agrémentée d'un traumatisme toujours bienvenu pour créer une angoisse très fake. Chez lui, c'est "ma femme m'a quitté, je suis un solitaire, j'ai un souci avec l'alcool, je vois un psy, je n'ai plus de chez moi". Chez la psy c'est  "ma mère était cintrée, on était enfermé chez nous à craindre une improbable expulsion + destruction de notre habitat"...  C'est beaucoup trop mince pour que l'on puisse entrer dans l'histoire. Des personnages qui au demeurant jouent la surprise avec le même bagage insignifiant : bouche entrouverte (pour chercher de l'air ?), regard perdu, bras ballants, marche précautionneuse, comme sur des oeufs... Et le ridicule est consommé.

Vous rajoutez à cela des comportements absolument pas réalistes et vous décrochez inévitablement : pour ne prendre qu'un exemple, le héros trouve par hasard un passage secret vers les backrooms. L'endroit qu'il découvre a l'air d'être un dédale de pièces vides où l'on sent rapidement que l'on pourrait s'y perdre aisément... Qu'à cela ne tienne, le héros non content de découvrir un mur que l'on traverse purement et simplement comme dans Orphée de Cocteau (sans se poser de questions ni chercher à contacter ne serait-ce qu'une personne du voisinage ou la police ou ses parents ou qui sais-je encore... Ou juste vérifier de façon rationnelle en sortant du magasin ce qui peut physiquement se trouver derrière cette fameuse cloison) décide tranquillement de s'y enfoncer... Personnellement, dès cet instant, j'ai décroché.

Bon d'ailleurs l'histoire par ailleurs est truffée d'éléments narratifs wtf comme il y en a dans les films qui ne savent pas où ils vont (le monsieur de la société d'IRM risible, on se croirait dans Lost, la sculpture de trace de main de la Psy, tout le reste est à l'avenant...).

S'agissant de la mythologie Backrooms, elle ne fait au fond écho qu'à la tendance "Urbexologie" née il y a quelques années et visant à explorer des lieux flippants et abandonnés, supposément hantés. Donc rien de trop nouveau de ce côté-là. Et puis pour la rendre intéressante, encore eut-il fallu par contraste développer un monde réel qui en soit l'exact opposé. Or le monde réel du film est à l'image des Backrooms, pauvrement développé et sans matérialité.

Quant aux décors qui sont le vrai point fort du film (là dessus rien à redire), ils rappellent une série comme Severance qui déjà exploitait cette idée. Ce qui là encore rend l'entreprise beaucoup moins innovante de ce fait.

Donc on peut passer son chemin pour éviter de se perdre inutilement (et son temps avec).