mercredi 21 janvier 2026

L'Homme qui tua Liberty Valance (1962)


La dernière image ? Evidemment cette deuxième vision de l'affrontement fatal, ce point de vue nouveau qui donne à l'histoire une toute autre tournure... C'est l'élément narratif clé qui rend ce film si original. Brian De Palma est l'un de ceux qui bientôt exploiteront avec bonheur cette fameuse idée de la scène originelle disséquée, revisitée sous divers angles pour en extraire un sens nouveau.

Ce que je retiens également dans ce film testament de Ford, c'est deux choses : d'un côté la forte charge mélancolique de tout le début jusqu'au cactus en fleur aux abords de la ruine qui fut la maison du personnage incarné par John Wayne. Toute cette partie dit bien de Ford où il en est de sa carrière (qu'il regarde dans le rétroviseur) et de son rapport au western. Cette émotion sincère transparaît. L'autre force tient dans ce fameux "si la légende est plus forte que le réel, imprime la légende". Puisque tout est là. L'Histoire est toujours biaisée,  l'Historien (ou le journaliste ici) ne va retenir que ce qui l'arrange... Ainsi les seuls à savoir ce qui s'est vraiment passé sont les témoins des faits de l'époque. Mais alors que le train s'éloigne et que le monde moderne arrive à grands pas, on se doute que bientôt tous auront oublié ces héros de l'ombre qui ne font jamais de vagues et s'éloignent sur la pointe des pieds ayant tâché de faire le bien autour d'eux... Sublime illustration.

En revanche, je trouve le coeur du film assez manichéen d'abord sur l'opposition très binaire James Stewart (Citadin intello pas manuel) / John Wayne (Gros dur au coeur tendre) et surtout sur la personnalité de Liberty Valance absolument sans finesse... Lourdingue, excessif jusqu'à la nausée. C'est dommage quand on sait ce que Lee Marvin peut apporter d'ambigu à ses rôles (le génial Point Blank pour ne prendre que cet exemple).  

Mais pour le reste, le film reste à voir.

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