dimanche 11 janvier 2026

La vallée de la peur (1947)

 

La dernière image ? La horde (sauvage) de poursuivants quasiment sans visage dans la nuit noire (nuit américaine imprégnant le film comme le cauchemar du personnage principal)... Une séquence qui culmine avec l'encerclement la villa des mariés puis l'évasion au nez et à la barbe des silhouettes indistinctes... J'aurais pu citer parmi les moments qui m'ont impressionné la fantastique séquence d'affrontement (à distance) de Rand et de son frère, là encore fantôme au loin sur un relief escarpé. 

J'avais adoré White Heat de Walsh. Et j'avoue avoir été fasciné par le caractère singulier de Pursued. Parce que voilà un western profondément atypique, sombre, cauchemardesque, hanté, qui s'enracine autour de l'idée d'une malédiction comme dans les grands films noirs. Les ingrédients sont ceux d'une tragédie grecque mêlant Oedipe, amours interdits, épisodes quasi bibliques, où le destin s'acharne sur un homme dont les souvenirs enfouis profondément cherchent à se frayer un chemin jusqu'à la surface...

Tout n'est pas parfait. Je goûte assez peu les moments où la psychanalyse vient brouiller le signal d'une belle scène d'action comme lorsqu'il se rappelle enfin dans cette ferme en ruines. Pas terrible non plus les moments comme sur un lit d'hôpital où on lui parle de ses fièvres délirantes - trop démonstratif..

Mais en revanche j'adore l'atmosphère curieuse, ces personnages hauts en symboles comme ce Callum incarnant la malédiction qui ne veut jamais cesser, glissant subrepticement l'arme fatale dans les mains d'une future victime, le frère ou le prétendant, un peu comme Louis Cypher alias Bob De Niro dans Angel Heart face à Mickey Rourke.

Autant d'éléments qui apportent une touche presque fantastique, mythologique. D'ailleurs ce destin maudit s'incarne aussi dans la fameuse pièce qui décide à pile ou face du chapitre suivant pour le héros jusqu'à ce qu'il fasse une rencontre opportune dans cette salle de jeux où la chance lui sourit enfin mais sera de courte durée... Un cataplasme, un emplâtre sur une jambe de bois.

Dernière idée extraordinaire : ce mariage qu'elle consent à faire pour le seul plaisir de l'achever... On est alors dans du Jim Thomson (j'ai pensé au final de Nuit de fureur)  

Pour tout cela, Pusrued est à voir ou redécouvrir.

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