La dernière image ? Ce que je garde de précieux d'un film pas revu depuis 1 minute ou belle lurette
jeudi 12 octobre 2023
Indiana Jones. Cadran de la destinée
lundi 2 octobre 2023
Babylon
La dernière image ? Un éléphant s'invite à la fête... The Party, Blake Edwards, seraient-il convoqués ?
Qu'il est loin le temps de Good Morning Babylonia, fresque historique foisonnante pas exempte de gros défauts mais qui contenait nombre de moments gradioses, mémorables, et du lyrisme, du beau lyrisme...
Que ce Babylon en comparaison est mauvais, dit tout de la vacuité de l'époque (la nôtre en l'occurence) ! Un mal de tête ambulant où chaque acteur cabotine comme jamais, en fait de tonnes, où chaque séquence singe la précédente : montée d'adrénalise puis ça vomit, ça s'évanouit, ça tombe dans une piscine etc etc.
Non, passez votre chemin, le cinéma, le vrai doit se retourner dans sa tombe en voyant ça.
vendredi 29 septembre 2023
Faute d'amour. Loveless
La dernière image ? Ces deux parents réunis malgré eux dans une morgue pour identifier le corps de leur fils, mais est-ce leur fils ? Est-ce Alioucha ? Tellement puissant... Ces deux insolubles l'un dans l'autre, dissociables dissemblables, incompatibles qu'on oblige à faire corps et bonne figure le temps d'une identification...
Je suis un inconditionnel du Leviathan de ce réalisateur surdoué pour la mise en images de ses pensées, de ses envies, de ses messages et qui ensemble touchent en plein coeur. C'est un authentique cinéaste, sa vision transcende le scénario et crée un monde dans lequel on pénètre avec délectation. Les comédiens sont divins, chaque plan vous éclaire, comme de l'intérieur, allume de petites étincelles qui vous donne à réfléchir, à comprendre le monde d'aujourd'hui, sa déliquescence au contact du tout capitaliste, du tout "pour soi"... C'est un peu ce qui emporte les 2 personnages principaux vers le malheur, sans le savoir.
Ici encore, la force inouïe vient de ce paradoxe qui voit se télescoper l'aspiration collectiviste d'une société avec les petits rêves matériels (de pacotille) des uns et des autres... Lorsqu'il s'agit de mettre en branle les moyens de la communauté pour retrouver le petiot, ça y va de façon organisée mais toutefois déjà glaciale, désincarnée. Sans affect. Mais les deux parents ne sont ils pas également absents à cet amour qui aurait pu tout changer. Chacun mangé par ses propres turpitudes (la lâcheté du père, sa soumission à un système, l'ambition dévorante de la mère d'une dureté sans pareil) jusqu'à cette séquence finale de la femme en extérieur qui fait du surplace sur un tapis de salle... une image qui semble dire... comment en est-on arrive là ? Le monde marche vraiment sur la tête et qui marche sur la tête court à sa perte...
Tout le programme du film est au fond dans son titre (Loveless) et c'est peut être un peu aussi sa limite... Dans sa volonté de faire ressentir la cause du drame, il est un peu froid, distant. Mais il y a tellement de talent chez ce monsieur.
samedi 19 août 2023
Nope (2022)
Pour le reste, ce film est un naufrage. Le pire de son réalisateur. Pour une première raison toute simple : Rien n'existe. On ne croit à rien. Ni à ces personnages dont rien ne nous permet de croire qu'ils sont à la vie ce qu'ils disent être (on reverra The Rider pour comprendre ce qui crédibilise une passion et un métier, l'ancrage d'un personnage dans sa géographie). Ils ne sont que des pancartes, ces bonshommes sacs poubelle articulés par le vent. Lui n'exprime rien, pas une seconde. Elle gesticule et s'exprime comme une nana de la grande ville. Le décor n'existe pas davantage. Sorte de théâtre à ciel ouvert, sans vie, sans odeur, sans rien. Alors quand vient le moment de faire émerger des sentiments (la peur, la mélancolie, l'amour) de moments et de personnages en carton-pâte, évidemment rien ne se passe, rien n'émerge si ce n'est du ridicule ici et là... Les messages qui sont censés êtres passés deviennent lourdingues : pseudo réflexion sur l'image ou la création (l'étron volant, ce serait le réal et les héros ses personnages ?), la société du spectacle, l'audimat et le scoop à tout prix, la malbouffe (ce personnage en plastoque qui provoque la mort du sphincter spatial) voire déconcertants de puérilité. Puisque le matériau lui-même n'existe pas (je pense à cette soucoupe volante qui joue à cache cache derrière les nuages, sacrément plus convaincante même dans La soupe aux choux) .
On cherche à comprendre mais y a t-il quelque chose à comprendre ? Ce frère et cette soeur qui vivent dans cette ferme ne connaissent personne... Juste un ex enfant star traumatisé (par un singe devenu fou) et un installateur Amazon soucieux de sa note sur l'application... C'est tout ! Pas de famille, pas d'amis, pas de fournisseur, pas de client, pas de banquier, pas d'interaction avec le vaste monde ? C'est à l'image du chapitrage qui ne présente pas le moindre intérêt. Une facilité dans l'interruption de séquences en faisant se succéder le silence et un plan noir à des hurlements. Tout ici est factice. Revoyons Signs par exemple qui malgré ses défauts recelait une profondeur, une noirceur totalement absentes ici. Et qui abordait pleinement le thème du deuil. Et je n'évoque même pas Rencontre du Troisième type...
Bref, difficile de faire pire que ce truc égotique (on sent que ce réalisateur s'adore), bavard, boursouflé, navrant de stupidité à l'image des dialogues d'une pauvreté incommensurable ou d'un scénario d'une ineptie confondante.q
Je vois pourtant que les critiques s'en sont donné à coeur joie, ont plébiscité... Un tel aveuglement collectif face à un trouduc de l'espace interroge. Les aurait-il avalé tout crus, leur raison avec ? Moi ça ne m'amène qu'une réflexion : où va le monde ?
mardi 8 août 2023
Greenland
La dernière image ? Cette lutte sur un bas côté de la grand route pour la survie entre hommes devenus bêtes... Alors le silence qui suit l'inommable est appréciable, il suscite la réflexion. L'introspection.
Mais voilà pour l'essentiel un film benêt, prévisible, qui file les atmosphères de fin de monde avec une légèreté déconcertante... Chaque segment est interrompu par une chiée de météores, un tremblement dans la carlingue du petit coucou, une baston à mort parmi les convives à l'arrière d'un camion de transport de marchandises... Parfois on est dans La guerre des Mondes, parfois dans un film sur les émeutes de L.A, parfois dans La Guerre du feu, parfois dans un film catastrophe (2012), parfois dans un film de Zombies (ou presque). Mais rien n'appartient jamais vraiment à Greenland, rien ne semble être à l'écran par et pour le film qui ne vit hélas que d'emprunts. A proscrire donc. pas une miette ici ne viendra nourrir nos petits neurones. Tout est vu et revu ailleurs, malaxé, digéré, re-craché sans effort louable.
vendredi 4 août 2023
Crazy Bear
La dernière image ? Cette fliquette et son enbonpoint, dure au mal, dont le brancard retombe comme la fameuse tartine beurrée du mauvais côté sur le bitume qu'on imagine rêche et agressif à l'issue d'une course poursuite gag et gore avec un ours paré pour gagner le tour de France. Le genre de moment appréciable et enlevé malgré le côté horrifique.
Mais c'est une ligne de crête fragile, un cap difficile à tenir sur la distance que de prôner humour et gore. Peter Jackson ou Sam Raimi y ont excellé mais il y a plus d'appelés que d'élus. On voit bien l'envie derrière le fait divers de 1985 (l'ours avait simplement fait une overdose) de réhabiliter les séries Z d'antan mais cela reste pour commencer trop "propret" : les effets speciaux nuisent gravement a la santé du régime proposé. En pareille tentative, plus le fim est fauché, mieux ça vaut et ça doit se sentir. Par ailleurs le scénario est trop décousu (groupes de personnages et géographie façon puzzle, tout part vraiment dans tous les sens mais sans véritable harmonie) et ne permet pas de rentrer pleinement dans la narration. On reste en perpétuel observateur extérieur qui va lâcher ici ou là un sourire, sans plus... Une des références auxquelles on pense, Cujo, fonctionnait par exemple sur la tension palpable et le huis clos génial d'une petite ferme. Et le résultat détonnait. Est-ce qu'il n'aurait donc pas fallu ici tout faire à l'économie et avec le plus grand sérieux ? Je pose la question.
lundi 31 juillet 2023
Limbo
La dernière image ? Essentiellement ces décors vraiments dingues (qui est le chef déco ? Un génie). Ces lieux habités, vivants, agités par le vent, les éléments, donnent à se replonger ave délice dans des univers à la Tsukamoto, à la Philip K Dick (Blade Runner est palpable dans les plans vus du ciel sur la ville). On pense aussi à Brazil ou Seven... Des images frappent et restent, notamment le déluge de la fin sur une ville-dépotoir à ciel ouvert au plus fort de la tempête.
Pour le reste, la narration est bien trop négligée. Récit incongru, mal fagoté dans ses rebondissements improbables, dans la façon de retrouver le coupable... Faiblard, téléphoné. Le coupable étant par ailleurs désigné comme l'étranger, le laissé pour compte, le marginal. Cliché quand tu nous tiens. Un "méchant" qui d'ailleurs est quelconque, au visage tellement lisse, qu'il n'inspire aucune peur... Sorte de Jean Reno du moyen orient sans la moindre expression. Les deux flics sont aussi un peu ballots, expédiés, malgré la psychologie légèrement plus travaillée sur le senior (sa femme sur un lit d'hôpital par la faute de la future femme martyre)... De l'à peu près à tous les étages. C'est donc un bien beau gâchis qui frise même le ridicule à chaque poursuite ou combat lorsqu'il s'éternise en longueur avec souvent des moments clés (un pistolet perdu que le tueur retrouve comme qui rigole) invraisemblables et des réactions (la toute fin et la recherche par le flic d'expérience de la jeune fille sans même crier une fois son prénom ???!!!) en dépit de tout bon sens ! Tout est tiré à gros traits. Poussé à son paroxysme, saturé. C'est rageant parce que la peinture noir et blanc de ce Hong Kong fantasmé vaut le détour.
lundi 24 juillet 2023
The whale
La dernière image ? Rien de spécial. Juste cette ambiance caverneuse qui donne le sentiment qu'on a passé du temps dans l appartement irrespirable de l'une des victimes expiatoires de Seven, celle qui finit la tête dans son plat de fayots. Vous vous rappelez ?
Darren Aronosfky, j'en attendais beaucoup ! Pi a quelques chose de singulier même s'il est truffé de défauts mais il est l'hommage sincère de Manhattan à Eraserhead et Brazil. Des images restent et le film témoigne d'un vrai talent derrière la caméra. Requiem for a dream tourné en partie à Brighton Beach est une réussite. Sa plus grande à ce jour. Même si le film est là encore un chemin de croix qu'on n'emprunte pas facilement deux fois.
Puis c'est le début de la dégringolade. Comme s'il avait fait le tour en deux films... The Whale ne déroge pas à la régle. Huis-clos minimaliste, crasseux, qui se centre sur un acteur parti pêcher l'oscar. Miroir fidèle de la trajectoire d'un Wrestler. Déjà taillé pour glorifier l'acteur derrière le personnage.. Bref un film où tout est trop lugubre, trop glauque, trop pouilleux, trop crado. trop Glurps... Trop c'est trop. Et il y manque l'essentiel. Ce qu'on veut raconter autour. Point de départ ? Point de chute ? On filme les derniers jours de la Baleine, la réconciliation avec sa fille et puis hop... Au paradis ! Maigre programme.
dimanche 23 juillet 2023
The Fabelmans
La dernière image ? Ce délectable, cet interminable dérushage (des images d'un week-end comme les autres) qui respire la passion totale n'ayant pas d'autre finalité que de radiographier la vérité vraie des sentiments, des rêves de chacun... Un regard d'amour mais pour dire ces choses, l'artiste écrit, filme, prend des pincettes, des détours, utilise des biais divins, des échappatoires qui sont des raccourcis. D'un coeur de fiston vers un coeur de maman. Des expédients qui sont finalement des révélateurs. Un éclairage cru sur la manipulation du réel par Sammy/Steven qui finit par raconter ses vies rêvées. Façon de créer le lien le plus intime qui soit entre une mère et son fils (via le secret coupable qu'ils partageront) mais aussi entre le réalisateur et son spectateur. Belle mise en abyme.
Je reverrai The Fabelmans dans de meilleures conditions (vu dans un vol pour Montreal) mais j'ai quelques réserves sur la deuxième partie après le déménagement vers la Côte Ouest. Bien sûr elle est l'occasion de créer le décalage utile qui rend au cinéma toute sa magie, ses lettres de noblesse. Un repère inamovible pour Sammy/Steven, le remède absolu pour vaincre le jet lag et les vents contraires. Moyen ultime pour lui de communiquer avec le monde extérieur. On le comprend vite, cette relation ambivalente avec deux têtes de lards, deux grands dadais agressifs lui permet aussi de recréer en démiurge lors d'un mémorable film de fin d'année les avatars de son père et de son beau-père. Tout part toujours d'une blessure narcissique jamais refermée. Une vie et une trentaine de films n'y suffiront pas. Il peut ainsi déifier le premier (père de carte postale) pour réaliser le rêve secret de ramener le désir dans le regard de l'amoureuse d'antan (symboliquement sa propre mère). Rabibocher ses parents comme on recolle l'un à l'autre deux bouts de pellicule. Il amène par ailleurs habilement cette figure de père à se révolter, à frapper le concurrent (l'autre andouille), symboliquement pour sauver son honneur, défendre sa famille et à travers elle les rêves de Sammy/Steven les plus secrètement enfouis. Mais cette partie "lycée" encore une fois reste à mon goût un ton en dessous du premier segment qui lui emporte tout sur son passage.
Car enfin que cette entrée en matière secoue l'âme. Par-delà les appartenances ethniques, religieuses, géographiques, sociales, le 7ème art entre dans vos nuits comme ce train de Sous le plus grand chapiteau du monde. Spielberg révèle que son amour pour le cinéma est né avec une peur primale qu'il lui a fallu exorciser par la suite. Pour moi ce fut Excalibur et sa séquence cauchemardesque sous la branche d'un arbre mort. J'avais 10 ans.
L'émotion "de ça" comme on dit au Cameroun c'est déjà un cadeau sensationnel parce qu'intime, parce que personnel à un point qu'on n'imagine pas... Donner un tel morceau de soi, c'est qu'on est prêt à quitter ce monde sans peur. Ni reproche.
On est apaisé, on a pardonné à ses parents. A sa maman évidemment ! Un personnage de femme flamboyante, artiste, inaliénable, qui rappelle tellement la Gena Rowlands d'une femme sous influence. Elle illumine deux moments sublimes : le défi lancé à la tornade, quitte à mettre en danger la vie de ses enfants. Et une danse lascive dans les phares de la voiture familiale. Son oncle viendra d'ailleurs révéler plus tard lors d'une séquence saisissante de deuil au jeune héros que sa mère a gâché ce don qui peut éclairer le monde mais qui peut aussi tout brûler autour... La malédiction des artistes, ajoute t-il. Et toute cette progression narrative vers la séquence du camping est un sommet d'intensité dramatique. Une maman offre à son fils les moyens de réaliser son rêve en même temps que l'arme fatale pour la "démasquer". Le cinéma, arme à double tranchant, permet à son fils de découvrir le pot-aux-roses. Séquence géniale où le jeune cinéaste en herbe découvre qu'avec les mêmes rushes, il peut raconter au choix une comédie familiale ou un thriller paranoïaque façon Blow up. La vérité est toujours dans l'oeil du créateur. Il réalise même qu'il peut influencer le réel.
Génie de Spielberg qui nous explique comment le requin invisible des Dents de la mer c'était évidemment la cristallisation de ces faux semblants, l'adultère honteux, tout ce qui se joue sous la surface et qu'on ne voit que lorsqu'on veut enfin ouvrir les yeux... Comment AI convoque ce moment du secret partagé avec sa maman qui les unit de façon singulière. Le désir de revivre encore et encore ce lien si fort est exalté par la scène finale du robot qui retrouve sa maman le temps d'une journée. De même qu'ET reprend cette idée d'un endroit de la chambre d'un enfant où se cache un secret qu'il va partager avec sa mère. Comment Minority Report retourne sur les terres du camping pour en décoder les images (ce fameux dérushage) et empêcher qui sait l'inacceptable (la séparation de ses parents) de se produire... Dans Duel, le camion lancé comme un bolide face à une petite voiture fluette ? Evidemment c'est ici la scène cathartique du crash du film de Cecil B De Mille pour réécrire l'histoire et inverser les rôles. Mais ne peut-on pas y voir également la menace physique, brutale, incarnée par les "Goliaths" / caïds du lycée que seule la ruse de "David" pourra déjouer (les subterfuges du jeune Sammy/Steven arrivant en Californie et utilisant ses talents pour éviter les collisions fatales et mettre tout le monde dans sa poche) ? La guerre des mondes replonge ici et là dans ces moments d'exploration dangereuse d'une ville ravagée pour aller au plus près de la tornade, comprendre son mystère... Quant à Indiana Jones c'est l'occasion de manier l'humour, la distance, pour défier la fatalité (scène matricielle de l'accident train /voiture). L'univers fantastique et mystèrieux du cirque, le frisson d'un train fantôme, des numéros d'éléphants, de serpents, de scorpions, tout ce qui fascine l'enfant et se déplace depuis l'antre d'un chapiteau (le plus grand du monde) jusqu'aux sous-bois d'une jungle hostile, mais vécu par les yeux d'un héros à toute épreuve... Quant à Rencontre du troisième type c'est naturellement le cinéma comme clé/boussole qui va permettre au jeune Sammy de dévérouiller toutes les portes, d'être accepté par les autres. Une langue (la musique dans le film) qui va lui permettre de se faire comprendre, d'entrer dans tous les mondes, toutes les sociétés, s'y faire adouber.
Le final et l'échange avec John Ford (savoureux David Lynch auquel Spielberg a été inspiré de faire appel) dit finalement tout ou presque. Le cinéma c'est affaire de regard porté sur les choses jamais des choses elles-mêmes. Où est l'horizon ? Plus il est inattendu, décalé, plus la séquence sera intéressante. Entre les lignes, plus il y a un auteur derrière la caméra plus l'offrande de sa vision sera belle.
Merci pour ce dévoilement intime (j'ai pensé parfois à Truffaut, Allen, Coppola et Zemeckis) de ce qui anime depuis toujours Spielberg et qui éclaire son génie ainsi que la genèse de tant de ses belles nuits américaines.
jeudi 4 mai 2023
Beasts of no nation
La dernière image ? Des enfants amusés qui créent avec un squelette de téléviseur... Facile mais efficace. Dans l'ensemble, le travail sur l'image notamment est à saluer par ici.
Là où le film pèche c'est par sa volonté de se tenir scrupuleusement au programme annoncé dès le titre... Devenir pire que des bêtes... Sans boussole... Tout y passe, rien n'est oublié... La famille qui explose, les meurtres injustement perpétrés, l'enfance sacrifiée, les premiers crimes qu'on vous oblige à commettre, le viol subi par le commandant, les drogues qui vous transforment, la faim qui vous tiraille, l'odeur de la mort qui empeste, les copains soutenus à bout de bras et qui meurent en chemin. Ajoutez une voix off lancinante qui parle de Dieu l'oublieux (Charlie Sheen is back) et une petite musique pour attendrir ou faire réfléchir comme dans Platoon, saupoudrez d'un commandant Kurtz un peu monolithique, "idrissElbaïsé" pour essayer de convoquer les fantômes d'Apocalypse now et vous avez la totale. Alors vous sortez de là assommé, le programme a déroulé devant nos yeux ce qu'il avait à donner sans véritable supplément d'âme. Et c'est ce qu'on peut reprocher à ce genre de film qui s'appuie trop à mon sens sur la force de ses images choc, sur "l'exceptionnellement", "l'invraisemblable" de tout ce qui arrive, sur une idée finalement presque publicitaire (au sens d'une image qui se veut accrocheuse en soi et pour soi) et donc trop maigrement incarnée. C'est le risque encouru. Parce qu'on s'est trop ^fait confiance, on s'est trop reposé sur la fausse évidence que filmer des enfants armés, que filmer l'horreur en somme suffiront.
mercredi 3 mai 2023
The descent. La guerre des sexes
mardi 2 mai 2023
Le trésor de la Sierra Madre
Je suis heureux de pouvoir parler de ce film que je découvre tardivement. Juste commencer par dire mon admiration devant l'audace pour exploiter les extérieurs (précurseur de la nouvelle vague ?) et les chocs culturels, J'adore par ailleurs John Huston et ai toujours apprécié l'humanité, l'éclectisme que l'on sent jusque dans le choix de ses thèmes, de ses films à chaque fois très différents les uns des autres... Mes préférences allant toujours à mon trio de tête The Asphalt Jungle - Fat City - The man who would be king.
Ce que j'adore ici c'est pour commencer cette recherche de réalisme qui s'inscrit dans la lignée d'un The Lost Patrol (le côté Fordien qui recherche la vérité des grands espaces immobiles écrasés par la chaleur, avec des personnages devenus fous ou dépassés / impuissants face à l'ironie de leur sort) et préfigure d'une certaine façon des chefs d'oeuvre comme le Salaire de la peur qui sort 4 ans plus tard à peine et dans lequel on retrouve (je trouve) énormément des saillies visuelles déjà marquantes ici... L'on sent que ce film a constitué une influence majeure pour dnombre de films jusqu'à La Ballade de Buster Scruggs.
Parmi les idées géniales, Humphrey Bogart à contre-emploi proprement extraordinaire. Le papa Huston également fantastique dans le rôle bonhomme du vieux briscard modérateur avec un solide bon sens et quelques valeurs en or. Puis dans le désordre, ce sont les arbitrages à trois pour éliminer le quatrième venu, les paupières qui veulent tombent mais qui luttent face au frère ennemi qui n'attend qu'une occasion pour savonner la planche... Puis le sort qui s'en mêle lorsque le personnage de Fred Dobbs devenu paranoïaque (joué par Humphrey) finit découpé à la machette... Toute la science là encore du hors champ (comme lorsqu'il essaye d'éliminer son compère de toujours). Puis l'exécution sommaire des bandits de grand chemin rattrapés par le destin une fois de plus... Le film culmine enfin dans une scène finale d'anthologie où la nature reprenant ses droits balaye tout sur son passage... Mémorable, d'une modernité fracassante et une influence majeure de tant de films à suivre.











