jeudi 8 janvier 2026

Zéro de conduite (1933)

 


La dernière image ? Toute la séquence de bataille de polochon est immersive parce qu'elle s'achève sur une tonalité de mystère, le ralenti final y faisant beaucoup. Mais j'adore aussi le tout dernier plan et ces 4 bons petits diables de dos sur le point le plus haut de la toiture de l'établissement.

A vrai dire, je dois reconnaître que Zéro de conduite souffre de trop grands défauts (son, montage, cadres hésitants, approximatifs) pour que je m'emballe comme je m'étais emballé pour l'Atalante par exemple.

En revanche, je sens vraiment après l'avoir vu à quel point le film et l'auteur qui se réclament le plus de ce moyen-métrage c'est évidemment le Zazie dans le Métro de Louis Malle (et Raymond Queneau) alors que dans mon esprit ce fut longtemps les Disparus de Saint-Agil ou les 400 coups.

Parce que règne ici un esprit foutraque qui est magnifié par la musique échevelée comme par des idées visuellement marquantes : le dessin qui prend vie dans la classe, le Directeur barbu dans le corps d'un enfant, le miroir dans le bureau de ce dernier qui reflète autre chose que son propre reflet, toute la séquence des polochons naturellement...

C'est cette veine poétique qui rend le résultat attachant parce qu'en dehors de cela, il n'y a pas dans le projet de Jean Vigo de quoi casser 3 pattes à un canard... Vraiment, tout ceci reste bien inoffensif et superficiel. Et peut-être même un peu vain. Mais la folie et l'énergie du chaos viennent sauver Zéro de Conduite du statut d'oeuvre quelconque.

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