La dernière image ? Forcément ce plan de fin. Les amants enlacés dans la neige, l'image qui vient immédiatement c'est Jack Nicholson congelé dans Shining. Lui s'en est allé seul, eux restent unis à jamais. Sublime et terrible.
D'ailleurs, je suis épaté par tout le dernier chapitre émaillé de flashbacks sur l'époque du bonheur où tout était rose, où l'amour était plus fort que tout... Ce contraste avec le présent peut vous arracher de chaudes larmes.
Ensuite, l'histoire pour l'époque est prenante. Il y est question de sursis pour cet homme, pour le bonheur fait de tous petits riens. A bout de souffle reprend finalement cette colonne vertébrale sauf que les sommets d'une montagne peu hospitalière y deviennent les Champs- Elysées...
A noter aussi que les personnages ici sont complexes, ambigus. Depuis le Shérif qui semble être agi par d'autres motifs que la soif de justice jusqu'à l'ami qui vient et s'en repart non sans avoir été frappé (comme d'autres avant lui) par la tentation de la chair et du crime. L'irréparable qu'il s'interdira finalement de commettre lors de séquences qui préfigurent le pire (qu'on ne voit pas venir : la mort de l'innocence).
Le film raconte aussi la soif d'idéal, d'absolu, qui se caresse en matière d'amour et que la nature se charge de venir effacer comme des pas dans la neige.... Tout est métaphore de la vie qui vient puis qui va dans des décors sauvages et fabuleux. Et l'on retient finalement l'essentiel, que nos vies ne valent rien sans un grand amour pour résister au malheur (la perte et le sacrifice de leur enfant), à la pauvreté, à l'isolement, au temps qui nous file entre les doigts...
Certes le film souffre de moyens rudimentaires et de son grand âge (1917) mais il contient des moments grandioses (décors compris) qui marquent l'esprit du spectateur et des idées puissantes dignes d'une tragédie Grecque.
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