lundi 5 janvier 2026

Le Cabinet du Docteur Caligari (1920)

 

La dernière image ? D'une façon générale, je suis emballé par le cadre, les décors (de théâtre), l'atmosphère étrange, toute la matière soyeuse du rêve qui imprègne le film. Et c'est cette modernité qui frappe l'imagination, la certitude que ce film fantastique (à tendance horrifique) est à la source de bien des oeuvres dites de "cinéma mental" qui suivront des décennies plus tard, dont un architecte contemporain bien connu est David Lynch.      

C'est pour le moment un des films des années 20 qui m'a le plus impressionné (avec L'Aurore de Murnau). Il faut d'abord saluer les décors hallucinants de cartons pâte, biscornus, émaillés de reliefs et de creux. On comprend évidemment avec le twist final (premier de l'histoire du cinéma probablement) l'intérêt de ce travail fou sur les lieux traversés par nos héros, pantins de circonstances. 

Et plus encore, c'est le scénario qui m'a laissé sur le c... Toute cette narration (complexe) basée sur un récit dense, un flash-back qui n'est là que pour mettre en lumière a posteriori la folie du personnage principal.

Toutes les circonvolutions du récit permettent d'entretenir une certaine cohérence jusqu'à la révélation finale. Sur la puissance de la narration, retenons d'ailleurs le premier meurtre (crapuleux, visant à se venger d'une autorisation refusée au Docteur Caligari)  puis le deuxième (dont les motivations sont plus troubles : probablement la volonté de toute puissance du Docteur Caligari qui veut prouver que les prédictions de son Somnambule sont fiables). Un meurtrier arrêté et qui s'avère être un hurluberlu voulant profiter du moment pour faire parler de lui. Toute l'histoire du "mannequin" servant d'alibi au meurtrier... Le scénario est riche et tient finement la route jusqu'au tableau final qui rebat les cartes.

D'ailleurs, on m'a longtemps parlé de White Zombie  (Victor Halperin, 1932) comme premier film de Zombie de l'Histoire. Il s'avère que le premier à exploiter cette idée c'est clairement celui-ci.

Bref, il faut revoir toutes affaires cessantes Le cabinet du Docteur Caligari qui ne vieillit guère et qui peut même encore de nos jours susciter des vocations. Je précise que Shutter Island (le livre) en pompe allègrement toute la substantifique moëlle.


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