lundi 29 décembre 2025

Le Doulos (1963)

La dernière image ? J'adore la course de Serge Reggiani sur un trottoir fuyant les lieux de son méfait. Ca m'en a rappelé d'autres (En Quatrième vitesse et Pusher 2 notamment). Cela souligne les nombreux points forts de ce film noir et notamment les qualités habituelles de mise en scène de Melville excellant dans le genre.

J'ai vu que Tarantino le classait parmi ses films préférés et je ne suis pas surpris du tout.

D'abord, cette affaire de personnage trouble (le fameux Doulos ?) qui aurait cafeté, on le retrouve dans le coeur de l'intrigue de Réservoir Dogs. Lequel a trahi ?

Par ailleurs, toute la construction alambiquée qui à plusieurs reprises fixe l'attention du spectateur sur des moments clés de l'histoire pour en faire apparaître un nouveau sens, une info inédite, on retrouve aussi cela dans le premier opus de Tarantino puis dans Pulp fiction.

Cela, on peut vraiment le saluer et se dire que le Doulos pour l'époque (1962) apporte de la fraîcheur et de la complexité dans sa construction qui permet aux révélations de se succéder dans la dernière demi-heure jusqu'au bouquet final en captivant toujours son auditoire. Le genre de film qui rend plus intelligent et fait réfléchir sur les apparences et les intentions plus ou moins cachées des uns et des autres.

Ce que je peux déplorer en revanche (et que Tarantino a également repris à son compte parfois pour le meilleur, souvent pour le pire), c'est le côté bavard et explicatif (toute la séquence chez les policiers puis dans un café au cours desquelles Silien alias Belmondo explique, rappelle, bavasse...) qui handicape le film plus qu'il ne le sert. D'ailleurs, il est à noter que Melville atteindra à une forme d'épure en la matière avec Le Samouraï où le personnage central devient mutique et justement ô combien mémorable. L'économie, très cher, en toute chose l'économie.

Ici, probablement qu'en outre, Belmondo comme Doulos n'est pas au niveau de ce qu'exigeait le rôle : trop lisse, trop bambin. Ca manque d'aspérités. Et l'intrigue toute savante et riche qu'elle soit est un chouia trop tarabiscotée.

Bref, le Doulos reste un sacré film noir, innovant à bien des égards, mais souffre de ces défauts liés au besoin d'expliquer par le menu ce qui s'est réellement passé ici et là. Un peu dommage malgré un dénouement "plus noir tu meurs". A l'image de la séquence d'intro, toute aussi puissante.

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