La dernière image ? Je retiens deux séquences/moments qui cohabitent et disent bien la richesse et l'éclectisme de ce film.
Il y a d'un côté la veine film noir qui s'épanouit divinement sur un final qui saisit à la gorge. Il y a de l'autre côté le film fantastique si bien exploité lors des cauchemars du héros ou quand la jambe vient se venger de tous ces inconscients qui s'abandonnent à des jeux dangereux dès la nuit tombée. Moment résolument burlesque.
Le réalisme de l'époque (fin des années 70) est brillamment restitué. Ce climat de dictature où l'on se perd à Recife, où l'on y laisse son identité en attendant le ticket pour une autre vie. La corruption est évidemment partout et l'intellectuel, le chercheur se trouve rapidement dépassé par des "faiseurs d'argent" sans scrupules.
Alors on comprend que le cinéma seul sera en mesure de recoller tous les morceaux disparates, ces bouts de pellicule, et sauver de l'oubli les héros anonymes que la vie s'est chargée de dessouder.
Certes, on peut sortir frustré de toutes ces pistes explorées puis abandonnées (la petite communauté du purgatoire attendant un signal, les histoires d'amour ébauchées, les 2 jeunes femmes du présent qui enquêtent, le dénouement d'une violence inouïe qui se termine par une archive photographique...), avec le sentiment que le réalisateur a trop voulu garder sans jamais savoir comment finir, mais on quitte aussi la séance avec ce sentiment qu'un certain cinéma de fiction peut encore être politique, peut encore finement témoigner ce ce que furent des années de dictature quand bien même le lieu cinéma est devenu entretemps un centre de transfusion sanguine.
La dernière scène vient enfin rappeler que l'éducation c'est l'affaire de tout le monde. L'enfant marqué au fer rouge par une histoire terrible est devenu médecin avec des valeurs et ne remerciera jamais assez son grand père et projectionniste...
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